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La fin des Beatles : une rupture écrite dans les étoiles ?

Publié le 17 avril 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Et si les tensions entre Lennon et McCartney étaient inscrites dans les étoiles ? Une experte en astrologie revisite la fin des Beatles, éclairant la dynamique complexe du groupe légendaire.


En décembre 1974, le couperet tombait définitivement : les Beatles n’étaient plus. Quatre ans plus tôt, les premières rumeurs de désunion avaient éclaté comme une bombe dans le paysage musical mondial, lorsque Paul McCartney annonçait la sortie de son premier album solo, McCartney. C’était en avril 1970. Officiellement, les Beatles n’existaient plus. Officieusement, les tensions s’étaient déjà installées depuis longtemps. Un demi-siècle plus tard, les explications fusent encore, entre analyses historiques, biographies fouillées, et désormais, interprétations… astrologiques.

À travers le prisme des étoiles, certains tentent aujourd’hui de revisiter l’éclatement du groupe le plus célèbre de l’histoire du rock. C’est le cas de l’experte Inbaal Honigman, qui propose une lecture zodiacale de la fracture Lennon-McCartney. Faut-il y voir une clef, ou simplement un nouvel éclairage sur une dynamique aussi légendaire que complexe ? Plongée dans les abysses d’une relation artistique aussi féconde que tumultueuse.

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L’ombre portée d’un duo solaire

John Lennon et Paul McCartney. Deux noms indissociables, deux génies co-créateurs d’un corpus musical qui a redéfini le XXe siècle. Mais aussi deux egos puissants, deux tempéraments à la fois complémentaires et conflictuels, deux visions opposées de la musique, du succès et du rôle même de l’artiste.

L’expert astrologique avance un élément intrigant : les deux hommes étaient tous deux « signes d’air », John étant Balance, Paul Gémeaux. Dans la symbolique zodiacale, l’air représente l’intellect, l’inspiration, l’agilité mentale. Mais lorsqu’il y a deux capitaines dans un même vaisseau, la navigation devient vite chaotique. Comme le souligne Honigman, « deux personnes remplies d’idées peuvent vouloir emmener le groupe dans des directions différentes, sans accepter les impulsions créatives de l’autre ». Une formule polie pour décrire des années de rivalité larvée, puis assumée.

La tension est d’autant plus palpable que ces divergences ne sont pas uniquement astrologiques. John, dès la fin des années 60, est happé par ses engagements politiques, son introspection quasi mystique et sa passion débordante pour Yoko Ono. Paul, au contraire, incarne une approche plus artisanale, plus mélodique, plus enracinée dans la tradition de la pop anglaise.

John accuse Paul de tyrannie musicale. Paul reproche à John son désintérêt grandissant pour le groupe. Le ver est dans le fruit, et ce n’est plus qu’une question de temps.

L’insoutenable légèreté de Paul

Selon l’analyse zodiacale, Paul McCartney, en tant que Gémeaux, serait « le plus espiègle » des quatre Beatles. Amoureux du verbe, du jeu, des rires. « Les Gémeaux aiment provoquer, ils aiment parler et surtout, ils adorent rire », affirme Honigman. Une facette bien connue de la personnalité de McCartney, dont l’humour pince-sans-rire et les clins d’œil musicaux jalonnent son œuvre.

Mais ce trait aurait pu agacer un John Lennon plus grave, plus cérébral, parfois colérique. Là où Paul s’épanouit dans l’harmonie des arrangements, John cherche la rupture, le choc, la vérité brute. L’un joue, l’autre combat. L’un polit un diamant, l’autre le jette tel quel, brut et saillant.

Ainsi, selon Honigman, « Paul trouvait John trop sérieux, et John estimait que Paul ne prenait pas assez au sérieux le groupe ». Une divergence de perception qui, en vérité, transcende l’astrologie. Car derrière ces signes et ces planètes se cache une dynamique humaine bien réelle : celle d’un amour artistique devenu combat d’égos.

George et Ringo, les grands oubliés… et les vrais pacificateurs ?

Si la rivalité Lennon-McCartney a éclipsé nombre d’autres dimensions internes au groupe, George Harrison et Ringo Starr n’en ont pas moins joué un rôle crucial dans l’équilibre – ou le déséquilibre – de la formation. Honigman les décrit comme des « signes d’eau » – George étant Poissons, Ringo Cancer – des personnalités émotives, sensibles, intuitives. Et surtout, pacifiques.

Ringo, éternel stoïque au sourire bienveillant, est souvent décrit par ses pairs comme le « tampon » entre les deux créateurs. George, quant à lui, bien qu’introspectif et spirituel, n’a jamais caché son ressentiment d’être relégué au rang de troisième roue du carrosse créatif. C’est notamment l’une des causes de ses propres frustrations, culminant dans son chef-d’œuvre All Things Must Pass en 1970.

Mais sur le plan des relations humaines, il semble évident que George et Ringo faisaient tout pour éviter l’implosion. « Ils auraient fait tout leur possible pour créer un environnement où chacun se sentait accepté », affirme Honigman. Un vœu pieux face à deux personnalités aussi flamboyantes que John et Paul.

Une histoire d’ego, de deuil et de transformation

Si l’on quitte un instant le ciel étoilé pour revenir sur terre, il faut rappeler à quel point la dissolution des Beatles fut, pour ses membres, un véritable deuil. Paul, dans plusieurs interviews, a évoqué la profonde dépression qui suivit la rupture. John, lui, s’enferma dans une sorte de thérapie sonore et existentielle avec Yoko Ono, cherchant à se réinventer en dehors du carcan beatlesien.

La séparation du groupe ne fut pas un événement isolé mais le fruit d’un processus long, insidieux, marqué par les conflits d’intérêts, les divergences artistiques, les querelles juridiques autour du management – notamment avec l’arrivée controversée d’Allen Klein. Et en toile de fond, un monde en mutation, une jeunesse en quête de nouveaux repères, une industrie musicale en pleine mue.

Certains fans n’ont jamais pardonné à Paul d’avoir « cassé le rêve ». D’autres, au contraire, estiment qu’il a simplement mis fin à une mascarade, révélant ce que chacun savait sans vouloir l’admettre : les Beatles, en 1970, étaient déjà morts depuis longtemps.

Et si c’était écrit dans les étoiles ?

Alors, cette lecture astrologique, aussi séduisante soit-elle, tient-elle vraiment la route ? Peut-elle vraiment expliquer ce que les plus grands biographes – de Philip Norman à Mark Lewisohn – peinent encore à cerner complètement ? Probablement pas. Mais elle a le mérite de rappeler une chose essentielle : les Beatles, derrière la légende, étaient quatre hommes, avec leurs failles, leurs blessures, leurs enthousiasmes.

La complémentarité de Lennon et McCartney, qui fit leur force durant la première moitié des années 60, devint leur talon d’Achille à l’approche de la décennie suivante. Deux artistes d’exception, deux destins hors normes, mais aussi deux hommes qui, à force de génie, ont fini par se brûler l’un à l’autre.

Aujourd’hui, alors que leurs chansons continuent d’éclairer le monde comme des constellations familières, il est touchant de penser que, peut-être, leur alchimie – comme leur chute – était écrite dans les étoiles. Non pas comme une fatalité, mais comme une magnifique parabole humaine : celle de la création, de l’amour et de la perte.

Car au fond, si l’astrologie peut parfois prêter à sourire, elle nous rappelle aussi que les histoires les plus universelles sont toujours faites de tensions, de contradictions… et de lumière.


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