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« Broomstick » : Le trésor caché de Paul McCartney et Steve Miller

Publié le 17 juin 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

« Broomstick » est un b-side issu des sessions de Flaming Pie en 1995, né d’une jam spontanée entre Paul McCartney et Steve Miller. Improvisé dans un studio de l’Idaho, ce morceau capture la liberté créative de McCartney et son goût pour l’expérimentation. Plus tard peaufiné en studio, « Broomstick » reste une pépite méconnue qui reflète l’esprit de Flaming Pie, mêlant tradition et modernité.


Lors de la sortie deFlaming Pieen 1997, un album qui marque la rencontre entre la mélodie classique de Paul McCartney et une touche de modernité, l’une des chansons les plus intrigantes de cet album n’est pas un morceau principal, mais un b-side : « Broomstick ». Ce titre, à la fois débridé et inspiré, incarne la magie des moments de jam impromptus et témoigne d’une époque où McCartney, après plusieurs décennies de carrière, continuait à explorer de nouveaux horizons musicaux. Bien que non inclus dans l’album principal, « Broomstick » reste un parfait exemple de la manière dont la créativité de McCartney, en collaboration avec des musiciens de son époque, se nourrit d’improvisation et d’expérimentation.

Sommaire

Une création spontanée : du jam à la composition

« Broomstick » voit le jour lors d’une session de jam en février 1995, dans le studio de Steve Miller situé dans l’Idaho. Ce morceau est né sans plan précis ni intention de produire un titre commercial. Dans une interview où il revient sur cette expérience, Steve Miller explique que la création de la chanson était entièrement intuitive. « On a juste improvisé. Je lui ai dit : ‘Voici un petit rythme’, puis il a commencé à jouer de la batterie, et ensuite il a commencé à chanter. Nous ne savions même pas ce que nous faisions, on était juste en train de jammer sans se poser de questions. » Cette spontanéité fait écho à l’esprit de liberté qui caractérisait de nombreuses sessions d’enregistrement des Beatles et, par extension, celles de McCartney à l’époque deFlaming Pie.

La véritable essence de « Broomstick » réside dans cette absence de contrainte. McCartney, en tant qu’artiste à l’imagination débordante, est capable de capturer l’instant et de le transformer en musique. Steve Miller, qui était là pour accompagner McCartney tout au long de cette période créative, rappelle la simplicité de cette session, qui a vu naître une chanson qui, au final, se distingue des autres titres plus formels de McCartney par sa nature brute et sans fard. « C’était étrange, c’était une sorte de vol de fantaisie, mais une des choses que Paul a, c’est une imagination incroyable. Quand quelqu’un se pose là et sort une chanson comme ça, tu te dis : ‘Wow, d’où est-ce que ça vient ?’ »

L’enregistrement : de l’improvisation au studio

Si « Broomstick » a été créée sur un coup de tête, sa version finale, bien plus structurée, prend forme un peu plus tard, lors des sessions d’enregistrement deFlaming Pieen mai 1995. C’est dans le studio personnel de McCartney, Hog Hill Mill, qu’il enregistre la version définitive du morceau. En compagnie de Steve Miller, McCartney donne à « Broomstick » sa forme finale en intégrant plusieurs instruments, notamment des guitares acoustiques et électriques, de la batterie, des percussions, ainsi que des effets sonores. Le tout créant une atmosphère hypnotique qui transporte l’auditeur dans un univers sonore à la fois simple et envoûtant.

L’enregistrement se déroule durant deux semaines intensives, alors que McCartney et Miller expérimentent de nouvelles textures et couches sonores. Le résultat final de « Broomstick » est une composition qui, tout en restant fidèle à l’esprit originel de la jam session, bénéficie de l’expérience et du savoir-faire de McCartney en tant que producteur et compositeur. Ce morceau, tout comme d’autres titres deFlaming Pie, se veut un hommage aux racines musicales de McCartney, tout en offrant une perspective moderne de sa créativité.

