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Ringo Starr, 84 ans et toujours rock : la légende continue !

Publié le 11 juin 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

À 84 ans, Ringo Starr prouve que la passion ne s’éteint jamais. De son enfance difficile à son succès avec les Beatles, en passant par une carrière solo riche, il incarne résilience et joie. Toujours actif, son dernier album Look Up confirme une vitalité artistique rare.


Ringo Starr, de son vrai nom Richard Starkey, fait partie de ces rares artistes dont le nom évoque instantanément une époque, un son, une révolution culturelle. Bien plus qu’un simple batteur, il est devenu, au fil des décennies, un symbole de longévité, de résilience et d’authenticité dans un univers musical souvent impitoyable. Aujourd’hui, à 84 ans, il incarne à lui seul un pan entier de l’histoire du rock, et sa récente actualité — notamment la sortie de son album Look Up — rappelle à tous que l’âge n’est pas un frein à la création.

Dans le panthéon des Beatles, son rôle a souvent été sous-estimé, parfois moqué à ses débuts, mais jamais effacé. Et si John, Paul et George ont très vite attiré les projecteurs, c’est bien Ringo qui a su leur offrir un socle rythmique aussi fiable que discret, une présence bonhomme qui a su fédérer, détendre, parfois calmer les tensions. Une figure attachante, essentielle.

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Une enfance entravée par la maladie, mais guidée par la musique

Né à Liverpool en 1940, dans un contexte social modeste, Ringo connaît une enfance difficile. Fils unique élevé par une mère courageuse après un divorce précoce — chose rare dans l’Angleterre des années 1940 — il souffre dès son plus jeune âge de multiples problèmes de santé. À six ans, une péritonite aiguë le plonge dans le coma. À treize ans, une pleurésie le cloue au lit pendant plus d’un an. Sa scolarité, épisodique, est interrompue par ces longues hospitalisations. Il en ressortira presque analphabète, mais avec une volonté farouche de vivre et une attirance grandissante pour la musique.

C’est durant ses convalescences que Ringo découvre le pouvoir cathartique du rythme. La batterie devient son langage, son refuge. À l’adolescence, il bricole des percussions de fortune. À l’âge adulte, il évite le service militaire en se lançant dans de petits boulots, tout en intégrant des groupes de skiffle, une musique populaire inspirée du folk et du blues américain. Il rejoint notamment Rory Storm and The Hurricanes, un groupe avec lequel il gagne en notoriété. C’est là que naît « Ringo Starr », pseudonyme inspiré de ses multiples bagues, une touche de style déjà affirmée.

L’irruption dans le mythe : des Beatles à l’éternité

Lorsque Ringo rejoint officiellement les Beatles en août 1962, en remplacement de Pete Best, l’accueil du public n’est pas immédiat. Les fans de la première heure réclament « leur » batteur, et même Paul, George et John doivent encore intégrer ce nouveau membre. Mais très vite, la magie opère.

George Harrison, plus discret mais profondément loyal, est celui qui tend la main le plus naturellement à Ringo. Les liens se tissent, les tensions s’apaisent, et le quatuor se forme définitivement. Ringo devient un Beatle à part entière. Et ce qui frappe alors, c’est son style. Non pas une virtuosité débridée à la Keith Moon, mais une approche musicale fondée sur l’intuition, la précision et le groove. Il joue pour la chanson, et non pour lui-même. Cette humilité, conjuguée à une présence scénique sympathique, fait de lui un pilier indispensable.

Avec les Beatles, il enregistre douze albums, chante sur des titres aussi emblématiques que Yellow Submarine ou With a Little Help from My Friends, et devient une icône pop malgré lui. Ses solos sont rares, mais marquants. Son jeu sur Rain ou Come Together demeure encore aujourd’hui étudié et admiré. Des batteurs de renom comme Phil Collins, Dave Grohl ou encore Charlie Watts ne cesseront de louer son style « simple mais impossible à reproduire ».

L’après-Beatles : entre lumière et tempêtes

La séparation des Beatles en 1970 marque la fin d’une ère, mais aussi le début d’un nouveau chapitre pour Ringo. Contrairement à Lennon ou McCartney, il ne cherche pas à révolutionner la musique, mais à y trouver sa place, avec sincérité et décontraction.

Son premier grand succès post-Beatles survient avec Ringo (1973), un album qui réunit tous ses anciens camarades de groupe, chacun à un moment ou un autre, sans jamais jouer ensemble. Le disque est bien accueilli, et contient notamment Photograph, coécrit avec George Harrison, qui devient un hit mondial.

