Quentin Dupieux est un réalisateur (français, né en 1974) dont on parle beaucoup ces dernières années et sur lequel les opinions sont en général très tranchées. Jusqu’à présent, je restais méfiante mais certaines chroniques élogieuses de Prince Écran Noir (son article ici !) m’ont convaincue d’acheter un DVD – et pourquoi pas celui de Yannick, qui colle bien avec le Printemps des artistes !
En effet, le film se déroule entièrement dans un théâtre, et presque tout le temps dans la salle de spectacle, entre la scène où se produisent les trois acteurs et les spectateurs venus assister à un mauvais vaudeville intitulé « Le Cocu« .
Note pratique sur le film
Nationalité : française
Date de sortie en salles : 2 août 2023
Couleur
Distribution : Raphaël Quenard (Yannick), Blanche Gardin (Sophie Denis), Pio Marmai (Paul Rivière)
Durée : 1h04
Quatrième de Couverture du DVD
En pleine représentation de la pièce « Le Cocu », un très mauvais boulevard, Yannick se lève et interrompt le spectacle pour reprendre la soirée en main…
Mon avis
Ce film pose quelques questions pertinentes sur les relations entre l’œuvre d’art (ou prétendue telle) et celui qui est supposé la recevoir et, éventuellement, en penser quelque chose. Dans nos sociétés très policées, le spectateur est censé rester bien sagement à sa place, se taire et garder ses réflexions critiques ou son mécontentement pour des conversations privées, après le spectacle. Dupieux imagine ici ce qui pourrait se passer si cette convention sociale (que le spectateur reste passif et silencieux) était brusquement cassée. Cette idée de départ est assez intéressante et séduisante, il faut le reconnaître. Ca m’a fait penser au 19e siècle, où les représentations théâtrales étaient beaucoup plus tumultueuses que de nos jours, avec de véritables scandales et des pièces qui n’étaient plus rejouées ensuite.
Une fois que cette situation de départ est posée, j’ai eu l’impression que ça s’essoufflait et la brièveté du film (une petite heure) tend à montrer que les idées n’étaient pas si nombreuses.
Certains moments peuvent nous mettre très mal à l’aise ou friser le mauvais goût.
Si le personnage de Yannick commence par être plutôt sympathique, il devient vite inquiétant, voire carrément insupportable – pour ne pas dire cauchemardesque ! – au fil du temps. Raphaël Quenard m’a paru avoir un charisme formidable et il incarne complètement ce héros ambigu, toujours sur la ligne de crête, entre candeur et perversité.
J’ai trouvé dans ce film une bonne dose de démagogie, avec l’idée qu’un spectateur sorti de nulle part et sans éducation, pourrait écrire en quelques minutes une saynète aussi amusante et inventive qu’une pièce de théâtre officielle et reconnue (fût-elle du « mauvais boulevard »). On n’y croit pas vraiment, me semble-t-il.
Un film qui ne m’a pas franchement plu ! Mais il faut reconnaître qu’il n’est pas anodin : même quinze jours ou trois semaines après le visionnage on s’en souvient très bien. Un signe que l’acteur principal est exceptionnel.
**