Le rôle de Steve Miller : un partenariat créatif

L’implication de Steve Miller dans l’élaboration de « Broomstick » est cruciale. Guitariste talentueux et leader du Steve Miller Band, Miller a partagé avec McCartney une amitié musicale qui remonte à plusieurs années. Leurs sessions de jam ont non seulement nourri la création de ce morceau mais aussi marqué l’époque où McCartney, après sa période plus introspective des années 80 et 90, commençait à renouer avec un certain esprit d’aventure musicale. Le partenariat entre McCartney et Miller a permis de redécouvrir une certaine légèreté dans la musique de McCartney, un aspect de son travail qui était parfois mis de côté au profit de productions plus sophistiquées.

Dans « Broomstick », Miller et McCartney réussissent à fusionner leurs styles respectifs pour donner naissance à une chanson unique. Miller, avec sa guitare acoustique et électrique, ajoute une dimension rythmique et mélodique qui complète parfaitement les lignes de basse et les percussions de McCartney. L’alchimie entre les deux musiciens crée une dynamique énergique qui fait de « Broomstick » un moment fort de l’albumFlaming Pie, même s’il ne fait pas partie des titres principaux. En tant que b-side, la chanson a néanmoins trouvé sa place dans le cœur des fans de McCartney, offrant un aperçu précieux du processus créatif qui sous-tend certaines de ses œuvres les plus emblématiques.

« Broomstick » etFlaming Pie: une époque de renouveau

La sortie deFlaming Pieen 1997 représente un tournant dans la carrière de McCartney. Après avoir traversé les années 80 et 90 marquées par des projets parfois inégaux et un retour à des sonorités plus classiques, McCartney retrouve une certaine fraîcheur créative avecFlaming Pie. L’album incarne un mariage réussi entre tradition et modernité, entre ses racines dans le rock et l’expérimentation de nouvelles formes musicales.

« Broomstick », dans ce contexte, prend toute sa dimension. En étant un b-side, elle n’a pas reçu l’attention qu’elle mérite par rapport aux autres titres deFlaming Pie, mais elle incarne parfaitement l’esprit de liberté et de recherche musicale de cette époque. Le morceau est en quelque sorte une représentation de l’artiste McCartney dans ses moments les plus spontanés et créatifs, loin des pressions des attentes commerciales. Il est la preuve que, même après plus de trois décennies de carrière, McCartney reste capable de surprendre, de se réinventer et de produire des morceaux authentiques et pleins de vie.

Une chanson de l’intime : la simplicité au service de l’émotion

Ce qui rend « Broomstick » particulièrement attachante, c’est sa simplicité. Contrairement à certaines de ses productions plus complexes, McCartney ne cherche pas ici à impressionner par la virtuosité ou la sophistication des arrangements. Au contraire, il se contente d’une approche plus directe, où la pureté de la mélodie et la dynamique du duo McCartney-Miller sont au cœur de l’expérience. Il n’y a pas de fioritures inutiles, juste une énergie brute et une sincérité palpable qui se dégagent du morceau.

Cela rappelle les premiers jours des Beatles, lorsque les membres du groupe étaient souvent en studio, improvisant des chansons simples mais émouvantes. « Broomstick » n’est pas sans rappeler ces moments d’authenticité pure, où la musique devient un moyen de s’exprimer sans artifices. McCartney, à l’époque deFlaming Pie, semble avoir retrouvé cet esprit.

La réception de « Broomstick » : un b-side qui fait le travail

Bien que « Broomstick » n’ait pas été un titre phare deFlaming Pie, il a néanmoins trouvé sa place parmi les amateurs de McCartney, notamment grâce à sa sortie en tant que b-side du single « Young Boy ». L’album, en effet, ne faisait pas l’objet d’un véritable phénomène commercial, mais son côté organique et authentique a séduit un public fidèle, curieux des différentes facettes de McCartney. « Broomstick », en tant que morceau secondaire, a donc été un moyen pour McCartney de montrer une autre dimension de sa musique, moins formatée et plus libre.

En fin de compte, « Broomstick » est un morceau qui résume parfaitement la philosophie de McCartney à l’ère deFlaming Pie: un artiste toujours en quête de nouveauté, mais restant profondément fidèle à lui-même. Une chanson née de l’improvisation, mais qui, grâce à l’alchimie de McCartney et Miller, prend une forme particulière, où la spontanéité et la créativité se rencontrent dans une œuvre intemporelle.


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