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Young Boy : Paul McCartney entre nostalgie et fraîcheur pop

Publié le 17 avril 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Sorti en avril 1997 en tant que premier single de l’albumFlaming Pie,Young Boymarque un retour aux sources pour Paul McCartney. Écrite dans un contexte de liberté créative retrouvée après le succès du projetAnthology, la chanson s’inscrit dans un registre pop classique, mêlant mélodie lumineuse et arrangements épurés.

Sommaire

Une chanson sur la quête amoureuse et l’adolescence

Paul McCartney a conçuYoung Boycomme un morceau léger et intemporel, inspiré par la quête de l’amour à un jeune âge. Il confie :

« Young Boy était un de ces morceaux où je me suis fixé un défi arbitraire. Au départ, c’était ‘Poor Boy’ – ‘Just a poor boy looking for a way to find love’. Mais ce titre rappelait trop d’autres chansons, notamment un vieux morceau d’Elvis Presley. J’ai trouvé que ‘Young Boy’ sonnait mieux. »
Paul McCartney, Flaming Pie Radio Special

L’idée de la chanson lui est venue le 18 août 1994 alors qu’il était aux États-Unis avec Linda McCartney, qui préparait un article culinaire avec le chef Pierre Franey pour leNew York Times. Pendant que Linda s’affairait en cuisine, McCartney a pris une guitare et a commencé à composer le morceau dans une pièce adjacente.

« La chanson s’est écrite toute seule. Je pensais aux jeunes que je connais, et je me souvenais de mes propres débuts en amour. À cet âge, on se demande toujours : ‘Comment vais-je trouver la bonne personne parmi des millions ?’ C’est très perplexant. »
Paul McCartney, Club Sandwich, été 1997

L’approche de McCartney est résolument positive. Contrairement àEleanor RigbyouFor No One, qui abordaient l’amour sous un angle mélancolique,Young Boycélèbre l’excitation et l’innocence des premières expériences romantiques.

Un enregistrement avec Steve Miller, entre complicité et nostalgie

McCartney a enregistré la première version deYoung Boyle 22 février 1995 dans le studio personnel de Steve Miller à Sun Valley, dans l’Idaho. Il retrouvait ainsi le guitariste américain, avec qui il avait déjà collaboré en 1969 surMy Dark Hour.

« Je n’avais pas vu Steve depuis une nuit à Olympic Studios en 1969. Nous avions eu une réunion difficile avec les Beatles et le projet avait capoté. Steve et moi nous sommes retrouvés et, sur un coup de tête, nous avons enregistré ‘My Dark Hour’ en pleine nuit. Je lui ai récemment rejoué ce titre, et mon fils James l’a trouvé génial. »
Paul McCartney, Club Sandwich, été 1997

McCartney décrit sa collaboration avec Steve Miller comme une expérience fluide et enrichissante.

« Travailler avec Steve était comme retrouver une vieille habitude agréable. C’est un perfectionniste, mais je lui ai juste dit d’y aller franchement avec la guitare, parce que j’adore son jeu. »
Paul McCartney, Club Sandwich, été 1997

De son côté, Steve Miller évoque son admiration pour l’ex-Beatle :

« Enregistrer avec Paul, c’est un peu comme être aux côtés de Mozart. Il joue de tout : batterie, basse, guitare, il écrit de la musique classique… Il est incroyablement créatif et très agréable à côtoyer. »
Steve Miller, Flaming Pie Radio Special

L’enregistrement deYoung Boys’est achevé au studio Hog Hill Mill en mars 1995, où McCartney a peaufiné la production en ajoutant basse, orgue Hammond et batterie.

Un single lumineux et un accueil mitigé dans les charts

Publié le 28 avril 1997,Young Boymarque une rupture avec les tendances pop et britpop de l’époque. Là où Oasis ou Radiohead exploraient des sonorités plus brutes ou expérimentales, McCartney livrait une chanson pop mélodique dans la lignée dePenny LaneouHello, Goodbye.

L’accueil commercial fut modéré : la chanson atteignit la 19ᵉ place au Royaume-Uni et se classa dans le top 20 en Belgique et en Norvège. En Espagne, elle rencontra un succès plus large, atteignant la troisième place des charts. Toutefois,Young Boyne fut pas publiée aux États-Unis, où Capitol Records privilégiaThe World Tonightcomme premier single deFlaming Pie.

Deux versions du single furent commercialisées au Royaume-Uni. La première contenaitLooking For YouetOobu Joobu (Part 1), un collage sonore issu de l’émission de radio de McCartney. La seconde version incluaitBroomsticketOobu Joobu (Part 2).

Deux clips et des apparitions télévisées rares

Deux clips furent réalisés pourYoung Boy. Le premier, dirigé par Geoff Wonfor, mêlait des images de McCartney en studio et en extérieur. Le second, plus conceptuel, fut réalisé par Alistair Donald, mari de Mary McCartney.

McCartney interpréta le morceau lors de trois apparitions télévisées. Il le joua en acoustique sur le toit du siège de MPL à Soho Square, Londres, puis dans l’émissionTFI Fridayle 27 juin 1997. Enfin, il l’interpréta surThe Oprah Winfrey Showle 20 novembre, enchaînant avecFlaming PieetLady Madonna.

Un titre pop élégant, fidèle à l’univers de McCartney

Bien queYoung Boyn’ait pas marqué l’histoire de la pop comme d’autres chansons de McCartney, elle illustre son talent à écrire des mélodies accrocheuses et intemporelles. Derrière sa simplicité apparente, la chanson incarne une certaine nostalgie de l’adolescence et une vision lumineuse de l’amour naissant.

Avec ce morceau, McCartney prouve une fois de plus que, même après plusieurs décennies de carrière, il sait encore capturer l’essence d’une époque et d’une émotion universelle en quelques accords bien choisis. 


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