Avant les Beatles, John Lennon exprimait déjà une créativité éclatante avec son journal satirique « The Daily Howl », créé à seulement quinze ans. Ce recueil humoristique dévoilait un univers surréaliste, absurde et poétique, annonçant les chefs-d’œuvre psychédéliques futurs des Beatles. Reconnu dès sa jeunesse, Lennon démontrait ainsi précocement l’étendue de son génie artistique, préfigurant le révolutionnaire musical qu’il allait devenir.
Dans le paysage musical, certaines figures emblématiques semblent surgir d’un néant artistique pour devenir des légendes. Pourtant, la créativité des grands génies, tels John Lennon, prend racine très tôt, manifestant dès l’enfance une force visionnaire remarquable. Avant même que les Beatles ne bouleversent l’univers musical, Lennon cultivait déjà une créativité débordante et polymorphe. Parmi ses premières expérimentations artistiques, le journal satirique The Daily Howl occupe une place singulière, véritable préfiguration de son génie à venir.
Sommaire
- L’émergence précoce d’une créativité débordante
- Une fantaisie satirique aux accents psychédéliques
- Une poésie entre absurde et rêve éveillé
- Un trésor pour les collectionneurs et les passionnés
L’émergence précoce d’une créativité débordante
C’est à Woolton, au 251 Menlove Avenue à Liverpool, que John Lennon imagine pour la première fois son propre journal, The Daily Howl, alors qu’il n’est âgé que de quinze ans. L’année 1955 marque donc un jalon discret mais crucial dans le développement artistique de ce futur icône du rock. Chaque soir, dans la tranquillité de sa chambre, Lennon rédige, dessine et imagine toutes sortes de contenus décalés qu’il présente fièrement le lendemain à ses camarades d’école.
Le journal est bien plus qu’un passe-temps adolescent ; il révèle déjà la richesse d’une imagination bouillonnante, teintée d’un humour particulièrement absurde qui préfigure certaines caractéristiques de l’humour britannique des années 1960, notamment celle du Goon Show, un spectacle radiophonique très populaire à l’époque. Lennon lui-même reconnaîtra plus tard cette influence marquante : « J’écrivais cela le soir, puis je l’apportais à l’école pour le lire à mes amis. Quand je le regarde aujourd’hui, cela semble étrangement similaire au Goon Show ! Même le titre comportait ‘hautement estimé’ devant lui ! »
Une fantaisie satirique aux accents psychédéliques
Ce qui frappe immédiatement dans les exemplaires du Daily Howl, c’est la nature surréaliste et absurde des histoires, des dessins et des poèmes. L’univers du jeune Lennon, foisonnant de créatures extravagantes et de situations insolites, aurait pu être celui d’un artiste sous l’effet de substances psychotropes, bien avant que les Beatles ne découvrent officiellement les effets du LSD. On y retrouve par exemple des bébés géants habillés en hommes, des pancakes volants, ou encore un intérêt curieux et répétitif pour Wigan Pier, endroit souvent évoqué, notamment dans une histoire intitulée A Carrot in a Potato Mine (« Une carotte dans une mine de pommes de terre »).
Cette exubérance témoigne déjà d’un esprit profondément satirique, capable d’associer humour absurde, jeux de mots ingénieux et réflexions subversives sur son époque. Une météo fictive annonçait ainsi : « Demain sera Muggy, suivi par Tuggy, Wuggy et Thuggy ». Cette capacité à détourner et à déconstruire la réalité par un humour décalé restera l’une des marques distinctives du futur Beatles.
Une poésie entre absurde et rêve éveillé
Le jeune Lennon ne se contente pas de dessins et de récits humoristiques ; il élabore également des poèmes marqués par un goût pour l’absurde et le non-sens. Parmi ceux-ci, The Land of Lunapots, directement inspiré du fameux Jabberwocky de Lewis Carroll, trouve même sa place dans un véritable journal local de Liverpool. Cette reconnaissance précoce est fondamentale, offrant à Lennon un avant-goût d’une notoriété qu’il recherchera par la suite avec avidité.
Ce poème en particulier, marqué par une liberté lexicale totale, annonce étrangement certaines chansons psychédéliques qui feront la renommée des Beatles, notamment l’incontournable Lucy in the Sky with Diamonds. Cette connexion profonde entre ses créations juvéniles et ses futurs chefs-d’œuvre musicaux démontre la cohérence surprenante du parcours artistique de Lennon.
Un trésor pour les collectionneurs et les passionnés
Malgré la brièveté de cette aventure journalistique, The Daily Howl demeure un document précieux, fascinant pour tous les passionnés de Lennon et des Beatles. En 1988, un exemplaire original du journal s’est vendu aux enchères pour la somme significative de 12 000 livres sterling, témoignant de l’intérêt durable et profond que suscite ce fragment de jeunesse de Lennon.
Ce journal, bien au-delà d’une simple curiosité biographique, révèle une vérité essentielle : le génie artistique ne surgit jamais du néant, mais se façonne lentement, au gré d’expériences, d’essais et d’imagination débordante. John Lennon, avec The Daily Howl, faisait ses premières armes en tant qu’artiste, préfigurant ainsi toutes les innovations musicales et culturelles qu’il offrirait par la suite au monde entier. Qui sait ce que Lennon aurait pu devenir s’il avait persévéré dans cette voie journalistique ? Peut-être un grand satiriste, mais l’histoire en aura décidé autrement, pour le plus grand bonheur des amateurs de musique.
