Aclam rend hommage à George Harrison avec Go Rocky Go, une pédale d’effet inspirée de sa Stratocaster psychédélique. Fidèle au son Vox Conqueror et à l’esthétique des Beatles, cette stompbox fusionne technologie de pointe et passion sixties, évoquant l’univers sonore de Harrison dans White Album et Magical Mystery Tour. Un objet culte pour musiciens et collectionneurs.
Depuis plusieurs années, Aclam s’est taillé une réputation de choix parmi les artisans les plus inspirés de la scène boutique, alliant rigueur technique et passion musicale. Mais chez cette entreprise barcelonaise, la dévotion prend une dimension particulière lorsqu’il s’agit des Beatles. Après avoir recréé à la perfection le son du Vox UL730 de Revolver et Sgt. Pepper’s avec sa pédale Dr. Robert, puis plongé dans les méandres fuzz du Mocker, Aclam dévoile aujourd’hui une nouvelle création : Go Rocky Go. Plus qu’un simple effet, ce stompbox est une déclaration d’amour aux sons psychédéliques de George Harrison — et à l’esthétique flamboyante de sa fameuse Stratocaster « Rocky ».
Sommaire
- Une Stratocaster métamorphosée : aux origines du mythe
- Une architecture sonore ancrée dans l’héritage Beatles
- Des textures multiples et une âme psychédélique
- Une œuvre d’art au pied du guitariste
- Le culte Beatles chez Aclam
- George Harrison, l’inspirateur silencieux
- Un objet pour collectionneurs… et musiciens
- Une touche finale psychédélique
Une Stratocaster métamorphosée : aux origines du mythe
Pour comprendre l’âme de cette pédale, il faut remonter à 1965, lorsque George Harrison reçoit une Fender Stratocaster couleur Sonic Blue. D’abord utilisée sans fioritures — on peut l’entendre notamment sur Nowhere Man —, elle devient en 1967 un véritable objet d’art psychédélique. Dans un geste aussi spontané qu’iconoclaste, Harrison la repeint à la main avec des couleurs vives, des arabesques naïves et la signature « Rocky » en lettres manuscrites multicolores.
Symbole du Swinging London, cette guitare devient un emblème du Summer of Love, apparaissant dans le film Magical Mystery Tour et sur scène lors de l’interprétation de I Am the Walrus. Elle incarne à elle seule l’imaginaire flamboyant du Harrison de la période post-Ravi Shankar : un mélange d’Orient mystique, de psychédélisme pop et d’innocence sixties.
C’est cette guitare — plus exactement son vernis bariolé — qui sert aujourd’hui d’inspiration visuelle à la nouvelle pédale d’Aclam.
Une architecture sonore ancrée dans l’héritage Beatles
Mais derrière son allure ludique et ses couleurs pop se cache une machine d’une redoutable précision. À l’instar des créations précédentes d’Aclam, Go Rocky Go repose sur une base technique minutieusement documentée. Les ingénieurs de la marque ont travaillé à partir du canal Brilliant d’un ampli Vox Conqueror, série n°2004 — modèle exact de la même lignée que celui utilisé en studio par les Beatles à la fin des années 1960.
Ce choix n’est pas anodin. Le Vox Conqueror, bien moins mythifié que les AC30 ou les UL730, est pourtant une pièce maîtresse de l’arsenal sonore du White Album et de Magical Mystery Tour. À la différence du canal Normal, le canal Brilliant est conçu pour délivrer un son clair incisif, avec une brillance presque acide dans les médiums supérieurs, tout en conservant une certaine chaleur dans les graves. Une signature idéale pour le jeu cristallin et articulé d’Harrison, que ce soit dans ses riffs orientalisants (Blue Jay Way) ou ses rythmiques tranchantes (Savoy Truffle).
L’équipe d’Aclam n’a pas seulement copié ce canal : elle l’a ressuscité, recréé à l’identique, au point de pouvoir parler d’un véritable « clone à pédale » de l’ampli d’époque.
Des textures multiples et une âme psychédélique
Au-delà de la restitution fidèle du son Vox, la Go Rocky Go se distingue par sa capacité à évoquer une palette de couleurs sonores typique de la fin des années 1960. Une simple stratification des réglages permet de passer d’un crunch mordant à un clean éthéré, en évoquant tour à tour les textures du White Album, de Magical Mystery Tour ou des derniers singles de l’ère EMI.
On retrouve cette amplitude sonore qui fait la particularité du jeu d’Harrison lorsqu’il cherche à faire « chanter » ses guitares, souvent avec des effets de bande inversée, des glissandos orientaux, ou des nappes hypnotiques comme dans It’s All Too Much. Le grain restitué par la pédale est organique, légèrement comprimé, jamais froid — et capable d’accueillir aussi bien une Telecaster qu’une Rickenbacker.
