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Paul McCartney déploie ses ailes avec High in the Clouds

Publié le 06 mai 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Il y a des œuvres qui semblent venir tout droit de l’imaginaire d’un enfant rêveur, puis il y a celles qui, bien qu’échappées du même univers féerique, portent la signature d’un maître. High in the Clouds, le film d’animation en 3D tiré du livre pour enfants coécrit par Paul McCartney, Geoff Dunbar et Philip Ardagh, est l’un de ces projets hors normes où la douceur narrative côtoie une ambition artistique d’envergure.

Ce n’est pas un hasard si ce conte musical voit enfin le jour sous la forme d’un long-métrage d’animation : McCartney caresse cette idée depuis plus de dix ans. Déjà en 2005, l’ancien Beatle évoquait son désir d’adapter son livre en film. Aujourd’hui, cette utopie prend vie grâce à une collaboration d’envergure internationale, pilotée par Gaumont Animation, avec un casting vocal absolument vertigineux et un univers visuel à la hauteur de son génial créateur.

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Une distribution vocale d’exception, au carrefour des générations et des styles

À l’écran, ou plutôt dans l’oreille du spectateur, High in the Clouds réunit une pléiade de voix issues d’horizons aussi divers que prestigieux. Céline Dion, Himesh Patel, Hannah Waddingham, Idris Elba, Lionel Richie, Jimmy Fallon, Pom Klementieff, Clémence Poésy, Alain Chabat, sans oublier Ringo Starr, compagnon de route indéfectible de McCartney, prêtent leur timbre à cette fable sonore.

Ce choix de casting n’est pas anodin. McCartney n’a jamais cessé de prôner l’ouverture et le dialogue entre les cultures, les générations, les genres. Du rock au rhythm and blues, de la comédie au drame, des super-héros à l’univers Marvel jusqu’aux plateaux de talk-shows américains, ce casting hétéroclite est à l’image du film : un brassage foisonnant, un appel à l’universalité.

Mention spéciale à la présence de Ringo Starr, dont l’implication symbolique rappelle que High in the Clouds n’est pas qu’un film d’animation pour enfants. C’est aussi, d’une certaine manière, un prolongement de l’univers musical et imaginaire des Beatles. Une utopie pop dans la lignée de Yellow Submarine, mâtinée d’une touche contemporaine et écologique.

Un conte initiatique entre ciel et terre

Le récit de High in the Clouds suit Wirral, un jeune écureuil orphelin et frondeur, qui, après la destruction de son habitat, se lance dans une aventure initiatique à la recherche d’une communauté secrète d’animaux musiciens réfugiés dans un monde suspendu au-dessus des nuages. En chemin, il se dresse contre Gretsch, une chouette diva tyrannique qui règne sans partage sur un royaume où la musique est proscrite.

Dans ce synopsis se niche une critique voilée des systèmes autoritaires qui étouffent la liberté d’expression. Mais aussi, et surtout, une ode passionnée à la musique comme instrument de libération, d’éveil, de cohésion. Ce n’est pas un hasard si le nom de l’antagoniste, Gretsch, fait allusion à la célèbre marque de guitares : la musique est ici au cœur de l’intrigue, en tant que symbole de résistance.

Paul McCartney, compositeur d’un monde sonore enchanté

On aurait pu imaginer McCartney se contenter d’être l’auteur de l’histoire. Mais l’ancien Beatle, éternel touche-à-tout, signe également les chansons originales du film. Fidèle à sa démarche, il ne délègue pas l’âme de son œuvre. Les morceaux qu’il compose pour High in the Clouds viennent enrichir un corpus musical déjà mythique, qui traverse les générations et transcende les genres.

À ses côtés, l’excellent Michael Giacchino, lauréat d’un Oscar pour Up et artisan de la bande sonore de films Pixar incontournables (Ratatouille, Coco, Inside Out), assure la composition orchestrale. Cette rencontre entre la pop symphonique de McCartney et le lyrisme orchestral de Giacchino promet un feu d’artifice musical, entre envolées mélodiques et refrains fédérateurs.

