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George Harrison : génie brisé, amour sauveur et renaissance

Publié le 03 mai 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Longtemps éclipsé par Lennon et McCartney, George Harrison trouve son émancipation avec All Things Must Pass, chef-d’œuvre marquant le début de sa carrière solo. Mais le succès laisse place aux doutes, aux excès et à une descente aux enfers artistique et personnelle. Son mariage s’effondre, et ses albums, comme Dark Horse et Extra Texture, reflètent son mal-être. C’est sa rencontre avec Olivia Arias qui lui redonne espoir. Grâce à elle, il retrouve équilibre et inspiration, amorçant une renaissance musicale et personnelle qui le guidera jusqu’à la fin de sa vie.


Lorsqu’on évoque George Harrison, c’est souvent son statut de « troisième Beatle » qui revient en premier. Trop longtemps resté dans l’ombre du tandem Lennon-McCartney, il n’a cessé de se battre pour imposer sa voix et ses compositions. Mais au début des années 1970, libéré des contraintes du groupe le plus célèbre de la planète, Harrison se retrouve seul face à lui-même. Son album All Things Must Pass s’impose comme un chef-d’œuvre absolu, une réponse éclatante à ceux qui doutaient de son talent. Pourtant, derrière cette réussite, une descente aux enfers se profile, entre désillusions artistiques, abus divers et solitude dévorante. Il faudra la rencontre d’Olivia Harrison pour l’aider à retrouver un équilibre, tant personnel que musical.

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L’après-Beatles : un monde sans repères

Le succès de All Things Must Pass aurait pu suffire à donner à Harrison l’assurance d’une carrière solo florissante. Pourtant, dès les années suivantes, les doutes s’installent. Le projet The Concert for Bangladesh, immense élan de générosité et de solidarité, lui apporte la reconnaissance, mais aussi des difficultés légales qui l’épuisent. Ajoutons à cela une pression constante pour maintenir un niveau artistique à la hauteur des attentes et une vie privée qui se fissure peu à peu.

Son mariage avec Pattie Boyd, muse inspiratrice de Something, touche à sa fin. L’idylle parfaite s’effrite sous le poids des infidélités, de la consommation de drogues et de l’éloignement mutuel. Parallèlement, sa musique semble refléter ce chaos intérieur. Dark Horse, sorti en 1974, est un album marqué par la souffrance : sa voix, ravagée par une laryngite, peine à porter des chansons qui respirent la mélancolie et la confusion. Sa tournée américaine est un désastre critique et commercial, et le musicien sombre dans un cycle d’auto-destruction.

Extra Texture : l’album du désespoir

Si Dark Horse était déjà un témoignage de son mal-être, Extra Texture (1975) est sans doute son album le plus sombre. Les morceaux y transpirent le doute, le désarroi et la désillusion. Loin des aspirations spirituelles qui animaient son œuvre précédente, Harrison semble ici défait, dépourvu d’énergie et d’espoir. This Guitar (Can’t Keep from Crying), réponse désabusée à While My Guitar Gently Weeps, traduit une amertume douloureuse. L’homme qui préchait la sérénité semble sur le point de tout abandonner.

C’est alors qu’entre en scène Olivia Arias, future Olivia Harrison. Assistante dans sa maison de disques, elle devient rapidement bien plus qu’une présence professionnelle. Désormais séparé de Pattie Boyd, Harrison trouve en Olivia un point d’ancrage, une raison de croire à nouveau en l’amour et en lui-même.

Une renaissance au contact d’Olivia

Dans une rare confession, Harrison expliquera plus tard combien Olivia a joué un rôle crucial dans sa remontée. « Je pouvais boire une bouteille de brandy en une soirée, m’adonner à toutes les dérives possibles. J’ai plongé dans une spirale infernale… Jusqu’à ce que je rencontre Olivia. Et tout s’est arrangé. »

Dès lors, l’influence de cette relation se fait ressentir dans sa musique. L’album George Harrison (1979) respire une légèreté retrouvée. Parmi ses titres phares, Dark Sweet Lady est une véritable déclaration d’amour à Olivia, un hommage touchant à celle qui l’a sauvé de ses propres démons. On retrouve un George apaisé, enfin en harmonie avec lui-même.

Sa carrière solo connaît dès lors une stabilisation. L’album 33 & 1/3 (1976) amorce déjà ce renouveau, avec des morceaux plus enjoués et des arrangements plus raffinés. La musique d’Harrison retrouve une sérénité qu’on croyait perdue.

L’amour plus fort que la musique

Si les années 1980 marquent un certain désengagement de l’industrie musicale, George Harrison ne cherche plus à prouver quoi que ce soit. Ses rares albums de la décennie, notamment Cloud Nine (1987), renouent avec l’efficacité mélodique de ses débuts. Mais il ne court plus après le succès.

Son vrai bonheur, il le trouve dans sa relation avec Olivia et leur fils Dhani. Avec les Traveling Wilburys, il retrouve le plaisir de faire de la musique sans pression, entouré d’amis comme Bob Dylan et Tom Petty. Olivia restera à ses côtés jusqu’à son dernier souffle, en 2001. Elle deviendra la gardienne de son héritage, veillant à ce que son œuvre et sa philosophie continuent d’inspirer.

L’histoire de George Harrison est celle d’un artiste en quête de vérité, souvent blessé par la vie mais toujours guidé par la musique et l’amour. Olivia a été bien plus qu’une compagne : elle a été son ancre dans la tempête, la lumière qui l’a aidé à traverser ses nuits les plus sombres. Et au final, c’est bien cette paix retrouvée qui résonne le plus fort dans son héritage musical.


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