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Tom Hanks piégé par une rare affiche des Beatles : une bataille judiciaire inattendue

Publié le 28 mai 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Tom Hanks, fan inconditionnel des Beatles, s’est retrouvé au cœur d’un imbroglio juridique après que son épouse Rita Wilson ait tenté d’acheter une rare affiche de concert de 1962. L’absence de certification d’authenticité a entraîné des tensions avec le vendeur, Melissa Pearl, qui a exigé une somme supplémentaire. Face au conflit, Wilson a saisi la justice avant qu’un accord amiable ne soit trouvé. Cette affaire illustre les risques liés au marché des objets de collection Beatles et la passion intemporelle qu’inspire le groupe.


Depuis plusieurs décennies, l’horizon musical est profondément marqué par l’héritage des Beatles. Le groupe de Liverpool, qui s’est formé au tout début des années 1960, a laissé une empreinte indélébile sur la culture pop et rock. Le monde entier les connaît pour leurs mélodies inoubliables, leurs expérimentations novatrices en studio et leur ascension fulgurante. Il est donc naturel que nombre de leurs admirateurs, dont des célébrités, se montrent enclins à collectionner tout objet leur ayant appartenu ou évoquant leurs premières années de succès. Cette fièvre collectionneuse frappe même les plus grandes personnalités, à l’image de Tom Hanks, acteur hollywoodien à la filmographie foisonnante et fervent amoureux de l’univers Beatles.

Lorsque l’on évoque la passion d’un fan à l’égard de son groupe favori, on pense aussitôt à des souvenirs de concerts, à des vinyles originaux ou encore à des affiches promotionnelles datant de tournées mythiques. Mais on imagine plus difficilement un enchevêtrement juridique autour d’un tel objet. Pourtant, c’est exactement ce qui est arrivé à Tom Hanks et son épouse Rita Wilson. Au milieu des années 2000, ils se sont retrouvés, bien malgré eux, au cœur d’une bataille légale qui a tourné autour d’une rare affiche de 1962 mettant en vedette les Beatles alors qu’ils n’avaient pas encore acquis le statut de superstars internationales.

Au travers de cette histoire, on découvre non seulement la puissance du marché des souvenirs liés aux Beatles, mais aussi la manière dont l’engouement pour ces reliques peut pousser les amateurs à déployer des sommes considérables afin de mettre la main sur un trésor convoité. Dans le cas de Tom Hanks, la situation a pris une tournure rocambolesque, évoquant l’idée que l’on n’est jamais à l’abri d’un rebondissement inattendu lorsque l’on s’aventure dans le domaine lucratif et sensible des objets de collection.

Sommaire

  • Une passion musicale intemporelle
  • Un acteur de renom, fan inconditionnel des Fab Four
  • La quête d’un cadeau mémorable
  • Les premiers doutes et la spirale du conflit
  • Des enjeux financiers et symboliques
  • L’enlisement judiciaire et le poids médiatique
  • Le dénouement en demi-teinte
  • Le marché florissant des souvenirs des Beatles
  • Une empreinte culturelle qui traverse les âges
  • L’importance de la vigilance lors de transactions
  • Le regard critique porté sur la médiatisation
  • La persistance de la Beatlemania
  • A travers l’ombre et la lumière, le mythe Beatles demeure

Une passion musicale intemporelle

Les Beatles n’ont cessé de fasciner et d’inspirer des générations d’auditeurs. Dès 1962, le groupe entame son ascension au sein des clubs de Liverpool et de Hambourg, où l’on découvre la fougue de ces quatre garçons – John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr – prêts à bousculer les codes établis de la musique populaire. Les premières années, ponctuées de concerts interminables et de tournées exigeantes, bâtissent lentement la réputation de ces jeunes musiciens au style unique, entre pop, rock et rythmes empruntés à la musique noire américaine.

La consécration intervient véritablement en 1963 avec le succès retentissant de chansons comme “Please Please Me” et “She Loves You”, puis en 1964, lors de leur arrivée triomphale aux États-Unis. L’“invasion britannique” prend son envol, et les Beatles deviennent en quelques mois l’objet d’une admiration quasi hystérique, médiatisée par les plateaux de télévision et la presse mondiale. S’ensuit une poignée d’années où le groupe déchaîne les passions, chaque nouvelle tournée drainant des foules immenses et chaque album faisant figure d’événement culturel planétaire.

