Magazine Culture

Every Man Has A Woman Who Loves Him : Une Oeuvre de John Lennon et Yoko Ono à la Croisée des Chemins

Publié le 21 mai 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Dans l’immense catalogue musical du couple Lennon-Ono, il existe une chanson qui, bien qu’elle n’ait pas connu le même succès mondial que certaines de leurs œuvres les plus célèbres, mérite une attention particulière. Every Man Has A Woman Who Loves Him, l’une des compositions de Yoko Ono pour l’album Double Fantasy (1980), est un morceau fragile, poétique et profondément humain, incarnant la complicité unique entre les deux artistes, alors que John Lennon revenait sous les projecteurs après cinq ans d’absence. Bien que la chanson fût en grande partie le fruit de la vision artistique de Yoko Ono, elle bénéficie de la touche particulière de Lennon, qui, en interprétant une ligne de chant harmonique, apporte une profondeur et une émotion qui marquent la musique de cette époque. À travers ce morceau, se dévoile un moment particulier de l’histoire du rock, la dernière collaboration officielle entre Lennon et Ono avant l’assassinat tragique de John Lennon en décembre 1980.

Sommaire

  • La Genèse de « Every Man Has A Woman Who Loves Him »
  • L’Enregistrement et l’Arrivée du Remix
  • Une Chanson Restée Marginale, mais Intemporelle
  • L’Héritage de la Chanson dans la Discographie de Lennon
  • Une Poétique de l’Amour et de l’Harmonie

La Genèse de « Every Man Has A Woman Who Loves Him »

Composée en 1978, cette chanson s’inscrit dans une période de renouveau créatif pour Yoko Ono et John Lennon. Après plusieurs années passées à élever leur fils Sean et à mener une vie plutôt retirée des feux de la scène, le couple préparait activement son grand retour musical. Si Double Fantasy, l’album qui contient cette chanson, est souvent vu comme le symbole de leur réconciliation, tant personnelle qu’artistique, « Every Man Has A Woman Who Loves Him » raconte avant tout l’essence même de leur relation : une sorte d’équilibre précaire et un soutien inébranlable l’un envers l’autre.

En 1980, alors que les sessions d’enregistrement avaient lieu aux mythiques Hit Factory Studios de New York, le monde était loin de se douter de l’importance de cet album dans l’histoire du rock, ni de la tragédie imminente qui frapperait le monde de la musique. Ce fut dans ce contexte de retrouvaille artistique qu’« Every Man Has A Woman Who Loves Him » prit forme, non seulement comme un morceau empreint de l’esprit d’un couple, mais aussi comme un reflet d’une époque et d’une mentalité qui émergeaient à ce moment-là.

La chanson est écrite par Yoko Ono, mais c’est John Lennon qui va y apposer sa marque. Bien qu’Ono assure la majorité des vocaux, la présence de Lennon en tant que voix harmonique est indéniable. Leur collaboration, symbolique et intime, se révèle à travers la simplicité apparente du morceau, mais aussi à travers sa charge émotionnelle brute, qui est typique de l’album Double Fantasy. À ce moment, John Lennon et Yoko Ono semblaient avoir trouvé un équilibre à la fois personnel et artistique qui nourrissait chacune de leurs œuvres communes.

L’Enregistrement et l’Arrivée du Remix

Les enregistrements de Double Fantasy se déroulèrent entre le 6 août et le 13 octobre 1980. Pendant cette période, John et Yoko enregistraient chacun de leur côté, mais toujours avec l’idée d’une œuvre commune. Si Double Fantasy est l’aboutissement de la vision artistique d’Ono, c’est indéniablement le moment où Lennon se réapproprie aussi son propre univers musical, après plusieurs années d’isolement volontaire.

L’enregistrement de « Every Man Has A Woman Who Loves Him » se distingua par sa texture musicale particulière, avec des guitares électriques créées par Earl Slick et Hugh McCracken, un bassiste légendaire en la personne de Tony Levin, et des arrangements de batterie signés Andy Newmark. Ce n’est donc pas un hasard si la chanson dégage une sensualité et une simplicité à la fois poignante et rafraîchissante.

