Paul McCartney fête ses 83 ans et reste une icône vivante de la musique. Des Beatles à sa carrière solo, il a marqué la pop et le rock avec des tubes légendaires et une créativité sans limite. Engagé pour l’écologie, la paix et l’éducation, il continue d’inspirer des générations, prêt à sortir un nouvel album en 2025, et demeure une figure incontournable sur scène et en studio
Né le 18 juin 1942 à Liverpool, James Paul McCartney fête aujourd’hui son 83ᵉ anniversaire. Figure majeure de la musique populaire, ce chanteur, bassiste, compositeur et multi-instrumentiste britannique a acquis une renommée planétaire dès les années 1960 avec les Beatles. Aux côtés de John Lennon, il forma l’un des duos de compositeurs les plus prolifiques de l’histoire de la chanson. Reconnu pour son approche mélodique de la basse, sa voix de ténor versatile et son éclectisme musical, McCartney explore tous les genres – du rock au « pré-rock’n’roll », en passant par la pop, le classique et l’électro. Alors qu’il célèbre aujourd’hui cet anniversaire, l’« homme aux quarante-cinq numéros 1 » reste toujours très actif : fin 2024, il a achevé avec succès sa tournée mondiale « Got Back » à Londres, et il a annoncé vouloir finaliser en 2025 un nouvel album sur lequel il travaille.
Sommaire
- Jeunesse et débuts (avant les Beatles)
- Les années Beatles : une success-story planétaire
- Wings et première carrière solo
- Carrière solo prolongée et jubilé musical
- Engagements, écologie et causes humanitaires
- Vie privée : famille et anecdotes
- Héritage et actualité à 83 ans
Jeunesse et débuts (avant les Beatles)
Issu d’une famille de musiciens amateurs, Paul McCartney grandit à Liverpool. Son père Jim, pianiste de jazz amateur, encouragera Paul et son frère Mike à la musique, et lui offre un premier instrument (un trompette qu’il troque rapidement contre une guitare Framus Zenith à 15 £). Sa mère Mary, infirmière de maternité, meurt en 1956 d’un cancer – un drame familial qui le marquera profondément. En 1954 il intègre la Liverpool Institute (la même école fréquentée plus tard par John Lennon, George Harrison et Ringo Starr). En 1957 Paul McCartney rencontre John Lennon au cours d’une fête locale (« Woolton fair ») : les deux adolescents deviennent amis et commencent à écrire des chansons ensemble. McCartney persuade Lennon de recruter le guitariste George Harrison en 1958, et le trio forme peu à peu le noyau des futurs Beatles. À l’époque, ils jouent dans un groupe de skiffle appelé The Quarrymen, dirigé par Lennon (et financé par le futur manager Brian Epstein). C’est dans cette scène locale de Liverpool (et lors des fameuses résidences à Hambourg, Allemagne, à partir de 1960) que le jeu de McCartney s’affine – notamment son jeu de guitare et de piano – et qu’il compose ses premières chansons (sa première ballade, “I Lost My Little Girl”, date de cette période).
Les années Beatles : une success-story planétaire
Au début des années 1960, le groupe devient officiellement The Beatles (avec le batteur Pete Best, bientôt remplacé par Ringo Starr) et signe avec Parlophone. Grâce à des tubes immédiats comme « Love Me Do », « She Loves You » ou « I Want to Hold Your Hand », le groupe déclenche la « Beatlemania » et conquiert le monde entier. McCartney se distingue comme chanteur principal et bassiste, mais aussi comme co-auteur de nombreux succès. Son association artistique avec Lennon est alors décrite comme « l’une des équipes de composition les plus fructueuses de l’histoire ». Au fur et à mesure des albums, on remarque la polyvalence de McCartney : il est crédité de morceaux emblématiques tels que « Yesterday », « Eleanor Rigby », « Blackbird » ou « And I Love Her », qui font aujourd’hui partie des chansons les plus reprises au monde. À partir de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967), il devient même le leader de facto du groupe, donnant une impulsion créative majeure à la musique et aux projets des Beatles. Pendant cette période, le groupe innove en studio, introduit des éléments de musique expérimentale dans la pop, et multiplie les tournées triomphales (États-Unis, Asie, etc.). McCartney participe également aux films et au mythique concert sur le toit du groupe en 1969.
En parallèle, Paul s’intéresse à la musique plus orchestrale et passe du temps à la campagne : en 1968 il écrit « Let It Be », chanson inspirée par les difficultés du groupe. Les Beatles se séparent officiellement en 1970, laissant McCartney au faîte de sa gloire. Ce démantèlement, bien que douloureux, ouvre une nouvelle ère pour l’artiste, qui sort son premier album solo éponyme McCartney (1970) – un disque bricolo où il joue tous les instruments – avec le succès immédiat du single « Maybe I’m Amazed ».
