Sorti en mai 1973, Red Rose Speedway marque une étape clé pour Paul McCartney et Wings. Son morceau d’ouverture, Big Barn Bed, trouve ses origines dès 1970, esquissé sur Ram. Enregistré en 1972, il se distingue par son énergie et son instrumentation typique de McCartney. Initialement prévu pour un double album, il devient l’introduction idéale de la version finale. Joué en live et intégré à des compilations, il reste un bijou méconnu du répertoire de Wings.
LorsqueRed Rose Speedwaysort en mai 1973, l’album marque une étape essentielle dans la carrière post-Beatles de Paul McCartney. Censé, à l’origine, être un double album, il se retrouve réduit à une version plus condensée qui met en avant les capacités mélodiques et la production raffinée de McCartney. Et c’est avecBig Barn Bedque cette aventure musicale démarre, un morceau dynamique qui plonge instantanément l’auditeur dans l’univers de Wings.
Sommaire
- Des origines remontant à l’èreRam
- Un enregistrement charnière pour Wings
- Un titre initialement destiné à un double album
- Une performance scénique marquante
- Un héritage préservé
Des origines remontant à l’èreRam
Si l’enregistrement définitif deBig Barn Beddate de 1972, ses origines remontent en réalité à 1970, alors que McCartney travaille sur son deuxième album solo,Ram. La chanson apparaît furtivement à la fin deRam On, où McCartney fredonne les paroles :« Who’s that coming round that corner? / Who’s that coming round that bend? ». À cette époque, le titre semble encore à l’état embryonnaire, sous le nom deSleepin’ On A Big Barn Bed.
Il est possible que ces paroles soient inspirées d’un morceau intitulé5.10 Mandu groupe australien The Master’s Apprentices, sorti en 1969. Si l’influence est inconsciente ou volontaire, difficile à dire, mais McCartney n’a jamais caché son admiration pour la scène rock mondiale.
Un enregistrement charnière pour Wings
C’est le 6 mars 1972, aux Olympic Studios de Londres, que Wings entame l’enregistrement deBig Barn Bed, faisant de lui le premier morceau spécifiquement enregistré pourRed Rose Speedway. Quelques mois plus tard, le 17 novembre, à Abbey Road, Denny Seiwell réenregistre ses parties de batterie, tandis que de nouvelles voix et percussions viennent enrichir la texture sonore du titre. L’énergie et la spontanéité de ce morceau en font une introduction idéale pour l’album.
On y retrouve une instrumentation typique de l’esthétique McCartneyienne : une ligne de basse chantante, une rythmique efficace et une approche mélodique imparable. Paul McCartney assure les parties vocales principales, accompagné de Linda McCartney et Denny Laine aux harmonies. Henry McCullough apporte une touche bluesy à la guitare électrique, tandis que Seiwell imprime une cadence dynamique aux percussions.
Un titre initialement destiné à un double album
À l’origine,Red Rose Speedwaydevait être un double album. Plusieurs tracklists ont été envisagées, etBig Barn Bedn’apparaissait pas nécessairement en ouverture. Pourtant, une fois la décision prise de condenser l’album en un seul disque, il devient évident que ce morceau devait en être le point de départ. Son énergie immédiate et son refrain accrocheur en font une introduction parfaite au disque.
Dès les premières mesures, McCartney instaure une atmosphère enjouée et engageante. Avec ses paroles légèrement énigmatiques et son instrumentation dynamique, la chanson invite à un voyage musical qui se poursuivra tout au long de l’album.
Une performance scénique marquante
En 1973, Wings part en tournée au Royaume-Uni et intègreBig Barn Bedà la setlist. Le morceau ouvre également leJames Paul McCartney TV Special, une émission télévisée diffusée cette même année, qui met en avant le talent scénique et l’univers musical du groupe. Cette apparition renforce la visibilité du morceau, même si celui-ci ne sera pas édité en single.
Des décennies plus tard, McCartney n’a pas totalement oublié ce titre. Lors de la tournéeOut Thereen 2013, il en joue quelques extraits au ukulélé lors des balances, preuve de l’attachement qu’il conserve pour cette chanson.
Un héritage préservé
En 2016,Big Barn Bedest sélectionné pour figurer sur la version quatre disques de la compilationPure McCartney. Cette inclusion témoigne de son importance dans l’œuvre solo de McCartney et de l’intérêt qu’il suscite encore auprès des amateurs de sa carrière post-Beatles.
SiBig Barn Bedn’a jamais eu la popularité de titres commeMy LoveouLive and Let Die, il demeure un joyau du répertoire de Wings, incarnant à la fois l’inventivité et l’aisance mélodique de McCartney. Une chanson qui, cinquante ans après sa sortie, continue d’ouvrir avec panache l’un des albums les plus attachants de son auteur.
