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Paul McCartney à 82 ans : entre amour, lectures et nouvel album

Publié le 03 mai 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Il fut l’icône d’une génération, la moitié du tandem d’écriture le plus célèbre du XXe siècle, la voix de Yesterday et le moteur de Sgt. Pepper. Mais aujourd’hui, à 82 ans, Paul McCartney semble avoir troqué les stades en liesse pour une vie plus feutrée, plus intime. C’est un homme heureux et apaisé qui s’adresse désormais à ses fans — non plus depuis une scène ou une cabine d’enregistrement, mais depuis le confort tranquille de sa maison, en compagnie de son épouse Nancy.

Dans une époque saturée de célébrités surexposées, il y a quelque chose d’éminemment touchant à voir un monument vivant de la culture pop parler de dîners tranquilles, de lectures au lit, de séries télé… et d’amour simple.

Sommaire

La fin d’une tournée, le début d’un quotidien retrouvé

L’année 2024 a été intense pour Sir Paul. Sa tournée Got Back l’a mené aux quatre coins du monde, de l’Amérique latine à l’Europe, avec des arrêts mémorables à Paris, Rio ou encore Barcelone. Elle s’est conclue en décembre à Londres, avec deux concerts à l’O2 Arena, dont le dernier restera gravé dans les mémoires pour un moment rare : la réapparition de Ringo Starr pour un rappel partagé. Un clin d’œil émouvant, presque nostalgique, à une époque que ni le temps ni la gloire n’effacent.

Mais une fois les projecteurs éteints, McCartney a repris sa place dans un décor plus modeste : celui de sa vie privée avec Nancy Shevell, qu’il a épousée en 2011. Loin des obligations médiatiques, il savoure ce retour au foyer avec une douceur assumée.

« Comme n’importe quel couple normal »

Dans la rubrique « You Gave Me the Answer » de son site officiel, Paul répond régulièrement aux questions de ses admirateurs. Le 29 avril dernier, une certaine Joan l’interrogeait sur sa vie quotidienne avec Nancy. Sa réponse est aussi simple qu’humaine :

« On discute, on se retrouve. On déjeune ou on dîne ensemble. En fait, on aime cuisiner, donc n’importe quel repas est un plaisir. Parfois on regarde quelque chose à la télé. Et avant de me coucher, je lis toujours — généralement une biographie — pendant que Nancy termine une série. Nous sommes vraiment comme n’importe quel couple normal. »

Il y a, dans ces mots, une tendresse désarmante. Loin des excès du star-system, McCartney revendique cette normalité précieuse, ce partage des choses simples. Un art de vivre épuré, sans nostalgie tapageuse, mais baigné d’un profond sentiment de gratitude.

Nancy, l’ancrage discret

Depuis leur mariage en 2011, Nancy Shevell est devenue une figure stable et apaisante dans la vie de McCartney. Femme d’affaires américaine issue du monde du transport maritime, elle a su trouver sa place dans l’univers si particulier de l’ancien Beatle, sans jamais chercher la lumière. Ensemble, ils incarnent une forme d’harmonie rare chez les célébrités : pas de frasques, pas de drames. Une complicité tranquille, faite de respect et de fidélité.

Quand Paul parle d’elle, c’est toujours avec affection et humour. Il évoque leur passion partagée pour la cuisine, les séries télé, les moments de lecture… Autant d’éléments qui dessinent, en creux, le portrait d’un homme comblé, qui n’a plus rien à prouver mais encore beaucoup à vivre.

Une vie tournée vers la création — encore et toujours

Mais McCartney ne se repose jamais tout à fait. Si la scène s’est tue pour un temps, le studio, lui, reste habité. Interrogé en décembre dernier sur ses projets pour 2025, il lançait avec entrain : « Mon vœu pour la nouvelle année ? Terminer un nouvel album ! »

Cette annonce suffit à raviver l’espoir des fans. Car depuis McCartney III en 2020 — enregistré pendant la pandémie dans son propre studio du Sussex —, l’artiste n’a rien publié de nouveau, si ce n’est quelques collaborations ou rééditions. Ce disque, conçu dans l’isolement le plus total, avait surpris par sa fraîcheur et son audace. « C’était juste pour le plaisir. Faire de la musique pour soi, sans contrainte, sans calcul », confiait-il alors.

Il semble que l’élan soit revenu. Et si McCartney parle aujourd’hui de « finir » un album, c’est qu’il compose, qu’il enregistre, qu’il explore toujours. À 82 ans, l’homme ne baisse pas les bras — il tourne simplement les pages d’un chapitre à l’autre.

L’intimité comme ultime révolution

Cette dernière facette du Beatle — celle de l’homme amoureux, tranquille, lisant au lit et cuisinant avec sa femme — pourrait sembler banale. Mais dans un monde saturé d’apparences, elle sonne comme une ultime forme de résistance. À la grandiloquence, à l’agitation médiatique, à la consommation effrénée de tout, McCartney oppose la douceur d’un quotidien partagé.

Et cela n’a rien de fade. Au contraire. Il y a dans cette posture quelque chose de profondément rock’n’roll, au sens originel du terme : celui d’une liberté d’être, d’un refus des conventions, d’un choix assumé de suivre sa propre voie. Même (et surtout) lorsqu’elle mène vers le calme.

Une conclusion en forme de promesse

Alors que les années passent et que l’Histoire inscrit toujours plus profondément le nom de Paul McCartney dans son marbre, l’homme, lui, reste d’une simplicité lumineuse. Loin de vivre dans la nostalgie du passé, il célèbre le présent, dans sa forme la plus pure : un repas, un livre, un regard échangé.

Et il compose encore. Pour lui, pour Nancy, pour le plaisir. Pour rester vivant, en somme.

Un jour, il chantait When I’m Sixty-Four avec une ironie juvénile. Aujourd’hui, à 82 ans, il lui répond sans le savoir : « We’re doing just fine. Always. »


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