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McCartney : Quand la mort se fait adieu en poésie

Publié le 07 juin 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Dans ‘The End Of The End’, Paul McCartney livre une méditation intime sur la mort, teintée d’humour et d’acceptation. Enregistrée aux studios Abbey Road, cette ballade au piano et aux cordes discrètes offre une approche irlandaise des adieux, où la fin devient moment de grâce et de souvenir. L’ex-Beatle, en partageant anecdotes et sensibilité, transforme l’adieu en célébration de la vie, révélant son talent de conteur et sa capacité à aborder des thèmes universels avec une profondeur émouvante. Ce texte, à la fois poignant et lumineux, invite à une méditation sur la vie et sincere


Parmi les nombreuses compositions introspectives de Paul McCartney, « The End Of The End » occupe une place à part. Issue de son quatorzième album solo,Memory Almost Full, sorti en 2007, cette chanson résonne comme un testament musical empreint de sérénité et d’acceptation face à la mort.

Sommaire

Une approche irlandaise de la fin

Composée et enregistrée en février 2004 aux mythiques studios Abbey Road, cette ballade au piano se distingue par son ton à la fois poignant et lumineux. McCartney y aborde la mort non pas sous un angle tragique, mais avec une douceur et un humour propre à la tradition irlandaise des veillées funèbres.

Dans une interview, il confie avoir été marqué par une phrase prononcée par une Irlandaise lui souhaitant « une belle mort », une formule qui, après une réflexion, lui a semblé être une bénédiction plutôt qu’un funeste présage. De cette idée naît une chanson empreinte d’une légèreté paradoxale, où l’on retrouve une volonté d’aborder la fin de vie avec le sourire, en racontant des anecdotes et en riant plutôt qu’en se lamentant.

Une composition sobre et intime

Musicalement, « The End Of The End » repose sur une mélodie épurée, soutenue par un piano surnommé « Mrs Mills », un instrument mythique d’Abbey Road au son particulier. McCartney enregistre la chanson en jouant et chantant simultanément, abandonnant même son casque audio en cours de session pour retrouver une proximité plus naturelle avec la musique.

Le producteur David Kahne se souvient de ce moment comme d’un tournant dans l’enregistrement : « Il a réalisé qu’il n’avait pas besoin d’être isolé par des écouteurs, et soudain, l’interprétation a pris une autre dimension, plus organique, plus vivante. »

En plus du piano, des cordes discrètes viennent envelopper la voix de McCartney, renforçant l’aspect contemplatif de la chanson. Le chant est d’une fragilité touchante, sans effets superflus, permettant à l’émotion brute de s’exprimer pleinement.

Une réflexion sur l’héritage et la postérité

« The End Of The End » n’est pas une simple chanson sur la mort. C’est avant tout un regard porté sur la manière dont on aimerait être mémorisé. McCartney y évoque le désir d’un adieu joyeux, rempli d’histoires et de musique, plutôt qu’un moment de tristesse absolue. Cette approche trouve un écho particulier dans sa carrière, lui qui a toujours su mélanger mélancolie et espoir dans ses compositions.

Dans une interview àClash Magazineen 2007, il déclare : « Ce nouvel album est honnête. Ce n’est pas que je voulais être malhonnête auparavant, mais cette fois, c’est venu comme ça. Composer une chanson sur la mort, c’est une forme de vérité, de sincérité. »

Ce souci d’honnêteté transparaît également dans la réception de la chanson par sa famille. McCartney raconte que ses proches ont été émus en l’écoutant, car ils entendaient « papa » parler de sa propre fin, avec une tendresse et une acceptation troublantes.

Une page de plus dans l’héritage McCartney

« The End Of The End » est une pièce rare dans le répertoire de McCartney, une chanson qui aurait pu trouver sa place dans un album de Leonard Cohen ou de Johnny Cash tant elle résonne avec une profondeur existentielle. Elle offre une réflexion apaisée sur un sujet souvent tabou, preuve que, même après des décennies de carrière, Paul McCartney continue d’explorer des thèmes universels avec une justesse et une sensibilité qui forcent le respect.

Cette chanson, bien que ne figurant pas parmi ses plus grands succès commerciaux, demeure un joyau caché de son œuvre. Elle rappelle que McCartney, bien plus qu’une icône pop, est avant tout un conteur d’histoires, un artisan de la mélodie et un poète du quotidien. Si un jour l’histoire doit retenir un épilogue musical à son immense carrière, « The End Of The End » s’imposerait naturellement comme une poignante coda.


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