Mais les années 1980 sont moins clémentes. Ringo sombre dans l’alcool, lutte contre des addictions, perd de sa visibilité. Sa carrière musicale ralentit, et ses apparitions au cinéma — dans des films comme Caveman ou Candy — ne parviennent pas à convaincre. Pourtant, derrière cette descente se cache une volonté de renaissance.

La résilience, une seconde nature

Dès les années 1990, Ringo amorce un retour discret mais solide. Il forme le Ringo Starr & His All-Starr Band, un concept de tournées avec des musiciens célèbres issus de divers horizons (Joe Walsh, Todd Rundgren, Sheila E., etc.), où chacun interprète ses classiques dans un esprit de camaraderie musicale. Ce projet, loin de la prétention, ravive l’intérêt du public et permet à Ringo de renouer avec la scène dans des conditions idéales.

Sobre depuis plusieurs décennies, devenu végétarien, adepte de la méditation transcendantale, il mène désormais une vie zen, aux antipodes des excès de ses jeunes années. Son mariage avec Barbara Bach, ancienne James Bond Girl, contribue aussi à son équilibre. Leur union, solide depuis plus de quarante ans, est un exemple rare dans le monde du show-business.

Une œuvre toujours en mouvement

À 84 ans, alors que la plupart des artistes de sa génération ont raccroché les gants ou se contentent de rééditions nostalgiques, Ringo surprend avec Look Up, un nouvel album qui illustre bien son éternel optimisme. Fidèle à lui-même, il y insuffle cette légèreté, cette joie presque enfantine, qui fait de lui une figure toujours actuelle. La musique, pour lui, reste un acte de bonheur.

L’année précédente, en 2024, il avait retrouvé Paul McCartney sur scène. Un moment émouvant, presque irréel, qui a fait vibrer des millions de fans. Ces retrouvailles rappellent que l’esprit des Beatles demeure intact. La complicité entre Paul et Ringo, les deux derniers survivants du quatuor magique, agit comme un baume sur la nostalgie collective.

Un héritage reconnu au plus haut niveau

Les distinctions ne manquent pas pour celui que la reine Elizabeth II a décoré en 1965, avant qu’il ne reçoive en 2018 le titre de « Sir » Richard Starkey, des mains du prince William. La France l’a également honoré en 2013 en le nommant commandeur des Arts et des Lettres.

À Hollywood, son étoile brille depuis 2010 sur le célèbre Walk of Fame. Mais Ringo ne se laisse pas enfermer dans la vitrine du passé. Il sait qu’il est un monument vivant, mais refuse d’être un musée. Il veut jouer, créer, expérimenter. La musique country, notamment, continue de l’inspirer.

Père de trois enfants, dont Zak Starkey — batteur accompli ayant notamment joué avec Oasis et The Who — Ringo voit la musique se prolonger dans sa descendance. Il est également grand-père huit fois. Un clan uni, discret, loin des frasques people.

Ringo, le lien qui unit

Il serait tentant de réduire Ringo Starr à son image souriante derrière ses fûts de batterie, chantant Octopus’s Garden avec une voix douce et presque naïve. Mais ce serait oublier l’essentiel : sa capacité à incarner l’unité. Au sein des Beatles, il a toujours été le point d’équilibre, celui qui fédère, qui évite les ruptures. Aujourd’hui encore, il est celui qui réconcilie, qui relie passé et présent, qui nous rappelle que la musique peut être à la fois profonde et légère.

Dans une époque saturée de cynisme, où le vintage est souvent instrumentalisé à des fins commerciales, Ringo incarne une mémoire vivante, mais aussi une vision d’avenir. Car son message, inlassablement répété depuis des décennies — « Peace and Love » — n’a rien perdu de sa force.

Une étoile qui ne pâlit pas

Alors que les années passent, que les idoles disparaissent, Ringo Starr reste. Infatigable, bienveillant, sincère. Il est de ceux qui ont vu le monde changer, mais qui n’ont jamais trahi ce qu’ils étaient. Un survivant, oui, mais surtout un créateur, un artisan du rythme et de l’émotion.

Et s’il continue de monter sur scène, de sortir des disques, de tendre la main à ses pairs, ce n’est pas par nostalgie, mais par foi en la musique. À 84 ans, il ne nous dit pas au revoir. Il nous dit encore, et toujours : Look Up.


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