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Paul McCartney et « Coquette » : un vibrant hommage à Fats Domino

Publié le 26 mai 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Avec « Coquette », reprise de Fats Domino sur l’album Run Devil Run (1999), Paul McCartney rend hommage aux racines du rock’n’roll. Enregistrée aux Abbey Road Studios, cette version capte l’énergie brute du titre original tout en y insufflant la touche personnelle de McCartney. Influencé par Domino depuis ses débuts, McCartney célèbre ici l’âge d’or du rock avec une interprétation sincère et passionnée, marquant ainsi un retour aux sources de sa jeunesse musicale.


Un hommage aux racines du rock’n’roll

En 1999, avec la sortie deRun Devil Run, Paul McCartney signe un retour aux sources du rock’n’roll, un genre qui l’a façonné dès ses débuts avec les Beatles. L’album, aux sonorités vintage et résolument rétro, est une déclaration d’amour à l’ère dorée de la musique populaire américaine des années 50 et 60. Parmi les morceaux de cet album, « Coquette », une reprise de la chanson de Fats Domino, occupe une place particulière. Ce morceau, qui figure sur la face B du single de DominoWhole Lotta Lovingen 1958, trouve dans la version de McCartney une nouvelle énergie, tout en restant fidèle à l’esprit originel du rock’n’roll.

Le choix de « Coquette » n’est pas anodin. Fats Domino, avec sa voix grave et sa capacité à mélanger les genres, a eu une influence considérable sur la musique de McCartney, tout comme sur celle de nombreux artistes qui, comme lui, ont grandi avec le son du rhythm and blues. Mais « Coquette » est plus qu’une simple reprise, elle est le reflet d’une époque que McCartney a toujours respectée et qu’il continue à célébrer à travers ses propres compositions et interprétations.

La genèse de « Coquette »

La version de McCartney de « Coquette » a été enregistrée le 1er mars 1999, lors des premières sessions deRun Devil Runà Abbey Road Studios. Le processus créatif autour de ce morceau a été quelque peu particulier, comme l’explique McCartney lui-même dans les notes de l’album. « C’est juste moi chantant Fats », dit-il, rappelant l’influence de Domino sur son approche de la chanson. Toutefois, la version finale ne résulte pas d’une recherche de perfection technique, mais d’un désir de capturer l’essence même de ce morceau, un feeling brut et sincère qui, selon McCartney, a été le plus important.

Au départ, l’idée était de rendre la chanson plus raffinée, mais le résultat final a été fidèle à l’énergie originelle. McCartney et ses collaborateurs ont même tenté de « polir » certaines parties, avant de se rendre compte que la version la plus authentique restait la première prise. « Coquette » est donc un exemple parfait de ce que McCartney a toujours su faire : réinventer tout en restant fidèle à l’esprit d’une époque, en cherchant non pas à moderniser la chanson, mais à la remettre en valeur de manière simple et naturelle.

Un hommage à la simplicité et à l’âme du rock’n’roll

« Coquette » est avant tout un morceau simple, sans prétention, mais ô combien efficace. McCartney, accompagné de musiciens de talent, dont David Gilmour à la guitare, Mick Green à la guitare, et Geraint Watkins au piano, parvient à restituer l’esprit de cette chanson avec une énergie brute et joyeuse. Le morceau est construit autour d’une mélodie simple mais entraînante, qui se répète comme un refrain nostalgique, et qui souligne parfaitement la légèreté de l’original tout en y insufflant un peu de la touche personnelle de McCartney.

Dans sa version de « Coquette », McCartney joue du piano et de la basse, apportant une touche supplémentaire de profondeur à la composition. Le son est direct, sans artifices, et rappelle l’atmosphère des sessions d’enregistrement des années 50, où l’accent était mis sur l’énergie brute et l’immédiateté des performances en studio. Le mélange des voix de McCartney et de Gilmour, avec ce dernier apportant une dimension supplémentaire à l’interprétation, crée une belle alchimie qui fait de cette reprise un véritable hommage à l’époque de Fats Domino.

Un hommage personnel et intime

Ce qui ressort de « Coquette », c’est le côté personnel que McCartney y apporte. Dans ses interviews, il n’a jamais caché son affection pour Fats Domino et l’impact que ce dernier a eu sur sa carrière. « C’était l’une de mes chansons préférées. J’ai toujours aimé cette chanson », confie-t-il. McCartney se souvient que, jeune, il écoutait les morceaux de Fats Domino et qu’il avait toujours eu l’intention d’interpréter « Coquette » un jour, que ce soit avec les Beatles ou en solo. Ce morceau, qui semblait échappé de ses mains pendant des années, trouve enfin sa place surRun Devil Run, un album qui lui permet de retrouver une part de sa jeunesse musicale.

Les paroles de « Coquette », légères mais évocatrices, capturent l’essence même du charme, de l’espièglerie et de la séduction. McCartney a toujours eu une grande affection pour ce genre de chansons, où les émotions sont exprimées avec simplicité et naturel, sans fioritures. « Hear me, why you been fooling, little Coquette » – les paroles sont chantées avec une touche de tendresse et de malice, ce qui les rend encore plus efficaces et agréables à écouter.

Une influence durable de Fats Domino sur McCartney

Fats Domino, l’un des pères fondateurs du rock’n’roll, a influencé une multitude d’artistes, et Paul McCartney n’a jamais été un secret pour personne dans ce domaine. La simplicité et le groove des compositions de Domino ont nourri l’imaginaire de McCartney, tout comme d’autres géants du rock et du rhythm and blues. La reprise de « Coquette » en 1999 s’inscrit dans un parcours où McCartney, tout en étant un créateur prolifique, n’a jamais cessé d’honorer ses influences, et de se nourrir de ce qui avait fait les grands classiques de la musique populaire.

En réinterprétant cette chanson, McCartney non seulement témoigne de son admiration pour Domino, mais il inscrit également sa propre carrière dans cette longue tradition du rock’n’roll, où l’interprétation des classiques de la musique populaire fait partie intégrante du processus créatif. La version de « Coquette » est donc une pierre supplémentaire dans l’édifice de l’héritage musical de McCartney, qui a toujours su allier hommage et innovation, tradition et modernité.

Un retour aux racines du rock’n’roll

Run Devil Runa été un album clé dans la carrière de McCartney. Non seulement il représente un retour aux sources pour l’artiste, mais il constitue aussi une réflexion sur l’héritage du rock’n’roll, un genre qui a façonné non seulement la musique de McCartney, mais aussi sa manière d’aborder la composition et l’interprétation. « Coquette » en est une illustration parfaite : simple, directe, et profondément respectueuse des racines du rock’n’roll. Cette reprise de Fats Domino est une déclaration d’amour à une époque musicale révolue, mais toujours vivante dans le cœur des artistes qui n’ont jamais cessé de s’en inspirer.

Aujourd’hui, « Coquette » reste un morceau important dans la discographie de McCartney, un clin d’œil à ses influences musicales et une preuve de son attachement à l’histoire du rock’n’roll. La simplicité et la fraîcheur de cette chanson rappellent que parfois, la beauté d’un morceau réside dans sa capacité à se maintenir au fil du temps, tout en conservant son charme originel. McCartney, en interprétant « Coquette », démontre une fois de plus sa maîtrise du rock, et sa capacité à rendre hommage aux géants qui ont façonné la musique de son époque.


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