C’est un casting qui fait déjà grand bruit dans le monde du cinéma et de la musique : Aimee Lou Wood, étoile montante du petit écran britannique, aurait été choisie pour incarner la légendaire Pattie Boyd dans l’ambitieux projet de Sam Mendes consacré aux Beatles. Une nouvelle d’autant plus retentissante qu’elle intervient dans la foulée du succès de The White Lotus, où l’actrice a su démontrer toute l’ampleur de son talent dans un rôle tragiquement lumineux. Le réalisateur oscarisé, à qui l’on doit déjà des fresques narratives audacieuses telles que 1917 ou American Beauty, se lance ici dans une entreprise inédite : raconter la trajectoire du groupe le plus mythique de l’histoire du rock à travers quatre longs-métrages, chacun centré sur un membre du Fab Four.
Et c’est dans ce contexte que Wood, auréolée de sa performance remarquée dans la série de Mike White, endossera le rôle de celle qui fut à la fois muse, mannequin et témoin privilégiée de la folie beatlesienne : Pattie Boyd.
Sommaire
- Pattie Boyd, au cœur de la légende
- Le choix d’Aimee Lou Wood : un pari audacieux et inspiré
- Quatre Beatles, quatre films : le pari monumental de Sam Mendes
- Un regard féminin dans un univers d’hommes
- Entre fiction et mémoire : un défi d’interprétation
- La mémoire Beatles toujours vivace
- Une attente fébrile
Pattie Boyd, au cœur de la légende
Pattie Boyd n’est pas un personnage secondaire de l’histoire des Beatles. Elle en est l’un des filaments sensibles, une présence féminine aussi gracieuse qu’énigmatique, dont l’influence dépasse largement le cadre sentimental. Mariée à George Harrison de 1966 à 1977, elle incarne cette génération de femmes libres, muse des swinging sixties, icône sans même le vouloir, dont la beauté et le charme ont bouleversé les cœurs… et les partitions.
C’est pour elle que Harrison écrira Something, cette ballade céleste parue en 1969 sur l’album Abbey Road, que Frank Sinatra décrira plus tard comme « la plus belle chanson d’amour jamais écrite ». Boyd, photographe et mannequin, sera également au cœur d’un triangle amoureux aussi légendaire que douloureux, puisqu’elle épousera ensuite Eric Clapton, le grand ami de Harrison, qui lui dédiera Layla puis Wonderful Tonight. En prêtant ses traits à Pattie Boyd, Aimee Lou Wood ne se contente donc pas d’un simple rôle de « compagne de ». Elle s’empare d’un pan entier de l’histoire culturelle et affective des années 60 et 70.
Le choix d’Aimee Lou Wood : un pari audacieux et inspiré
Si la nouvelle a d’abord fuité dans la presse britannique via The Sun, elle fait désormais l’objet d’un intérêt croissant. Et pour cause : à 31 ans, Aimee Lou Wood a déjà imposé un style, une présence, et une sincérité rare. Révélée par Sex Education, c’est dans The White Lotus qu’elle a récemment confirmé l’étendue de sa palette. Son interprétation de Chelsea, personnage à la fois vulnérable et lumineux, a conquis le public comme la critique. La brutalité de sa disparition dans le final de la saison trois a laissé les téléspectateurs en émoi, et rappelé à quel point Wood sait incarner la complexité émotionnelle de ses personnages.
Un proche de la production aurait déclaré : « La ressemblance physique entre Aimee et Pattie est frappante, mais c’est son talent de conteuse qui a fait la différence. Elle est considérée comme l’une des meilleures actrices de sa génération. » Une déclaration qui laisse entrevoir un traitement du personnage loin des clichés, avec profondeur et nuance.
Quatre Beatles, quatre films : le pari monumental de Sam Mendes
Le projet de Sam Mendes, prévu pour 2028, est à la mesure du mythe : monumental. L’idée, inédite dans l’histoire du cinéma, consiste à raconter l’épopée des Beatles à travers quatre perspectives distinctes. Quatre regards, quatre intimités, quatre récits parallèles qui se croisent, s’enchevêtrent et se répondent. Chaque film sera centré sur un membre du groupe, offrant une vision subjective de l’ascension, du tumulte, puis de la séparation du quatuor de Liverpool.
