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Ringo Starr : les lunettes noires d’un Beatle à la lumière tamisée

Publié le 24 avril 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Ringo Starr porte ses célèbres lunettes noires non par coquetterie, mais en raison d’une sensibilité à la lumière, transformant une nécessité médicale en signature visuelle intemporelle.


Depuis des décennies, les fans des Beatles s’interrogent : pourquoi Ringo Starr, batteur iconique et doyen toujours vaillant du Fab Four, ne se montre-t-il presque jamais sans ses lunettes de soleil ? Est-ce une coquetterie de star, un effet de mode perpétué depuis les sixties, ou bien une forme d’armure contre les regards du monde ? La réponse, désormais mieux connue du grand public grâce à une récente discussion virale en ligne, révèle un aspect moins flamboyant mais infiniment plus humain du personnage : une sensibilité oculaire aiguë. Ringo ne porte pas ses lunettes uniquement par style, mais aussi par besoin.

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Une sensibilité à la lumière née dans l’enfance

Né Richard Starkey le 7 juillet 1940 à Liverpool, Ringo Starr ne connut pas une enfance facile. À six ans, il est hospitalisé pendant un an à la suite d’une péritonite due à une appendicite mal soignée. Quelques années plus tard, il contracte la tuberculose et passe près de deux ans dans un sanatorium. Ces épisodes fragilisent durablement sa santé — et possiblement, selon plusieurs témoignages, affectent ses yeux.

Il faut rappeler que la photophobie — nom scientifique de cette hypersensibilité à la lumière — n’est pas une maladie rare, mais elle peut être handicapante. Chez certaines personnes, notamment celles aux yeux clairs (comme les yeux bleus de Ringo), l’exposition à une lumière intense — naturelle ou artificielle — peut provoquer gêne, douleur, voire migraines.

Dès lors, les lunettes de soleil ne sont pas un caprice, mais un outil de confort quotidien, presque médical.

Une signature visuelle devenue image publique

Ce qui distingue Ringo Starr, cependant, c’est que cette contrainte physique s’est métamorphosée en style. Dès les années 1970, il adopte les lunettes teintées comme accessoire quasi permanent. C’est d’abord une protection, mais cela devient aussi un symbole. Le Ringo moderne — souriant, énergique, avec son éternelle barbe taillée et ses lunettes sombres — n’existe pas sans elles. Elles font partie de la silhouette, comme le chapeau de Dylan ou les lunettes rondes de Lennon.

Sur Reddit, un internaute s’est récemment étonné de découvrir deux photos récentes de Ringo sans ses fameuses lunettes. Réaction immédiate de la communauté : étonnement, amusement, mais aussi admiration devant cette fidélité à son look. Un commentaire résume bien l’esprit : « Les lunettes ne sont pas collées à son visage ?! »

En filigrane de ces réactions, on sent bien que l’attachement va au-delà du détail visuel. Les lunettes de Ringo sont devenues, au fil du temps, une façon de traverser les époques sans se dénaturer. Elles sont une extension de sa personnalité discrète, pudique, presque zen.

Loin de la vanité, une forme de modestie

Sur la plateforme Quora, un utilisateur nommé Charlie Brown explique que cette habitude n’a rien d’un geste de star capricieuse : « Ringo est probablement l’un des superstars les plus modestes et les plus accessibles qu’on puisse imaginer. Rien dans sa personnalité ne laisse penser que c’est de la vanité. »

Et en effet, lorsqu’on écoute Ringo parler, on est frappé par son humilité constante, sa joie calme, son humour pince-sans-rire. Il n’a jamais revendiqué le statut de compositeur majeur du groupe, ni tenté de s’approprier une gloire disproportionnée. Il s’est toujours défini comme un batteur au service des chansons — un rôle essentiel, certes, mais jamais en avant de la scène.

Porter des lunettes de soleil en permanence, dans son cas, ne relève donc pas d’une tentative de mystification. C’est un geste simple pour vivre mieux. Et, accessoirement, un geste qui lui permet de maintenir un certain anonymat dans la foule — Ringo sans lunettes est presque un autre homme.

L’ultime paradoxe : protéger le regard, tout en le façonnant

Ce qui est fascinant, dans cette histoire apparemment anecdotique, c’est le paradoxe qu’elle révèle. En se protégeant de la lumière, Ringo Starr a façonné une image encore plus éclatante. Ses lunettes ne sont pas un masque : elles sont une forme de vérité. Elles disent la vulnérabilité assumée, la fidélité à soi, la continuité tranquille dans un monde de ruptures.

Et dans une époque où l’apparence publique est constamment remaniée, retouchée, calibrée, il est presque rassurant de voir un artiste de cette stature conserver, à 83 ans, ses repères visuels avec constance.

Les lunettes de Ringo Starr, ce ne sont pas que des verres teintés : ce sont des années de mémoire collective, de concerts, d’interviews, de vie. Elles sont là depuis toujours, et leur présence dit une chose simple : on peut être une légende et rester fidèle à soi-même, sans jamais tricher.

Un regard caché, mais jamais absent

Au bout du compte, ce que Ringo cache derrière ses verres teintés, ce n’est pas une star fatiguée, ni un mystère fabriqué. C’est simplement un homme, avec ses fragilités physiques, ses habitudes, ses fidélités. Un homme qui, malgré les projecteurs, préfère la pénombre douce d’un regard protégé.

Et peut-être est-ce là le plus beau message qu’il nous laisse : on peut briller sans s’exposer. On peut être un Beatle, et choisir de voir le monde à travers un filtre tamisé. On peut aimer la lumière — mais à sa façon.


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