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Zak Starkey : le batteur « retraité » de The Who remet les pendules à l’heure

Publié le 27 mai 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Zak Starkey, fils de Ringo Starr et batteur de The Who depuis 1996, clarifie sa situation avec le groupe après une annonce confuse de « retraite ». Entre blessures, projets personnels et tensions musicales, il affirme rester disponible pour l’avenir, fidèle à son style apaisé et élégant.


Lorsque votre père est Ringo Starr, l’un des batteurs les plus emblématiques de tous les temps, votre trajectoire musicale est forcément scrutée à la loupe. Mais Zak Starkey, fils unique du Beatles et de Maureen Cox, s’est toujours forgé sa propre voie, fidèle à une philosophie de discrétion et d’engagement musical. Pourtant, depuis quelques semaines, une tempête de « NOISE&CONFUSION!! » entoure sa relation avec The Who, groupe légendaire dont il est le batteur attitré depuis 1996. Une saga rock digne d’un opéra de Pete Townshend.

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Une séparation annoncée… puis annulée

Tout a commencé le 16 avril 2025. Dans un communiqué relayé par People, Starkey annonçait son départ de The Who, après 29 années de collaboration. Une décision motivée, selon lui, par un besoin de se concentrer sur sa famille, son autobiographie, et ses projets personnels, notamment avec son groupe psychédélique Mantra of the Cosmos. Il évoquait aussi une blessure récente au genou, bien qu’il ait précisé qu’elle n’affectait pas ses performances.

Mais à peine quelques jours plus tard, Pete Townshend contredisait cette annonce sur Instagram, laissant les fans dubitatifs. Avait-il vraiment quitté le groupe ? Était-ce une mésentente ? Une décision unilatérale ? Ou simplement une mauvaise communication typique de ces vieux couples rock’n’roll, habitués aux tensions créatives ?

Roger Daltrey apaise le tumulte : « Retraité », pas « viré »

Dans un message publié sur Instagram le 26 mai, Zak a tenu à mettre fin à cette cacophonie.

« Rog [Roger Daltrey] m’a dit que je n’avais pas été ‘viré’… mais ‘retraité’ pour me consacrer à mes projets », écrit-il avec humour et autodérision, fidèle à son style affable. « Je lui ai expliqué que j’avais passé près de huit semaines dans mon studio en Jamaïque pour finaliser ces projets. »

Une clarification qui semble avoir apaisé les tensions. Starkey assure que les deux hommes se sont quittés « bons amis, comme toujours », et il conclut son message par une citation de sa mère : « The mind boggles! » – l’esprit s’en étonne ! Un clin d’œil tendre à Maureen Starkey, disparue en 1994, mais toujours présente dans la mémoire de son fils.

Keith Moon, l’ombre tutélaire

Zak Starkey n’est pas un batteur anodin dans l’histoire de The Who. Il fut personnellement initié à la batterie par Keith Moon, figure aussi géniale que destructrice du groupe. Moon, qui était proche de Ringo, offrit à Zak sa première batterie lorsqu’il n’avait que huit ans. C’est dire si sa présence au sein de The Who relevait presque du destin.

Sa capacité à reproduire l’énergie explosive de Moon, tout en y apportant une précision plus maîtrisée, a largement contribué à maintenir l’âme du groupe en concert, surtout depuis leur résurrection scénique au milieu des années 90. Dans l’imaginaire des fans, il est bien plus qu’un musicien de session : il est un Who à part entière.

Des tensions sur scène ?

En filigrane de cette histoire, un détail publié par le Metro intrigue : Roger Daltrey aurait affirmé avoir du mal à entendre sa propre voix lors du concert à l’Albert Hall en mars, à cause du jeu de batterie. De là à penser que le style percussif de Zak devenait un obstacle pour le chanteur, il n’y a qu’un pas… que Pete Townshend a partiellement confirmé en déclarant que le groupe avait demandé à Zak de resserrer son style, notamment dans les formats sans orchestre.

Un euphémisme pour dire : moins de flamboyance, plus de contrôle.

Mais Starkey, dans une posture conciliante, a accepté la critique. Preuve que malgré l’agitation médiatique, les relations restent solides. C’est peut-être là la marque des vétérans : savoir naviguer les tempêtes avec calme, sans rancune ni grand drame.

Et maintenant ?

Zak Starkey reste un homme occupé. Outre Mantra of the Cosmos, qui prépare la sortie d’un single début juin, il semble prêt à continuer à jouer avec The Who — du moins si l’on en croit sa déclaration : « Je suis entièrement disponible pour l’avenir prévisible. »

Il n’est ni out, ni in, mais quelque part entre les deux, dans ce flou artistique propre aux rockers de légende. Comme l’a joliment résumé un fan dans les commentaires : « Very confusing. As long as you’re ok, that’s all that matters. »

Une leçon d’élégance

Dans un monde où les egos explosent souvent plus fort que les amplis Marshall, Zak Starkey fait figure de gentleman. Ni amertume, ni provocations. Juste de la musique, des projets, et un amour profond pour les hommes avec qui il partage la scène depuis près de trois décennies.

Et si les fans de The Beatles et de The Who peuvent parfois s’écharper sur les forums, une chose est sûre : Zak incarne ce pont entre deux empires du rock britannique, un héritage de sang et de sueur.

À 59 ans, il continue d’écrire son propre chapitre, à coups de baguettes et de beats syncopés, fidèle à l’esprit de Moon, de Starr, et de toutes les âmes qui vibrent au son de la grande épopée rock.


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