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George Harrison et la quête spirituelle de « The Lord Loves The One (That Loves The Lord) »

Publié le 17 mai 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Le 30 mai 1973 aux États-Unis et le 22 juin de la même année au Royaume-Uni, George Harrison publie son quatrième album solo, Living In The Material World. Parmi les morceaux de cet opus, The Lord Loves The One (That Loves The Lord) occupe une place particulière. Inspiré par les enseignements d’AC Bhaktivedanta Swami Prabhupada, fondateur de l’International Society for Krishna Consciousness (ISKCON), ce titre résume à merveille la philosophie spirituelle qui anime désormais l’ancien Beatle.

Sommaire

  • Une inspiration venue d’AC Bhaktivedanta Swami Prabhupada
  • Une critique du monde moderne
  • Un morceau aux sonorités marquantes
  • Une performance rare et un engagement concret

Une inspiration venue d’AC Bhaktivedanta Swami Prabhupada

Durant les années 70, George Harrison approfondit son engagement dans la spiritualité hindoue. Il découvre la philosophie védique grâce à Swami Prabhupada, qu’il rencontre personnellement à plusieurs reprises. C’est après l’une de ces rencontres, au domicile du musicien, que Harrison compose The Lord Loves The One (That Loves The Lord).

L’essence du message de la chanson repose sur une idée simple mais profonde : les désirs de richesse, de pouvoir et de renommée sont des illusions vouées à disparaître. Harrison exprime l’idée que les hommes passent leur existence à courir après des objectifs vains, oubliant qu’ils ne sont pas les véritables maîtres de leur destin.

Une critique du monde moderne

Dans I Me Mine, son autobiographie publiée en 1980, Harrison revient sur le message sous-jacent de The Lord Loves The One. Il y dénonce la vanité des dirigeants, des politiciens et des militaires qui se comportent comme s’ils étaient tout-puissants. Selon lui, cette illusion de contrôle ne peut que mener à la souffrance, car elle est en contradiction avec la véritable nature de l’existence.

Les paroles du morceau illustrent cette réflexion :

We are all making out / Like we own this whole world / While the leaders of nations / They are acting like big girls…

Par cette critique acerbe, Harrison ne cherche pas à se positionner en donneur de leçons. Il rappelle qu’il inclut également ses propres erreurs dans cette réflexion et que sa musique est une manière pour lui de ne pas perdre de vue ces enseignements.

Un morceau aux sonorités marquantes

Sur le plan musical, The Lord Loves The One (That Loves The Lord) est un titre à l’énergie rock prononcée, porté par la voix caractéristique de Harrison et sa maîtrise de la guitare. L’accompagnement est assuré par des musiciens de renom :

  • Nicky Hopkins au piano électrique, dont les notes donnent une texture particulière au morceau,
  • Klaus Voormann à la basse, ami de longue date de Harrison et collaborateur de nombreux albums des ex-Beatles,
  • Jim Keltner à la batterie, dont le jeu apporte une dynamique essentielle,
  • Jim Horn au saxophone, ajoutant une touche chaleureuse et expressive.

Le résultat est un morceau à la fois puissant et spirituel, où la ferveur de Harrison transparaît autant dans la musique que dans les paroles.

Une performance rare et un engagement concret

Si The Lord Loves The One (That Loves The Lord) fut interprétée lors de l’ouverture de la tournée américaine de 1974, elle disparut rapidement des setlists des concerts suivants. Toutefois, elle demeure un témoignage fort de l’implication de Harrison dans les causes humanitaires et spirituelles.

Lors de cette tournée, notamment lors de son passage au Cow Palace de San Francisco, Harrison organisa une collecte de fonds pour la Haight-Ashbury Free Medical Clinic. Une pancarte installée dans la salle invitait le public à déposer « leur argent sale et usé » dans une boîte prévue à cet effet. La somme recueillie, 66 000 dollars, fut ensuite reversée à cette organisation caritative.

Cette générosité, associée à sa musique et à ses messages spirituels, fait de George Harrison un artiste à part. The Lord Loves The One (That Loves The Lord) en est un exemple frappant, mêlant critique du monde moderne et aspiration à une vérité supérieure.


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