Si l’histoire officielle des Beatles s’est achevée en 1970, la popularité du groupe ne s’est jamais estompée. Bien au contraire, leur discographie continue d’inspirer musiciens et mélomanes, tandis que le marché du “collectible” Beatles croît sans relâche. Les premiers disques pressés, les exemplaires autographiés et les affiches ayant accompagné leurs tout premiers concerts suscitent aujourd’hui convoitise et fascination. Au fil du temps, on a vu de nombreux collectionneurs privés – qu’ils soient anonymes ou célèbres – investir des sommes considérables pour s’approprier un morceau d’histoire. C’est dans cet univers particulier que se situe l’anecdote mettant en scène Tom Hanks.

Un acteur de renom, fan inconditionnel des Fab Four

Tom Hanks, connu pour ses rôles marquants dans des films tels que “Forrest Gump”, “Philadelphia”, “Saving Private Ryan” ou encore “Catch Me If You Can”, n’a jamais fait mystère de sa passion pour le rock, et plus particulièrement pour les Beatles. Son engouement pour les Fab Four est tel qu’il s’en est directement inspiré lors de ses propres projets artistiques. En 1996, il réalise “That Thing You Do!”, un film qui raconte la naissance et l’ascension d’un groupe fictif de pop-rock dans l’Amérique des années 1960. De nombreuses scènes, tant par leur atmosphère que par la trajectoire du groupe qu’elles dépeignent, rappellent la frénésie entourant les Beatles à l’époque de leur explosion médiatique.

Les déclarations de l’acteur à propos des Beatles abondent. Il n’a pas hésité à affirmer qu’à ses yeux, aucun groupe n’avait surpassé la qualité, la modernité et la richesse mélodique que les Beatles avaient su mettre en avant durant leur carrière. Les chansons du groupe de Liverpool, de “Love Me Do” à “Let It Be”, en passant par “A Hard Day’s Night”, “Come Together” ou encore “Hey Jude”, incarnent pour Hanks la bande-son la plus marquante d’une époque révolue. Et cette admiration, loin de se limiter au domaine musical, s’étend aussi à la symbolique profonde de ces quatre musiciens qui ont redéfini la culture populaire mondiale.

Cela explique pourquoi sa femme, Rita Wilson, a voulu frapper un grand coup pour son anniversaire en 2008. Face à l’immense notoriété de son époux, qui peut s’offrir à peu près tout ce qui lui fait envie, elle a cherché un présent à la fois rare, évocateur et chargé d’histoire. C’est ainsi que son chemin a croisé celui d’une affiche Beatles de 1962 qui, selon la description fournie, semblait représenter un moment charnière de la carrière du groupe.

La quête d’un cadeau mémorable

Nous sommes en 2008. L’idée de Rita Wilson, en apparence simple, est pourtant audacieuse : offrir à son mari un authentique poster de concert datant d’une époque où les Beatles n’étaient encore qu’à l’aube de leur gloire. Il s’agissait là d’une pièce de collection convoitée, et l’on comprend aisément l’engouement que ressent toute personne s’aventurant sur le terrain de l’acquisition d’un tel objet. Les ventes aux enchères spécialisées dans le rock et la pop regorgent d’histoires insolites où les prix flambent, portés par l’enthousiasme d’acheteurs persuadés de mettre la main sur une parcelle de légende.

Dès le départ, le désir de Wilson se heurte à un premier constat : le montant envisagé pour l’achat est jugé disproportionné par la prestigieuse maison de ventes aux enchères Sotheby’s. Celle-ci aurait estimé le poster à une valeur inférieure aux 75 000 dollars demandés. Cependant, Rita Wilson, souhaitant offrir un cadeau exceptionnel, se montre prête à aller au-delà du prix suggéré, à condition d’avoir la certitude que l’objet est bien authentique et qu’aucun litige ne risque de surgir ultérieurement.

Pour préserver ses intérêts, Wilson demande à l’intermédiaire, l’art dealer Melissa Pearl, une certification d’authenticité et des garanties légales. Elle souhaite s’assurer que le poster est exempt de toute revendication potentielle de la part d’autres acheteurs ou d’anciens propriétaires, et exige un document notarié qui viendrait valider cette tranquillité d’esprit.