La bande originale sera éditée par Universal Music Group, gage d’une diffusion mondiale à la hauteur des ambitions de ce projet. On peut parier, sans trop s’avancer, que certaines chansons deviendront des classiques dans les cours de récréation, mais aussi dans les playlists des nostalgiques de l’âge d’or de la pop.

Une production cosmopolite à la hauteur de l’enjeu

Produit par Gaumont Animation — à qui l’on doit déjà le succès international de Ballerina en 2017 — le film s’appuie sur un solide réseau de coproducteurs : MPL Communications (la société de McCartney), Unique Features (Robert Shaye et Michael Lynne), Sky, Polygram Entertainment, Lemoko Investments et James L. Nederlander Productions.

La direction artistique est confiée à Toby Genkel, spécialiste de l’animation européenne et récemment salué pour The Amazing Maurice. Le scénario, quant à lui, est l’œuvre de Jon Crocker, connu pour son travail sur Paddington 2, un film qui allie humour, tendresse et finesse d’écriture — qualités que l’on espère retrouver dans High in the Clouds.

La production a également fait appel à 88 Pictures pour l’animation, studio reconnu pour son expertise technique et son style dynamique. Le film s’annonce donc comme un spectacle total, où les prouesses visuelles rivalisent avec la richesse sonore.

Un envol stratégique vers les marchés internationaux

Si le film n’a pas encore de date de sortie annoncée, il est d’ores et déjà pré-vendu dans de nombreux territoires majeurs. Au Royaume-Uni, c’est Sky UK Ltd. qui distribuera l’œuvre ; en Allemagne, Constantin Film ; en Amérique latine, Imagem ; en Europe de l’Est, Vertical, Monolith et AQS. D’autres accords sont déjà signés pour le Moyen-Orient, l’Asie du Sud-Est, Israël, le Portugal, la Grèce et les pays baltes.

Cette anticipation du marché témoigne d’une confiance rare dans le potentiel commercial du film. Et pour cause : avec McCartney en capitaine, les producteurs savent qu’ils tiennent entre leurs mains un joyau aux multiples facettes — à la fois œuvre d’auteur, produit familial, événement musical et aventure visuelle.

L’héritage Beatles dans un écrin contemporain

Il est tentant — et probablement juste — de voir dans High in the Clouds une sorte de Yellow Submarine du XXIe siècle. On y retrouve cette même volonté de faire rêver petits et grands, cette même générosité visuelle, et surtout, cette même foi dans le pouvoir rédempteur de la musique.

Ringo Starr n’est pas le seul lien avec l’héritage des Fab Four. La vision artistique de McCartney, mélange de candeur et de sophistication, irrigue l’ensemble du projet. À plus de 80 ans, le musicien prouve qu’il n’a rien perdu de sa curiosité, de sa créativité, ni de son engagement.

Mais High in the Clouds ne s’adresse pas uniquement aux fans des Beatles. C’est un film pensé pour les nouvelles générations, pour les enfants qui découvrent la musique comme un territoire de liberté, et pour les parents qui veulent leur transmettre ce feu sacré.

Un hymne à la liberté, sous le ciel de Paul

En ces temps troublés où l’uniformisation culturelle menace les singularités artistiques, High in the Clouds vient rappeler, en toute simplicité, que la musique reste l’un des derniers bastions de l’imaginaire. Elle peut tout dire, tout dénoncer, tout espérer. Le film de Paul McCartney est une célébration de cette idée, portée par un récit tendre, une distribution étincelante et une bande sonore qui s’annonce inoubliable.

Alors que le ciel s’assombrit parfois sur les industries culturelles, High in the Clouds promet une éclaircie. Un souffle. Une mélodie. Un envol.


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