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Paul McCartney et l’embarras d’être anobli : un honneur teinté de gêne

Publié le 01 mai 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

En 1997, Paul McCartney, l’ancien bassiste des Beatles, a été anobli par la reine Élisabeth II. Cet événement marquant dans sa vie a fait de lui le premier membre du groupe légendaire à recevoir ce titre honorifique. Pourtant, derrière l’apparente solennité de l’instant, McCartney a confessé avoir ressenti un certain embarras face à cette distinction, notamment à cause des réactions qu’elle a suscitées. Revenons sur cet épisode unique et les anecdotes qui l’entourent.

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Un titre de chevalier : entre fierté et gêne

Lorsqu’il a été fait chevalier, Paul McCartney a décrit l’expérience comme un honneur, mais aussi comme un moment légèrement inconfortable. Dans une interview accordée au LA Times en 2006, il a expliqué que ce sentiment venait de la réaction des personnes qui l’entouraient : « Même les gens de ma ferme se sont demandé s’ils devaient commencer à m’appeler Sir Paul », a-t-il raconté avec un brin d’humour.

Déjà mondialement célèbre grâce à une carrière exceptionnelle avec les Beatles et en solo, McCartney n’avait plus rien à prouver. Pourtant, ce nouveau titre semblait modifier, au moins temporairement, la perception qu’avaient les gens de lui. Mais malgré ce léger malaise initial, il a été touché par la chaleur et le soutien exprimés par son entourage : « Ce qui m’a le plus plu, c’est qu’après l’annonce, les gens ont eu l’air de l’apprécier. Cette chaleur incroyable a été pour moi le meilleur aspect de cet honneur. »

Une cérémonie mémorable et une lettre mystérieuse

Recevoir un titre de chevalier est un processus empreint de tradition et de mystère. McCartney se souvient de la lettre officielle annonçant la nouvelle : « Vous recevez une lettre disant que vous allez être anobli, mais vous ne devez en parler à personne », a-t-il confié lors d’une interview avec Wired. Ce caractère secret ne faisait qu’ajouter à l’excitation du moment.

Il a également partagé les détails de la cérémonie, qui reflètent le protocole précis de la monarchie britannique. Guidé par un écuyer, McCartney devait s’approcher de la reine, lui faire une légère révérence, et recevoir le coup d’épée symbolique sur chaque épaule. « À ce stade, il faut être très confiant. Elle peut faire n’importe quoi avec cette épée », a-t-il plaisanté. Puis vient la phrase emblématique : « Debout, Sir Paul McCartney. »

Ringo Starr, un second Beatle anobli

Si McCartney a été le premier Beatle à recevoir cet honneur, Ringo Starr a dû attendre quinze ans de plus pour être lui aussi fait chevalier. En 2018, c’est le prince William qui l’a anobli, un moment que Starr a qualifié d’« incroyable ». Dans une interview accordée à la BBC, il a déclaré : « Cela signifie beaucoup de choses en fait. C’est la reconnaissance de ce que nous avons accompli. »

Auparavant, Starr s’était amusé à plaisanter sur son éloignement supposé des distinctions royales, notamment à cause de sa chanson Elizabeth Reigns, dans laquelle il abordait les failles humaines de la famille royale. « À la fin de cette chanson, je me suis dit : ‘Voilà le titre de chevalier qui s’en va’ », avait-il ironisé.

Une reconnaissance pour l’héritage musical des Beatles

L’anoblissement de Paul McCartney, et plus tard de Ringo Starr, ne se limite pas à leur talent individuel. Il s’agit aussi d’une reconnaissance pour l’héritage culturel et musical unique des Beatles, un groupe qui a révolutionné la musique populaire et marqué des générations entières.

Pour McCartney, cet honneur a sans doute renforcé l’idée que la musique pouvait transcender les frontières culturelles et devenir un véritable vecteur de cohésion. Comme il l’a si bien résumé, malgré un début « un peu embarrassant », ce titre de chevalier a fini par incarner un immense témoignage d’affection de la part du public et de la monarchie britannique.

Ainsi, au-delà des titres et des protocoles, ce moment illustre surtout l’impact durable d’un artiste sur l’histoire de la musique et la société.


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