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Paul McCartney et « Always » : une ballade intemporelle revisitée

Publié le 13 mai 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Avec Kisses On The Bottom (2012), Paul McCartney revisite « Always » d’Irving Berlin, un classique du Great American Songbook. Enregistrée avec Diana Krall et produite par Tommy LiPuma, cette version feutrée et élégante rend hommage aux ballades qui ont marqué son enfance. À travers une interprétation intime et orchestrale, McCartney insuffle une nouvelle vie à cette déclaration d’amour intemporelle, confirmant son talent pour transcender les styles musicaux.


Lorsqu’en 2012 Paul McCartney publieKisses On The Bottom, son album de reprises de standards du Great American Songbook, il surprend bon nombre de ses admirateurs. Connu pour ses mélodies pop ciselées et son inventivité musicale sans limites, l’ancien Beatle choisit ici de rendre hommage aux chansons qui ont bercé son enfance. Parmi ces titres,Always, sublime ballade signée Irving Berlin, occupe une place particulière.

Sommaire

Une chanson née de l’amour

Irving Berlin composeAlwaysen 1925 comme un cadeau de mariage pour son épouse, Ellin Mackay. Ce geste romantique s’accompagne d’une décision encore plus marquante : le célèbre compositeur cède tous les droits d’auteur de la chanson à sa femme. Dès sa création,Alwayss’impose comme un classique, porté par la simplicité de sa mélodie et la profondeur de son texte. Berlin avait initialement prévu d’intégrer le morceau à la comédie musicaleThe Cocoanuts, mettant en scène les Marx Brothers, mais il décide finalement de l’en retirer avant la première.

Un héritage musical inestimable

Avec les décennies,Alwaysest devenu un standard incontournable, interprété par une multitude d’artistes de renom. Frank Sinatra, Billie Holiday, Patsy Cline, et même des figures plus contemporaines comme Billy Corgan et Leonard Cohen se sont approprié cette déclaration d’amour intemporelle. Harry Nilsson, ami proche des Beatles, en propose une version en 1973 surA Little Touch Of Schmilsson In The Night, un album dédié aux grands classiques américains. La chanson traverse ainsi les âges et les styles, du jazz au rock en passant par la pop et la soul.

McCartney etAlways: une interprétation feutrée

Paul McCartney enregistreAlwayspourKisses On The Bottomen mars 2010, sous la houlette du producteur Tommy LiPuma et de l’ingénieur du son Al Schmitt. Le cadre est prestigieux : Avatar Studios à New York pour la piste instrumentale, puis Abbey Road Studios à Londres pour les arrangements orchestraux. La direction artistique est assurée par Diana Krall, qui apporte son expertise jazz à l’ensemble du projet.

Entouré de musiciens de renom – John Pizzarelli à la guitare, Robert Hurst à la basse, Karriem Riggins à la batterie – McCartney livre une interprétation toute en retenue. Sa voix, plus posée, se pose délicatement sur l’accompagnement feutré du piano de Krall. L’arrangement orchestral, dirigé par Alan Broadbent, vient souligner la douceur nostalgique du morceau sans jamais l’alourdir.

Une déclaration d’amour universelle

L’interprétation de McCartney d’Alwaysest à l’image de l’album tout entier : intime, élégante, respectueuse du matériau d’origine tout en y apportant une touche personnelle. Loin de ses compositions pop habituelles, il prouve ici qu’il peut aussi exceller dans un registre plus sobre et dépouillé. La chanson, avec ses paroles évoquant une promesse d’amour éternel, trouve un écho particulier dans la voix d’un artiste dont la carrière a été marquée par des déclarations sentimentales inoubliables, deYesterdayàMaybe I’m Amazed.

AvecKisses On The Bottom, et en particulier avecAlways, Paul McCartney ne se contente pas de revisiter le passé : il le sublime, le remet au goût du jour et lui insuffle une nouvelle vie. À travers cette relecture, il rappelle que les grandes chansons, bien qu’issues d’une autre époque, résonnent toujours avec force et émotion dans le cœur des auditeurs d’aujourd’hui.


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