Après la séparation des Beatles, les carrières solo de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison, et Ringo Starr ont pris des directions très différentes. Si Lennon ne mâchait pas ses mots pour critiquer ses anciens compagnons, il avait aussi tendance à analyser leurs travaux avec une honnêteté brutale, même lorsqu’il s’agissait de George Harrison, son partenaire de longue date. En 1975, Lennon a partagé son opinion sur la tournée américaine de George Harrison en 1974, un événement qui n’a pas fait l’unanimité parmi les fans et les critiques.
Sommaire
- Une tournée sous le feu des critiques
- Lennon et le « cycle de popularité » des Beatles
- Un impact sur l’envie de tourner de Lennon
- Lennon et l’éventualité d’une réunion des Beatles
- Une amitié complexe mais durable
- Un moment révélateur dans l’après-Beatles
Une tournée sous le feu des critiques
Entre novembre et décembre 1974, George Harrison entreprend une ambitieuse tournée nord-américaine de 45 concerts en collaboration avec le sitariste indien Ravi Shankar. C’était la première fois qu’un Beatle se lançait dans une telle entreprise après la dissolution du groupe. Toutefois, cette tournée, bien qu’ambitieuse sur le papier, a été reçue de manière mitigée. Certains ont critiqué les arrangements, d’autres le ton parfois moralisateur des prestations, et même la voix de Harrison, jugée affaiblie.
John Lennon, toujours prompt à donner son avis, n’a pas été impressionné par ce qu’il a vu. « Ce n’était pas la meilleure chose de l’histoire », a-t-il déclaré dans une interview accordée à Rolling Stone en 1975. Lennon attribuait en partie cette réception tiède au phénomène cyclique qui accompagnait les Beatles : « Il y a toujours des périodes où les Beatles – ou chacun de nous – sont à la mode ou pas à la mode, peu importe ce que nous faisons. »
Lennon et le « cycle de popularité » des Beatles
Lennon voyait dans l’accueil réservé à Harrison un reflet du cycle d’acceptation et de rejet auquel les Beatles avaient toujours été confrontés. Il expliquait que l’opinion publique, souvent influencée par les médias, pouvait être changeante et capricieuse : « Le public, y compris les médias, est parfois un peu moutonnier. Si la balle commence à rouler dans une direction, quelqu’un est « dedans » et quelqu’un est « dehors ». »
Selon Lennon, Harrison était simplement dans une période où il était « hors jeu » aux yeux du public, ce qui expliquait en partie les critiques. « Ce qu’il a fait en tournée n’a pas d’importance », a-t-il ajouté, sous-entendant que la perception collective aurait été difficile à inverser, peu importe la qualité des concerts.
Un impact sur l’envie de tourner de Lennon
Les expériences live de Harrison semblent avoir renforcé l’idée de Lennon qu’il ne voulait pas repartir en tournée. Depuis la fin des Beatles, Lennon avait évité les concerts à grande échelle, préférant se concentrer sur l’enregistrement en studio et sa vie personnelle.
« Mon idée du paradis, c’est de ne pas partir en tournée », a-t-il confié, ajoutant avec ironie : « Et c’était avant la tournée de George. » Pour Lennon, les concerts étaient associés à l’épuisement des années Beatles, marquées par des tournées incessantes et des performances face à des foules hystériques. Bien qu’il n’excluait pas totalement l’idée de rejouer en direct, il semblait de plus en plus convaincu que sa place n’était pas sur scène.
Lennon et l’éventualité d’une réunion des Beatles
Malgré ses critiques parfois acerbes envers Harrison, Lennon restait ouvert à l’idée de collaborer à nouveau avec ses anciens camarades, y compris McCartney. Il comprenait que les déclarations publiques des membres des Beatles – y compris les siennes – étaient souvent teintées par l’émotion du moment.
« Je pourrais jouer avec chacun d’entre eux », a-t-il affirmé. « George a le droit de dire qu’il ne veut pas rejouer avec Paul, mais il changera probablement d’avis d’ici vendredi. Nous sommes tous humains, nous pouvons tous changer d’avis. »
Cependant, Lennon insistait sur le fait qu’une éventuelle réunion des Beatles ne serait pas orchestrée pour les médias ou la publicité : « Si nous le faisons, les journaux l’apprendront après coup. Si nous voulons jouer, nous devons le faire pour nous-mêmes. »
Une amitié complexe mais durable
La critique de Lennon à l’égard de la tournée de Harrison reflète non seulement son honnêteté légendaire, mais aussi la complexité des relations entre les anciens Beatles. Bien que leurs carrières solo aient pris des chemins très différents, leur histoire commune restait un lien indéfectible.
« George est passé par un moment difficile », a reconnu Lennon, illustrant une certaine empathie envers son ancien compagnon de groupe. Au-delà des divergences artistiques, il semblait comprendre que la pression constante de répondre aux attentes du public – à la fois en tant qu’ex-Beatle et en tant qu’artiste solo – pouvait être écrasante.
Un moment révélateur dans l’après-Beatles
La tournée de George Harrison en 1974, bien qu’ambitieuse, représente un épisode complexe dans l’après-Beatles. Pour Harrison, c’était une tentative d’évoluer en tant qu’artiste solo, d’explorer de nouveaux horizons musicaux avec Ravi Shankar, et de se reconnecter à son public. Pour Lennon, elle servait de rappel que la vie d’artiste pouvait être aussi impitoyable qu’éphémère.
En fin de compte, les commentaires de Lennon sur cette tournée révèlent autant sur sa vision de la musique live que sur la dynamique changeante entre les membres des Beatles. Malgré les critiques, une chose reste claire : leur héritage commun continuait de les lier, même dans les moments de désaccord.