Wings et première carrière solo
Après la chute des Beatles, Paul McCartney reforme un groupe avec sa future épouse Linda Eastman et le guitariste Denny Laine : Wings. Dans les années 1970, Wings devient l’un des groupes les plus populaires au monde. McCartney en est le chef de file et auteur-compositeur principal : sous sa direction, Wings enchaîne les tubes. Citons notamment « My Love », « Band on the Run », « Listen to What the Man Said », « Silly Love Songs » ou « Mull of Kintyre », tous numéros un aux États-Unis ou au Royaume-Uni. L’album Band on the Run (1973) demeure l’un des plus vendus de sa carrière, avec son ambiance aventureuse. Wings se produit dans le monde entier et donne lieu à plusieurs enregistrements live.
Pendant cette période, McCartney mène également une carrière solo parallèle. En 1975 il sort l’album Venus and Mars puis compose le thème de film Live and Let Die (pour James Bond), qui deviendra un classique du répertoire. Il est également l’un des rares musiciens rock à jouer du mime, prêtant sa voix à l’album sonore d’un film familial (Rupert and the Frog Song). Parallèlement, sa femme Linda participe aux enregistrements (notamment en chantant sur « Warm and Beautiful »). Wings se sépare en 1981, après avoir marqué durablement la pop des années 70. À son bilan, les Beatles et Wings comptent ensemble plus d’une dizaine de disques million-sellers, démontrant l’immense portée de son œuvre musicale.
Carrière solo prolongée et jubilé musical
Dans les années 1980 et 1990, Paul McCartney poursuit sa carrière solo avec succès. Son album Tug of War (1982), enregistré en duo avec George Martin, produit le tube « Ebony and Ivory » (en duo avec Stevie Wonder) et lui vaut un Grammy. Il collabore aussi avec Michael Jackson sur « Say Say Say » (1983). McCartney expérimente plusieurs styles : du rock, de la pop, mais aussi des musiques classiques (Liverpool Oratorio, 1991) et électroniques (sous le pseudonyme The Fireman avec l’album Strawberries Oceans Ships Forest, 1993).
Dans les années 2000, Paul enchaîne tournées mondiales et nouveaux albums : Chaos and Creation in the Backyard (2005), coproduit par Nigel Godrich, reçoit un accueil critique très positif. Il continue à enregistrer, avec notamment Electric Arguments (2008) explorant le rock psychédélique. Après la disparition de Linda en 1998 (du cancer), il se remariera en 2002 avec la mannequin Heather Mills (divorcé en 2008), puis en 2011 avec Nancy Shevell, dont il reste aujourd’hui l’époux. Parmi ses chansons marquantes de cette période figurent « Here Today » (1982, hommage à Lennon) et « Wonderful Christmastime » (1979, hymne de fin d’année).
Sa longévité artistique est remarquable : il tourne inlassablement (tournées Out There! (2014-15), One on One (2016-17), Freshen Up (2018-19) puis Got Back Tour (2022-24)) devant des millions de spectateurs. En 2020 il sort McCartney III, album entièrement solo enregistré durant le confinement : la presse note qu’il s’inscrit dans la tradition de ses précédents albums McCartney I (1970) et McCartney II (1980). Fort d’un catalogue de 32 chansons ayant atteint la première place du Billboard Hot 100, il est considéré comme l’un des compositeurs-interprètes les plus titrés (par exemple deux fois intronisé au Rock and Roll Hall of Fame, avec les Beatles en 1988 et en solo en 1999).
Engagements, écologie et causes humanitaires
En parallèle de sa carrière, McCartney s’est engagé sur de nombreuses causes sociales et écologiques. Devenu végétarien en 1975, il milite avec Linda pour les droits des animaux. Il finance et participe à des campagnes anti-chasse (notamment contre la chasse aux phoques dans les années 2000) et s’oppose à l’expérimentation animale. Avec sa deuxième épouse Heather Mills, il a soutenu la lutte contre les mines antipersonnel : dès 2001 il devient parrain de l’association Adopt-A-Minefield, qu’il avait lui-même lancée pour sensibiliser à l’éradication des mines terrestres. Par exemple, Paul et Heather Mills ont même rencontré le président russe Poutine en 2003 pour l’exhorter à soutenir la convention anti-mines.
