Les Beatles ont marqué l’histoire, mais tous leurs albums ne faisaient pas l’unanimité au sein du groupe. John Lennon n’aimait pas Sgt. Pepper’s, qu’il considérait trop conceptuel. Paul McCartney a regretté la production de Let It Be, en particulier l’arrangement de The Long and Winding Road. George Harrison voyait Yellow Submarine comme un simple produit commercial. Quant à Ringo Starr, il se sentait relégué au rôle de musicien de studio sur Sgt. Pepper’s. Malgré ces réserves, ces albums restent des chefs-d’œuvre du rock.
Les Beatles sont l’un des groupes les plus aimés et admirés de l’histoire de la musique. Pourtant, derrière leur discographie vénérée, se cachent des tensions, des frustrations et des déceptions. Si les fans chérissent chaque album du groupe, les membres eux-mêmes ont parfois exprimé leur désaccord, voire leur aversion pour certaines de leurs propres créations. Tour d’horizon des albums que John, Paul, George et Ringo ont regrettés ou dénoncés.
Sommaire
- John Lennon et le mythe de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band
- Paul McCartney et la déception de Let It Be
- George Harrison et le désintérêt pour Yellow Submarine
- Ringo Starr et son rôle de « session man » sur Sgt. Pepper
- L’héritage musical au-delà des préférences personnelles
John Lennon et le mythe de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band
Lorsque Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band voit le jour en 1967, il est immédiatement salué comme une révolution musicale. Avec ses arrangements complexes et son audace psychédélique, il marque un tournant pour le groupe. Pourtant, John Lennon n’a jamais caché son manque d’affection pour cet album.
Selon lui, Sgt. Pepper était surtout le projet de Paul McCartney. Il considérait que cet album était plus conceptuel que musicalement intéressant. Dans une interview avec David Sheff, Lennon expliquait préférer The White Album à Sgt. Pepper, affirmant que la musique y était bien meilleure. Pour lui, la véritable essence des Beatles se trouvait dans des morceaux bruts et spontanés, et non dans les expérimentations en studio qui dominaient Sgt. Pepper.
Paul McCartney et la déception de Let It Be
Si Let It Be est souvent perçu comme le chant du cygne des Beatles, son enregistrement fut un véritable calvaire pour Paul McCartney. Ce dernier a publiquement exprimé sa frustration quant à la production de l’album, notamment en raison de l’implication de Phil Spector.
La transformation de sa ballade « The Long and Winding Road » en une composition orchestrale l’a particulièrement agacé. McCartney aurait préféré une approche plus épurée, mais il n’a pas été consulté sur les modifications apportées à son morceau. Dans une interview accordée à l’Evening Standard en 1970, il exprimait son exaspération en déclarant : « Je n’aurais jamais mis des voix féminines sur un disque des Beatles ». Cette décision symbolisait pour lui la perte de contrôle du groupe sur sa propre musique.
George Harrison et le désintérêt pour Yellow Submarine
George Harrison, souvent relégué au second plan par Lennon et McCartney, a toujours eu une relation ambiguë avec le répertoire des Beatles. Mais s’il y a bien un album qu’il a ouvertement dénoncé, c’est Yellow Submarine.
En 1977, Harrison confiait que cet album était avant tout un projet commercial, conçu pour accompagner le film du même nom. Il regrettait que les albums des Beatles aient été modifiés par les maisons de disques, en particulier aux États-Unis, où les morceaux étaient réorganisés et regroupés différemment. Pour lui, Yellow Submarine ne représentait pas la véritable essence du groupe et manquait d’authenticité.
Ringo Starr et son rôle de « session man » sur Sgt. Pepper
Ringo Starr, connu pour son attitude détendue et son amour du groove, n’a jamais été un grand fan de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Dans une interview avec Elliott Mintz, il admettait : « Je pense que c’est un bon album, mais je me suis senti comme un musicien de studio. On passait des jours en studio pendant que les autres rajoutaient des overdubs. »
Contrairement aux autres albums où son jeu de batterie était plus mis en avant, Sgt. Pepper était dominé par une production complexe et par des arrangements qui laissaient peu de place à la spontanité. Pour Ringo, l’album était techniquement impressionnant, mais il ne lui procurait pas la même satisfaction que d’autres disques plus bruts et directs.
L’héritage musical au-delà des préférences personnelles
Malgré leurs réserves, ces albums restent des piliers de la musique rock. Les Beatles, comme tout artiste, étaient influencés par leur contexte personnel et professionnel. Les tensions croissantes dans le groupe ont joué un rôle dans leur perception de leur propre musique, mais elles n’ont jamais altéré la magie qu’ils ont su capturer en studio.
Aujourd’hui encore, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, Let It Be et Yellow Submarine sont vénérés par des millions de fans. Ironiquement, ces albums décriés par leurs propres créateurs sont devenus des pierres angulaires de l’histoire du rock. Peut-être que le génie des Beatles réside justement dans cette capacité à transcender les doutes et les déceptions pour offrir des œuvres immortelles.