À cela s’ajoute une réserve de dynamique impressionnante : même en poussant le gain, la pédale conserve une clarté qui rappelle les prises de son des studios d’Abbey Road sous la houlette de George Martin, où chaque nuance était capturée avec rigueur.
Une œuvre d’art au pied du guitariste
Il serait réducteur de ne considérer la Go Rocky Go que sous l’angle technique. Car cette pédale est aussi un objet de culte. Son boîtier en aluminium moulé — solide et léger — est recouvert d’un revêtement en poudre coloré qui reproduit fidèlement les motifs peints par Harrison sur sa Stratocaster. Tourbillons rouges, lettres jaunes sur fond turquoise, lignes blanches stylisées : chaque détail semble avoir été supervisé par un artisan plus que par un ingénieur.
En bonus, chaque pédale est accompagnée d’un autocollant représentant Harrison à la fin de l’année 1967, arborant sa célèbre moustache et ses lunettes rondes, tel un sage psychédélique sorti tout droit de Sgt. Pepper. Deux boutons vintage complètent l’ensemble, comme pour sceller l’alliance entre technologie moderne et nostalgie sixties.
Le culte Beatles chez Aclam
Cette attention portée à l’univers des Beatles ne sort pas de nulle part. Chez Aclam, plusieurs membres de l’équipe sont des passionnés invétérés du groupe de Liverpool. Ce fanatisme éclairé se traduit par une approche quasi-archéologique de la reproduction sonore, mais aussi par une volonté de transmettre, à travers l’objet même, une part de rêve et de magie.
La série Beatles d’Aclam est d’ailleurs déjà bien étoffée. La pédale Dr. Robert avait fait sensation à sa sortie, en reproduisant avec un réalisme bluffant le son de l’ampli Vox UL730 utilisé notamment sur Taxman, She Said She Said, ou encore And Your Bird Can Sing. Le Mocker, lui, poussait plus loin l’expérience en injectant dans le circuit les nuances abrasives du fuzz UL730 — une arme secrète des sessions 1966–67.
Go Rocky Go s’inscrit donc dans cette lignée : fidèle à l’esprit Beatles, mais jamais dans l’imitation stérile. Elle propose une relecture artistique, à la fois respectueuse et créative.
George Harrison, l’inspirateur silencieux
Loin des projecteurs monopolisés par Lennon et McCartney, Harrison a toujours cultivé une relation intime à la guitare, qu’il considérait moins comme un outil de performance que comme un canal de méditation. Son jeu, souvent sous-estimé, est pourtant d’une finesse exemplaire. C’est lui qui introduit la première guitare à pédale volume sur I Need You, lui encore qui explore le sitar indien dès Norwegian Wood, lui enfin qui offre au groupe quelques-uns de ses plus grands sommets mélodiques (Something, Here Comes the Sun).
Avec Go Rocky Go, c’est tout cet héritage que l’on célèbre. Non pas le Harrison des charts ou du Concert for Bangladesh, mais celui, plus discret, des expérimentations sonores et des nuances psychédéliques. Celui qui, dès 1967, peignait à la main sa guitare comme on peint un mandala.
Un objet pour collectionneurs… et musiciens
Certes, Go Rocky Go s’adresse d’abord aux fans hardcore des Beatles, à ceux pour qui chaque souffle de studio, chaque harmonique aiguë dans Hey Bulldog est une source d’extase. Mais la pédale a aussi toute sa place dans un pedalboard contemporain. Elle pourra séduire les musiciens à la recherche de sons vintages, de textures expressives et de grain singulier. Le tout sans sacrifier à la fiabilité : comme toutes les pédales Aclam, elle est construite pour durer, avec une électronique soignée, des composants haut de gamme et une robustesse à toute épreuve.
Une touche finale psychédélique
Lancée dans un contexte de regain d’intérêt pour les années 60 — entre les rééditions de Revolver et Red & Blue, les remixes supervisés par Giles Martin et les films comme Get Back de Peter Jackson — la Go Rocky Go tombe à pic. Elle s’inscrit dans cette mouvance qui, loin de se contenter de la nostalgie, redonne vie au mythe Beatles par l’innovation, la recherche et l’amour du détail.
Et s’il fallait résumer cette pédale en une image, ce serait peut-être celle de George, assis en tailleur dans un studio londonien saturé d’encens, tenant sa guitare colorée comme une offrande, tandis que dans l’air flotte encore l’écho d’un accord dissonant : un Only a Northern Song devenu enfin universel.
