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John Lennon : entre vérité brute et amour du rock ‘n’ roll

Publié le 15 mai 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

John Lennon a toujours cherché à exprimer son honnêteté à travers sa musique, que ce soit avec les Beatles ou en solo. Son engagement, souvent attribué à Yoko Ono, était en réalité profondément ancré en lui. Son opposition au conformisme l’a éloigné de McCartney, préférant des chansons introspectives comme celles de l’album Plastic Ono Band. Pourtant, son amour du rock ‘n’ roll est resté intact, notamment à travers les reprises de Bony Moronie et Be-Bop-A-Lula, chargées de souvenirs liés à sa mère.


Il est possible de passer des semaines à analyser l’œuvre de John Lennon. Entre les chansons qu’il a écrites pour les Beatles, ses albums solo et les morceaux qu’il a composés pour d’autres artistes, il y a une matière foisonnante qui permet de dresser un portrait nuancé de l’homme derrière la musique. Pourtant, si l’on devait résumer John Lennon en un seul mot, ce serait « honnête ».

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L’honnêteté au cœur de l’art de Lennon

Nombreux sont ceux qui attribuent à Yoko Ono la transformation de John Lennon, expliquant que ses cheveux longs, son activisme et ses chansons engagées seraient une conséquence directe de leur relation. Pourtant, Yoko Ono elle-même a toujours rejeté cette idée, affirmant que Lennon avait toujours été cet homme et qu’il avait simplement atteint un stade de sa vie où il était prêt à exprimer pleinement cette facette de sa personnalité. En observant ses prises de position tout au long de sa carrière, il est difficile de ne pas lui donner raison.

Dès avant l’arrivée des Beatles aux États-Unis, Lennon exprimait déjà ses inquiétudes quant à l’accueil que lui réserverait la nation capitaliste, ayant publiquement manifesté des opinions favorables au communisme. De même, lui et le reste du groupe avaient dû adapter leur style vestimentaire et leur coupe de cheveux pour être acceptés par le grand public. Cette dualité entre conformisme et volonté de rester fidèle à soi-même marquera toute sa carrière.

Une fracture grandissante avec McCartney

L’une des raisons majeures de la séparation des Beatles fut la divergence artistique entre Lennon et McCartney. Alors que ce dernier restait attaché à l’idée de créer des chansons pop accessibles, entrainantes et faciles à fredonner, Lennon était en quête d’une musique qui reflétait plus authentiquement sa personnalité. Il voulait composer des morceaux bruts, sincères, qui offraient un aperçu véritable de son être intérieur.

Cela est devenu évident lorsqu’il s’est lancé dans une carrière solo. L’album Plastic Ono Band, sorti en 1970, est un manifeste d’honnêteté à l’état pur. Lennon lui-même savait que certaines chansons de cet album, comme Mother, heurteraient ses fans : « Beaucoup, beaucoup de gens n’aimeront pas Mother ; cela les blesse », expliquait-il. « La première réaction, c’est le rejet total. Et puis, à la seconde écoute, ils commencent à déceler des nuances… ».

Un amour indéfectible pour le rock ‘n’ roll

Malgré son évolution artistique et son engagement dans des compositions introspectives, Lennon n’a jamais perdu son amour pour le rock ‘n’ roll qui avait éveillé sa passion pour la musique. Il lui rend hommage dans son album Rock ‘n’ Roll en 1975, une collection de reprises des classiques qui l’ont marqué. Parmi ces morceaux, deux titres en particulier occupaient une place spéciale dans son cœur : Bony Moronie et Be-Bop-A-Lula.

« Bony Moronie » et « Be-Bop-A-Lula » : une connexion intime

Bony Moronie, de Larry Williams, et Be-Bop-A-Lula, de Gene Vincent, font partie des premiers morceaux que Lennon a chantés dans sa jeunesse. Mais au-delà de leur simple valeur musicale, ces chansons étaient chargées d’une émotion profonde pour lui. « Bony Moronie faisait partie des toutes premières chansons que j’ai chantées, avec Be-Bop-A-Lula, et je me souviens l’avoir interprée la seule fois où ma mère m’a vu jouer avant de mourir », racontait-il.

Cette confession révèle à quel point la musique était pour Lennon un vecteur de souvenirs et d’émotions profondes. La mort de sa mère Julia, lorsqu’il était encore adolescent, a eu un impact indélébile sur lui. Ces chansons, en particulier, étaient donc bien plus que de simples morceaux de rock ‘n’ roll ; elles étaient les derniers liens tangibles avec un moment précieux partagé avec elle.

L’héritage rock de John Lennon

En enregistrant Rock ‘n’ Roll, Lennon rend hommage à cette époque formatrice de sa vie, tout en insufflant sa propre sensibilité dans chaque reprise. Son amour pour ce genre musical ne s’est jamais estompé, et ces morceaux ont continué à le hanter tout au long de sa carrière. Il savait que le rock ‘n’ roll était plus qu’un simple style musical : c’était une révolte, une passion, une manière d’exister et de s’exprimer pleinement.

Ainsi, même en évoluant vers des compositions plus complexes et introspectives, Lennon n’a jamais oublié les racines qui l’avaient nourri. Bony Moronie et Be-Bop-A-Lula étaient pour lui bien plus que des chansons : elles étaient des fragments de vie, des témoins d’une époque où tout était encore possible, et des rappels éternels de la flamme musicale qui l’avait animé dès ses débuts.


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