Chaque mois, dans ses derniers jours, tout comme je le fais pour le cinéma (dans ses 10 premiers) et tout comme je le fais pour la musique (vers le milieu), je vous parles de l'une de mes 3 immenses passions: La littérature !Lire, c'est accepter d'apprendre, de découvrir, c'est s'ouvrir les sens, se confronter à de nouvelles visions, différentes personnalités, différents choix, c'est explorer des univers, tremper dans un milieu, dans une tête qui n'est pas la sienne, c'est danser sur les méninges d'un(e) autre, c'est se calibrer la respiration sur le rythme de quelqu'un d'autre.
Et respirer, c'est vivre.
DELIVER ME FROM NOWHERE: THE MAKING OF BRUCE SPRINGSTEEN'S NEBRASKA de Warren Zanes
En 1982, le monde musical, les radios, MTV et les émission de vidéos, proposent Duran Duran, Toto, Styx, Culture Club, Human League, un univers syntho pop, axé parfois sur les claviers. Mais il y avait aussi Stevie Ray Vaughan, Dire Straits, Rush, Steve Miller Band. Mais rien qui ne ressemblait à Nebraska de Bruce Springsteen. L'écho glauque des temps durs qu'on trouvaient dans l'Angleterre de Thatcher, maintenant sous l'austérité Reagan, aux États-Unis.



Pas surprenant de voir que Scott Cooper l'eût adapté et ai tourné avec Jeremy Allen White, vedette de la série The Bear, dans la peau de Bruce. Le film doit sortir le 24 octobre prochain.

Le livre est peut-être né là pour lui. Avec une envie de jeter un oeil sur celui qui obtenait son premier #1 dans les albums vendus et qui proposait au studio un démo de 17 chansons qui n'étaient pas pensées pour la diffusion publique. Mais qui étaient appelées à être retravaillées avec le E Street Band. Enregistrées sur cassette 4 tracks. Au bout d'un lit. Pas de single. Pas de hits. Rien de populaire catchy. Les chansons, qui sont souvent des histoires, sont sombres et largement des destins sans espoirs. Des chutes morales. Des rêves brisés. De la part d'ombre. Des restes de la Jungleland. Là où il ne restait plus qu'une guitare acoustique et surtout, une âme, inspirée des écrits de Flannery O'Connor ou de l'histoire même du pays.

Et voilà que cette fiente de président menace (fait-il autre chose ?) de le faire enquêter...Sur quoi vieux criminel ? Sur son âme trop pure ?
Pas de sons de foule, juste les fantômes de murmures anxieux. Livre et album hantés.
Le film de Cooper a de la matière avec laquelle tourner quelque chose d'assez mythique.
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No it's not America & never it'll be. L'Amérique ce sont trois territoires d'un même continent.
Mais c'est de la fêlure Étatsunienne. Qui pourrait être commune avec nos prairies Canadiennes. Et nos états d'esprits Nord Américains. Nos propres cages mentales. Où les frontières cérébrales sont nettement plus fragiles que celles qu'on menace d'effacer. Y a de la poésie en musique, et Zanes sait écrire. Brièvement. Et parfois même avec répétitions, comme reviendrait un refrain de chanson.

Pour avoir une meilleure loupe sur certains déserts intérieurs.
Parfois même noyé(e)s dans des foules.
Livre à posséder sur sa table de chevet si vous êtes d'Amérique du Nord. Parce que derrière la fenêtre c'est nous. Disque à découvrir. Parce que c'est du tonnerre dans une bouteille. Lancée à la mer des poètes qui se magasinent du rêve. Merci Zanny, ton livre inspire autant que le disque.
Mais c'est une vérité de la Palice. Même si il y a film promis, et même facile à imaginer en lisant, le livre est toujours meilleur...chuuuuuuuuuuurt!.