Paul Mescal incarnera Paul McCartney, Barry Keoghan prêtera ses traits à Ringo Starr, Harris Dickinson deviendra John Lennon, tandis que George Harrison sera campé par Joseph Quinn, déjà salué pour son rôle dans Stranger Things. C’est dans ce dernier opus que l’on retrouvera Aimee Lou Wood dans le rôle de Pattie Boyd.
« Le parcours des Beatles a été abondamment documenté », admet Mendes, « mais je vous assure qu’il reste encore beaucoup à explorer. » Le cinéaste mise sur cette série de films pour ramener le public dans les salles et redonner au cinéma populaire une ambition narrative à la hauteur de sa tradition.
Un regard féminin dans un univers d’hommes
Ce qui rend la présence de Pattie Boyd si essentielle dans l’univers Beatles, c’est qu’elle incarne un contrepoint féminin dans une histoire dominée par la figure masculine. Trop souvent reléguées au rang de compagnes ou de groupies, les femmes qui ont partagé la vie des Beatles ont pourtant exercé une influence décisive, tant émotionnelle qu’artistique. Yoko Ono pour John Lennon, Linda McCartney pour Paul, Olivia Arias pour George… et Pattie, la première muse, la première à avoir vu le génie se tordre sous le poids du succès.
Le choix d’accorder une place significative à Boyd dans l’un des volets du projet Mendes est donc un geste fort. Il reconnaît l’importance de ces femmes dans la trajectoire des Beatles, et réhabilite leur rôle dans l’imaginaire collectif.
Entre fiction et mémoire : un défi d’interprétation
Endosser le rôle de Pattie Boyd représente un défi d’envergure. Il ne s’agit pas seulement de restituer des traits ou des gestes, mais d’incarner une époque, une sensibilité, une forme d’ambiguïté. Pattie Boyd était à la fois actrice et spectatrice de l’histoire. Elle a vu naître les chansons, mais aussi les tensions, les dérives, les trahisons.
Pour Aimee Lou Wood, il s’agit d’un tournant majeur dans sa carrière. Loin des archétypes, elle devra rendre compte d’une femme réelle, encore vivante, porteuse d’un témoignage précieux sur les années Beatles. On ignore encore dans quelle mesure le scénario de Sam Mendes intégrera les mémoires de Boyd — qui a publié en 2007 une autobiographie intitulée Wonderful Tonight — mais il est fort probable que cette source ait nourri l’écriture du personnage.
La mémoire Beatles toujours vivace
L’annonce de ce projet cinématographique vient s’inscrire dans une séquence de redécouverte intense autour des Beatles. Entre la série documentaire Get Back de Peter Jackson, les rééditions luxueuses des albums, et la sortie récente du « dernier » morceau des Beatles — Now and Then, assemblé grâce à l’intelligence artificielle — la Beatlemania, loin de se tarir, connaît un nouveau souffle.
Ce retour sur l’intime des Beatles, proposé par Sam Mendes, s’inscrit dans cette dynamique. Il ne s’agit plus simplement de rejouer les concerts ou de revivre les grandes dates, mais de creuser les failles, les blessures, les moments de grâce ou de solitude. Et dans ce contexte, les regards croisés de ces quatre films s’annoncent comme une œuvre chorale d’une rare ambition.
Une attente fébrile
D’ici 2028, les spéculations ne manqueront pas. Le projet soulève autant d’enthousiasme que de curiosité : quels épisodes précis de la vie des Beatles seront mis en lumière ? Quel ton adopteront les films : mélancolique, euphorique, désabusé ? Quelle place pour la musique, la création, la désillusion ?
En attendant, le choix d’Aimee Lou Wood comme Pattie Boyd est un signe fort. Il dit quelque chose du regard que portera Mendes sur son sujet : un regard sensible, attentif à l’humain, soucieux de rendre justice aux personnages périphériques. Et surtout, il souligne le désir de s’éloigner du biopic hagiographique pour offrir un portrait fragmenté, complexe, profondément cinématographique.
Loin d’un simple hommage nostalgique, ces films s’annoncent comme une relecture passionnante de la légende Beatles. Avec Aimee Lou Wood pour incarner l’amour, la beauté, mais aussi la douleur du détachement. Une muse, une vraie.