Il est intéressant de noter que la chanson ne connut pas immédiatement le succès attendu lors de sa sortie. Cependant, elle trouva une nouvelle vie lors de sa sortie en 1984 sur le disque Every Man Has A Woman, un album hommage à Yoko Ono pour son 50e anniversaire. Ce disque, qui réunit des versions de ses chansons interprétées par des artistes de renom tels que Harry Nilsson, Roberta Flack, Elvis Costello et même Sean Lennon, contribua à redonner une visibilité à ce morceau. Dans cette version remastérisée, la ligne vocale de Lennon fut isolée et présentée comme la principale, offrant une réinterprétation de la chanson qui, bien que tardive, apporta une nouvelle profondeur au morceau.

Une Chanson Restée Marginale, mais Intemporelle

Malgré sa discrétion dans les classements musicaux, « Every Man Has A Woman Who Loves Him » reste une pièce maîtresse dans le répertoire de John Lennon et Yoko Ono, notamment grâce à son interprétation tout en nuances et son atmosphère intime. La chanson, en effet, n’est pas seulement un hommage à l’amour de Yoko pour son mari, mais aussi à l’amour universel et à la reconnaissance de la beauté des relations humaines. Loin des standards du rock commercial, elle se place dans la lignée des morceaux plus introspectifs et poétiques que Lennon et Ono affectionnaient tout particulièrement, et ce, depuis les expérimentations musicales de la période Plastic Ono Band.

Au-delà de son absence de succès commercial, la chanson est une des pierres angulaires de l’album Double Fantasy, qui reste une œuvre incontournable de la musique rock des années 80. Ce dernier marque la fin d’une époque pour Lennon et Ono, mais aussi la fin tragique de la carrière de l’un des artistes les plus influents du 20e siècle. Ainsi, la chanson possède une dimension symbolique plus forte encore en devenant l’un des derniers témoignages d’une collaboration artistique unique, un instant suspendu dans le temps, avant que la réalité ne vienne interrompre leur union.

L’Héritage de la Chanson dans la Discographie de Lennon

Bien que « Every Man Has A Woman Who Loves Him » n’ait jamais été un grand succès commercial, sa place dans l’œuvre de John Lennon et Yoko Ono demeure essentielle. Le morceau illustre une facette plus douce et plus intime de l’artiste britannique, loin des envolées de Imagine ou des morceaux plus révolutionnaires de sa carrière solo. En cela, il démontre à quel point Lennon, dans ses dernières années, était parvenu à trouver une forme d’équilibre personnel et artistique, à travers ses expérimentations musicales avec Yoko Ono.

En 1990, la version chantée par Lennon figurait sur le coffret Lennon, un hommage posthume à l’artiste disparu. Plus récemment, un remix a été inclus dans la compilation Gimme Some Truth (2020), qui permet de redécouvrir cette œuvre sous un jour nouveau, soulignant son impact dans l’évolution de la musique pop et rock.

En somme, Every Man Has A Woman Who Loves Him est un morceau souvent sous-estimé, mais d’une grande beauté. Il capture, dans toute sa simplicité, l’âme de la relation entre Lennon et Ono, et reste un témoignage de leur amour et de leur complicité créative. Il fait partie des nombreuses œuvres intemporelles de John Lennon, et continue d’enrichir l’héritage musical d’un artiste dont l’influence ne cesse de perdurer.

Une Poétique de l’Amour et de l’Harmonie

À travers ce morceau, on entrevoit non seulement la vision artistique de Yoko Ono, mais aussi la profonde humanité qui caractérisait John Lennon, en particulier dans ses dernières années. Every Man Has A Woman Who Loves Him nous rappelle que même dans le rock, parfois, la beauté réside dans la simplicité et dans l’intime.


Retour à La Une de Logo Paperblog