Il prête également sa voix et son image à de nombreuses œuvres caritatives : on le retrouve sur des compilations pour des causes humanitaires (Concerts for Kampuchea en 1979, Band Aid en 1984, Live Aid en 1985, Live8 en 2005…). En 1997, à la mort de Linda, il consacre une partie de sa fortune à préserver la société alimentaire « Linda McCartney Foods » libre d’ingrédients OGM. Récemment, McCartney défend la protection de l’environnement et du climat (il a par exemple soutenu en 2012 le collectif Artists Against Fracking et, en 2015, s’est prononcé contre le rétablissement de la chasse au renard en Angleterre). Animé d’un profond humanisme, il a également soutenu des campagnes contre la pauvreté (Make Poverty History), pour la paix (il a composé « Give Ireland Back to the Irish » en 1972 pour soutenir la paix en Irlande) et pour la liberté d’expression (par exemple un album caritatif pour Aung San Suu Kyi en 2004).
En tant que fondateur et mécène, McCartney contribue aussi à l’éducation musicale. En 1996 il a cofondé avec Mark Featherstone-Witty le Liverpool Institute for Performing Arts (LIPA) – une école supérieure d’arts du spectacle installée dans son ancien lycée de Liverpool. Il en reste le grand patron (Lead Patron), veillant à former de nouvelles générations de musiciens et acteurs.
Vie privée : famille et anecdotes
Dans sa vie privée mouvementée, McCartney a eu quatre compagnes connues et cinq enfants. Sa première fiancée fut l’actrice britannique Jane Asher (1963-1968) : elle lui donna une fille, Mary, née en 1969. Puis il épousa la photographe Linda Eastman en 1969. Avec Linda, il aura trois autres enfants : Heather (née en 1962 et fille de Linda, adoptée par Paul), puis Stella (1971, devenue styliste de renommée internationale), et James (1977). Le couple McCartney est resté uni jusqu’au décès de Linda en 1998, un épisode tragique dû à un cancer du sein. Pendant cette période, Paul et Linda furent très ouverts sur le fait d’élever un enfant ayant le syndrome de Down (Stella), plaidant pour l’égalité des handicapés.
En 2002, Paul épousa Heather Mills (ancienne mannequin anglaise), avec qui il a eu sa fille cadette, Beatrice (née en 2003). Leur mariage fit beaucoup parler de lui et s’acheva par un divorce très médiatisé en 2008. Enfin, en 2011, Paul McCartney épousa Nancy Shevell, une femme d’affaires américaine, dont il reste aujourd’hui l’époux. Il compte ainsi cinq enfants au total (Heather, Mary, Stella, James et Beatrice).
Au fil du temps, quelques épisodes difficiles ont « émaillé » sa notoriété. Dans les années 1970 et 1980, McCartney a eu plusieurs démêlés avec la justice en lien avec la drogue : par exemple il fut condamné en 1972 en Suède pour possession de cannabis et, en 1980, les douanes japonaises ont découvert une importante quantité de marijuana dans sa valise (il fut détenu brièvement puis finalement expulsé sans peine). McCartney lui-même a toujours plaidé que le cannabis était moins nocif que l’alcool, et il s’est exprimé en faveur de sa dépénalisation. Sur le plan politique, il a également exprimé publiquement ses opinions : il s’est engagé contre la guerre en Irak, soutenu la campagne anti-armes nucléaires, et prône un Brexit doux pour la culture, par exemple. Son franc-parler lui a parfois valu des critiques, mais il a toujours revendiqué le droit de s’exprimer en tant qu’artiste sensible aux questions de société.
Héritage et actualité à 83 ans
Véritable monument vivant de la musique, Sir Paul McCartney a reçu d’innombrables distinctions : commandeur et plus tard anobli Chevalier (en 1997) pour ses « services rendus à la musique », deux fois intronisé au Rock and Roll Hall of Fame (comme Beatle en 1988 et en solo en 1999), et lauréat de multiples Grammy Awards. À 83 ans, il continue de composer et de produire. Récemment, il a indiqué qu’il reprendra en 2025 le chemin du studio pour terminer son prochain album. Sur scène, il demeure infatigable : après avoir rassemblé 40 000 personnes à Paris en 2024 lors de sa tournée (Paris La Défense Arena), il est monté sur la scène d’Anfield (Liverpool) aux côtés de Bruce Springsteen en juin 2025 – son premier concert dans sa ville natale depuis sept ans.
Cet anniversaire met en lumière une carrière sans précédent : des millions d’albums vendus (plus de 25 millions certifiés aux États-Unis), une influence culturelle colossale, et une inspiration intacte pour de jeunes musiciens. À un âge où beaucoup de ses contemporains ont pris leur retraite, Paul McCartney affiche encore un enthousiasme communicatif pour la musique. Qu’il soit « cute Beatle » dans les années 60, rockstar avec Wings dans les 70 ou grand-père rock « grandude » à l’heure actuelle, le parcours de McCartney est celui d’un génie complet, parcouru de tubes éternels et d’engagements profonds. Célébrer ses 83 ans, c’est saluer l’œuvre monumentale d’un artiste toujours créatif et conscient de son héritage, prêt à écrire de nouvelles pages de sa légende.