Les premiers doutes et la spirale du conflit

Ce qui n’aurait dû être qu’une formalité s’est transformé en cauchemar lorsque Melissa Pearl explique ne pas être en mesure de produire la certification demandée par Wilson. Les doutes commencent alors à se profiler. D’un côté, la somme élevée prévue pour cette transaction exige naturellement une certaine prudence. De l’autre, l’incapacité de Pearl à répondre aux exigences de Wilson jette un voile d’incertitude sur la nature véritable du poster.

Au moment où l’équipe de Wilson tente de clarifier la situation, la conversation avec Pearl prend une tournure pour le moins inattendue. Selon les dires de la partie de Wilson, l’intermédiaire se serait mise en colère et aurait exigé non seulement 75 000 dollars pour finaliser la vente, mais aussi 300 000 dollars de dédommagement pour la perte de temps occasionnée. Une demande jugée aberrante par Wilson, qui refuse catégoriquement de s’y soumettre.

Devant l’impasse, Rita Wilson n’a d’autre choix que de saisir la justice. En novembre 2008, elle dépose une plainte visant Melissa Pearl et Phil Cushway, qui est présenté comme le propriétaire du poster. L’objectif est clair : obtenir l’annulation de la vente, invoquant “une demande scandaleuse et dénuée de tout fondement” de la part de Pearl. Par la même occasion, Wilson réclame que Pearl et Cushway assument les frais de la procédure judiciaire engagée.

Des enjeux financiers et symboliques

Dans le monde du collectionnisme, la valeur d’un objet dépasse la simple estimation financière. Il y a aussi une forte dimension symbolique qui se joue. Acquérir un poster des Beatles datant de 1962, c’est s’offrir un morceau de mémoire, une trace matérielle de l’histoire du groupe alors qu’il était sur le point de conquérir le monde. Les collectionneurs chevronnés sont prêts à consentir de gros sacrifices pour agrandir leurs trésors.

Le prix de 75 000 dollars, s’il paraît déjà exorbitant, pourrait pourtant s’expliquer par la rareté de l’affiche et son état de conservation. Certaines pièces peuvent se vendre bien au-delà de ce montant si elles sont associées à un moment précis de la carrière des Beatles ou si elles comportent des signatures. On connaît des ventes aux enchères où les sommes atteignent des centaines de milliers de dollars pour des guitares ayant appartenu à George Harrison ou John Lennon, pour des manuscrits de paroles ou encore pour des disques originaux à l’édition rarissime.

Toutefois, l’élément perturbateur résidait dans l’exigence de Pearl réclamant une somme additionnelle de 300 000 dollars pour compenser le temps perdu. Cette somme, jugée extravagante par l’entourage de Wilson, a nourri la suspicion d’une tentative d’extorsion ou à tout le moins d’un abus de confiance, étant donné que l’acheteuse s’était montrée particulièrement conciliante jusqu’à ce point.

L’enlisement judiciaire et le poids médiatique

Dès le dépôt de la plainte, l’affaire ne tarde pas à attirer l’attention des médias et du public. Tom Hanks, star planétaire, se retrouve associé bien malgré lui à ce litige. Même s’il n’est pas la partie en conflit direct avec les marchands d’art, son nom apparaît dans les articles de presse, ce qui jette une lumière crue sur la mésaventure que traverse son épouse.

La procédure s’éternise. On se rend compte que, dans le marché de l’art, les mécanismes de garantie et d’authenticité sont essentiels pour éviter ce type de contentieux. Rita Wilson, souhaitant initialement seulement un gage de sécurité, s’est heurtée à l’impossibilité de produire un certificat ou une preuve notariée, ce qui a suscité une méfiance compréhensible. Dans un domaine où les faux et les répliques pullulent, et où certaines affiches ont pu être réimprimées ou retouchées pour simuler leur ancienneté, la prudence est plus que recommandée.

A l’approche de l’année 2009, l’affaire commence à peser, tant pour les vendeurs que pour Rita Wilson et Tom Hanks. Il est rare que l’on aille jusqu’au tribunal pour ce genre de transaction, car le marché de l’art et des souvenirs de rock se nourrit souvent d’ententes privées. Les grandes maisons de ventes, à l’instar de Sotheby’s ou Christie’s, préfèrent régler en amont les questions d’authenticité pour ne pas ternir leur réputation.

Le dénouement en demi-teinte

En juin 2009, à la veille du prochain anniversaire de Tom Hanks, un accord finit par voir le jour. Rita Wilson retire sa plainte, tandis qu’un communiqué officiel de son cabinet d’avocats, Lavely & Singer, annonce que “Le différend à propos d’une rare affiche de 1962 a été résolu à l’amiable… La plainte et toutes les allégations contre Pearl ont été retirées.”

Selon cette même source, tout serait parti d’un “malentendu concernant les conditions de vente”. Pearl, de son côté, aurait finalement fourni les preuves de vente provenant de Sotheby’s, ainsi que “d’autres attestations” validant l’authenticité et la provenance de l’affiche. Il semblerait que la confusion soit née de la volonté de Wilson d’obtenir des garanties supplémentaires, alors que le marchand estimait qu’il avait déjà fourni tout ce qui était nécessaire.

Néanmoins, il demeure une certaine opacité quant aux détails de l’accord. On ignore si un dédommagement a été versé, ou si le poster a finalement été acheté. Le communiqué de Lavely & Singer assure que Hanks et Wilson se sont dits “très satisfaits” des objets que Pearl leur a vendus au fil des ans, laissant ouverte la question de savoir si leur collaboration aurait perduré malgré l’épisode douloureux.

Le plus ironique dans cette affaire demeure que Tom Hanks, grand passionné des Beatles, n’a jamais pu accrocher dans son salon la fameuse affiche de 1962. Le projet initial de Rita Wilson, offrir un cadeau d’exception à son mari, s’est transformé en source de tracas juridiques et médiatiques. L’histoire veut que Hanks ait dû se contenter d’un présent moins prestigieux pour son anniversaire, même si, de son propre aveu, le simple fait de célébrer avec ses proches valait tous les posters du monde.

Le marché florissant des souvenirs des Beatles

Cet épisode illustre à quel point le marché des objets Beatles est un terrain miné et en même temps un espace où les passionnés peuvent trouver un bonheur inestimable. Qu’il s’agisse d’un autographe rare, d’un instrument de musique ayant appartenu à un membre du groupe ou d’une affiche de concert des débuts, chaque pièce se voit entourée d’un halo quasi mystique. Les collectionneurs dépensent souvent des sommes astronomiques pour acquérir ne serait-ce qu’un fragment de l’univers qui gravitait autour de John, Paul, George et Ringo.

Des experts en objets Beatles sillonnent le monde, cataloguent les pièces les plus recherchées, et mettent en garde contre les contrefaçons. Les premiers enregistrements des Beatles sont tellement emblématiques que même des cassettes promotionnelles d’époque peuvent se vendre à un prix élevé. Des photos inédites ou des correspondances personnelles peuvent atteindre des montants pharaoniques lors d’enchères.

Pourtant, la rareté n’est pas toujours synonyme d’authenticité, et même les professionnels les plus aguerris se font parfois surprendre. Les faux autographes, les affiches reproduites ou les signatures apposées a posteriori circulent sur le marché, rendant la traque de la vraie pièce encore plus excitante et plus risquée. L’anecdote impliquant Tom Hanks illustre de manière concrète la nécessité de faire appel à des experts reconnus pour valider chaque détail d’un achat.

Une empreinte culturelle qui traverse les âges

Les Beatles ne sont pas un simple groupe de rock éteint depuis les années 1970 ; ils sont une institution culturelle dont l’influence se propage sur plus de soixante ans de musique populaire. A l’époque où le quatuor était en activité, nul ne pouvait prédire l’ampleur qu’allait prendre leur notoriété. Leur discographie, jalonnée d’albums cultes (“Revolver”, “Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band”, “The Beatles”, aussi connu sous le nom d’“Album blanc”, ou encore “Abbey Road”), continue de résonner auprès de publics de tous âges.

Ces dernières décennies, nombre d’artistes contemporains ont revendiqué l’influence de Lennon et McCartney sur leur propre écriture. Des cérémonies d’hommage, des concerts célébrant l’anniversaire de la formation du groupe, des expositions présentant des souvenirs d’époque… tout concourt à maintenir vivant l’engouement autour des Beatles. La ville de Liverpool, pour sa part, a fait de la mémoire du groupe un pilier du tourisme local. Il n’est pas rare de croiser, dans cette cité portuaire anglaise, des fans arpentant Penny Lane ou visitant la légendaire Cavern Club à la recherche de l’âme vibrante d’une époque révolue.

Dans cet ordre d’idées, posséder un élément datant de 1962 – l’un des moments-clés où les Beatles passent des petites salles de concert à la gloire grandissante – permet d’inscrire sa collection dans une mythologie. Tom Hanks, passionné de musique et de mémoire rock, s’inscrit tout naturellement dans cette démarche d’exploration du passé. Son intention n’était pas seulement d’accumuler un objet, mais bien de s’approprier une pièce qui symbolisait les balbutiements d’une révolution musicale.

L’importance de la vigilance lors de transactions

L’histoire du poster de 1962 doit être lue comme un avertissement à la fois pour les fans et pour les professionnels. Dans un marché où l’enthousiasme peut faire grimper les prix, la rigueur et la transparence sont essentielles. L’incapacité d’un marchand à fournir les documents requis n’implique pas forcément qu’il s’agisse d’une escroquerie, mais elle doit alerter l’acheteur.

La plupart des transactions réussies se font dans un cadre clair : le vendeur s’engage à prouver l’authenticité de l’objet, l’acheteur fait appel à un expert pour vérifier la cohérence entre les informations fournies et l’état matériel de la pièce. Les maisons d’enchères réputées mettent tout en œuvre pour valider la provenance, surtout lorsqu’il s’agit de groupes mondialement célèbres comme les Beatles.

A cela s’ajoute le risque de contentieux juridiques qui peuvent s’éterniser si des désaccords surviennent. Les procédures légales, dans un pays comme les États-Unis, peuvent se révéler coûteuses et chronophages. Même pour des personnes fortunées comme Tom Hanks et Rita Wilson, l’exigence soudaine de 300 000 dollars supplémentaires peut paraître totalement déraisonnable et constituer un motif légitime pour entamer une action en justice.

Le regard critique porté sur la médiatisation

Lorsque les médias se saisissent d’un différend impliquant une star de l’envergure de Tom Hanks, l’affaire prend rapidement une dimension spectaculaire. Le public découvre alors des pans entiers du marché de l’art et du collectionnisme qu’il ne soupçonnait pas. Les informations fusent, parfois contradictoires, sur le contenu exact de la plainte ou sur l’éventuelle malhonnêteté de l’une ou l’autre des parties.

Dans ce tourbillon médiatique, on oublie parfois l’essentiel : la passion de départ et la volonté d’offrir un cadeau unique. Tom Hanks n’a jamais cherché à polémiquer. Bien au contraire, il s’est toujours montré discret quant à l’affaire. Nombre d’observateurs estiment que sa notoriété a pu attirer des convoitises. Pourtant, on ne peut exclure l’hypothèse d’un simple enchaînement d’incompréhensions mutuelles, aggravées par l’urgence de conclure la transaction pour un anniversaire.

A la fin, le fait que Rita Wilson ait retiré sa plainte laisse supposer qu’un compromis a été trouvé, et que les deux parties ont préféré éviter un long procès public. Malgré tout, le poster de 1962 ne trône pas dans la collection de Hanks. L’amertume demeure palpable, et l’on peut s’interroger sur la solidité future des relations commerciales entre le couple et l’intermédiaire.

La persistance de la Beatlemania

Même si les Fab Four ont cessé toute activité commune depuis des décennies, leur aura reste incroyablement forte. Les disques continuent de se vendre dans des éditions remastérisées ou sous de nouveaux formats audiophiles. Les chansons sont jouées, reprises, réarrangées. Les documentaires affluent, entre archives inestimables et témoignages. Les sites internet consacrés au groupe foisonnent et analysent chaque recoin de leur production musicale.

Dans ce contexte, l’histoire de Tom Hanks n’est pas un cas isolé. On recense bien d’autres batailles légales liées à des souvenirs Beatles, comme des lettres authentiques, des guitares soi-disant utilisées pendant l’enregistrement de tel ou tel album, ou même des morceaux de mobilier du célèbre studio Abbey Road. Le marché attire autant les vrais passionnés que les spéculateurs opportunistes.

Pour Tom Hanks, la leçon est sans doute amère, lui qui, loin des plateaux de tournage, cherchait simplement à nourrir sa passion de jeunesse. Mais cet incident n’a certainement pas entamé son admiration pour le groupe. Dans ses interviews, il continue de chanter les louanges de la musique des Beatles et de souligner leur rôle de précurseurs, de même que l’immense talent d’écriture de Lennon et McCartney.

A travers l’ombre et la lumière, le mythe Beatles demeure

Pour conclure ce voyage au cœur d’une transaction rocambolesque, on se rend compte que l’affection presque sacrée que portent certaines célébrités aux Beatles constitue un phénomène en soi. Depuis plus d’un demi-siècle, leur répertoire continue de résonner dans l’imaginaire collectif, qu’il s’agisse de “Yesterday”, l’une des chansons les plus reprises de l’histoire, ou de morceaux psychédéliques comme “Strawberry Fields Forever”.

Les fans sont prêts à tout pour se procurer un souvenir palpable de cet âge d’or : un ticket de concert écorné, un vêtement porté par un des musiciens, une photo signée, ou la fameuse affiche d’un concert des débuts. Tom Hanks n’échappe pas à la règle : en tant que collectionneur passionné, il voulait honorer ses idoles et partager avec sa femme la joie de posséder un fragment d’histoire.

Rita Wilson, quant à elle, a montré toute la détermination d’une épouse souhaitant faire plaisir à son mari, en ignorant parfois les mises en garde de la prestigieuse maison Sotheby’s. Elle s’est heurtée au monde compliqué des transactions d’objets rares, où les intermédiaires peuvent se montrer aussi exigeants que volatils, et où la moindre incompréhension peut faire dégénérer une simple acquisition en imbroglio judiciaire de plusieurs mois.

L’accord final, même s’il a permis d’éviter un procès long et médiatisé, n’a pas totalement effacé la déception : Hanks n’a pas obtenu son trésor tant convoité. Il lui reste toutefois la certitude de ne pas s’être fait entraîner dans une situation contractuelle hasardeuse. Parfois, il vaut mieux renoncer à un objet rare plutôt que de risquer une interminable querelle juridique.

Ce que cette affaire souligne avant tout, c’est la durabilité de la Beatlemania. Les époques passent, les modes se renouvellent, mais les Beatles demeurent une référence absolue. Et tant qu’existeront des collectionneurs prêts à payer le prix fort pour s’approprier une pièce de leur légende, il existera aussi des risques de dérapages, de litiges et de tensions.

Le nom des Beatles, depuis plus d’un demi-siècle, suscite toujours la même passion viscérale chez les mélomanes, qui voient en leur musique un inaltérable symbole de liberté et d’innovation. Tom Hanks en est un exemple éloquent : lui qui a voulu partager l’esprit des années 1960 à travers son film “That Thing You Do!” s’est retrouvé, quelques années plus tard, enlisé dans une affaire où cette flamme nostalgique a été brusquement contrariée.

Toutefois, à la lumière de ce récit, on ne peut douter un instant que la passion du couple pour les Beatles soit restée intacte. Les tensions, les malentendus et les poursuites ne sauraient ébranler l’affection que porte Tom Hanks à la musique qui a bercé sa jeunesse. Ce fan invétéré continuera sans nul doute à collectionner, à s’émerveiller, et à rêver devant tout objet qui pourrait lui rappeler à quel point la révolution musicale et culturelle initiée par John, Paul, George et Ringo est demeurée sans équivalent.

En définitive, la mésaventure de Tom Hanks nous rappelle que, dans le monde des reliques Beatles, l’authenticité et la confiance mutuelle sont des composantes vitales pour mener une transaction à bien. La vente d’une simple affiche, pourtant porteuse d’un immense capital affectif, peut glisser vers l’impasse la plus inextricable dès lors que surviennent les doutes. Et si l’on peut regretter que Hanks n’ait jamais pu accrocher ce poster légendaire dans son bureau, on se console en pensant que son amour pour la musique du groupe de Liverpool demeure vivant et sincère, se nourrissant surtout des mélodies éternelles plutôt que des objets matériels.

Ainsi, l’histoire retiendra que même un “multi-gazillionaire” ne peut pas toujours obtenir l’objet de ses rêves quand le marché de la collection se heurte à des incompréhensions et des exigences surprenantes. Mais la vraie richesse de Tom Hanks, en tant que passionné de la première heure, dépasse largement le cadre d’un simple poster. Elle se trouve dans cette joie immuable d’écouter et de réécouter les chansons des Beatles, de transmettre cette admiration à de nouvelles générations, et de perpétuer l’héritage inaltérable des quatre garçons de Liverpool.


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