Des artistes comme Ray Charles, Joe Cocker, Jimi Hendrix ou Nina Simone ont réinventé les chansons des Beatles avec brio. Ce classement de 20 reprises incontournables montre l’influence universelle et intemporelle des Fab Four sur tous les styles musicaux.
S’il existe un signe indiscutable du génie des Beatles, c’est la multitude et la variété des reprises dont leurs chansons ont fait l’objet. Les compositions signées principalement par John Lennon et Paul McCartney, mais aussi par George Harrison et plus occasionnellement Ringo Starr, ont inspiré les plus grands artistes du XXe siècle, traversant les genres et les générations. Voici vingt reprises particulièrement remarquables qui illustrent l’impact inégalé du groupe de Liverpool.
Sommaire
- Esther Phillips : « And I Love Him »
- Ray Charles : « Yesterday »
- Wilson Pickett : « Hey Jude »
- Al Green : « I Want To Hold Your Hand »
- Jimi Hendrix : « Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band »
- Joe Cocker : « With A Little Help From My Friends »
- Booker T & The MGs : Medley « Abbey Road »
- Stevie Wonder : « We Can Work It Out »
- Siouxsie & The Banshees : « Dear Prudence »
- Oasis : « I Am The Walrus »
- D’autres reprises incontournables
Esther Phillips : « And I Love Him »
Parmi les reprises saluées par Paul McCartney lui-même, celle d’Esther Phillips demeure l’une des plus émouvantes. Sa version soul du classique de 1964, subtilement rebaptisé « And I Love Him », reste célèbre depuis son passage à la télévision dans l’émission « The Music of Lennon & McCartney » en 1965.
Ray Charles : « Yesterday »
Figure majeure du R&B américain, Ray Charles s’est approprié « Yesterday » avec une sensibilité poignante. Sa voix grave et chaleureuse apporte à cette ballade intemporelle une dimension émotionnelle profonde, faisant hésiter longtemps les spécialistes entre cette reprise et sa version tout aussi magistrale d’« Eleanor Rigby ».
Wilson Pickett : « Hey Jude »
En 1969, Wilson Pickett réalise une prouesse rare : transformer « Hey Jude », l’une des chansons les plus parfaites des Beatles, en une puissante démonstration vocale et instrumentale. Cette reprise mémorable est magnifiée par les solos d’un jeune guitariste encore inconnu à l’époque : Duane Allman. Eric Clapton dira même qu’il s’agit de « la meilleure guitare rock jamais entendue sur un disque R&B ».
Al Green : « I Want To Hold Your Hand »
Al Green, en revisitant « I Want To Hold Your Hand », injecte une âme funk à ce morceau phare de la Beatlemania. Son interprétation insuffle une seconde jeunesse à cette chanson emblématique, avec une énergie et une sensualité inédites.
Jimi Hendrix : « Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band »
En 1967, Jimi Hendrix sidère les Beatles en ouvrant son concert au Saville Theatre de Londres avec une reprise du tout récent « Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band ». Cette audace sublime, en présence des Fab Four eux-mêmes, est restée gravée dans les mémoires, Paul McCartney évoquant cette prestation comme l’un des hommages les plus marquants jamais reçus.
Joe Cocker : « With A Little Help From My Friends »
Joe Cocker livre sans doute l’une des reprises les plus célèbres et intenses des Beatles. Son interprétation passionnée de « With A Little Help From My Friends », numéro un au Royaume-Uni en 1968, a conquis le public lors du mythique festival de Woodstock et est devenue emblématique grâce à son utilisation comme générique de la série télévisée américaine « The Wonder Years ».
Booker T & The MGs : Medley « Abbey Road »
La fascination des Beatles pour la musique soul de Memphis, incarnée par le légendaire label Stax, trouve son écho dans la superbe reprise intégrale de l’album « Abbey Road » par Booker T & The MGs. Leur version instrumentale, intitulée « McLemore Avenue », est une prouesse d’adaptation fidèle et inventive, célébrant à la fois le génie des Beatles et le groove authentique de Memphis.
Stevie Wonder : « We Can Work It Out »
Stevie Wonder, ami de longue date de Paul McCartney, transforme « We Can Work It Out » en hymne soul-funk irrésistible. Cette reprise pleine d’optimisme reflète à merveille la capacité du jeune Stevie à réinventer des mélodies universelles en les teintant de sa propre magie rythmique.
Siouxsie & The Banshees : « Dear Prudence »
À l’apogée du mouvement post-punk, Siouxsie & The Banshees offrent une version intense et mélodique de « Dear Prudence ». Sortie en 1983, cette reprise portée par la guitare de Robert Smith (The Cure) est devenue le plus grand succès commercial du groupe britannique.
Oasis : « I Am The Walrus »
La formation britannique Oasis, profondément influencée par les Beatles, a donné à « I Am The Walrus » une tonalité brute et énergique, marquée par la personnalité affirmée des frères Gallagher. Cette reprise audacieuse reste emblématique de l’époque Britpop.
D’autres reprises incontournables
Certaines autres versions méritent aussi d’être saluées pour leur originalité ou leur influence :
- Nina Simone ajoute à « Here Comes the Sun » une chaleur et une spiritualité uniques.
- The Rolling Stones transforment « I Wanna Be Your Man » en un classique rock énergique dès 1963.
- The Beach Boys livrent une version harmonieuse de « I Should Have Known Better », révélant leur proximité stylistique avec les Beatles.
- The Jam insuffle une énergie punk à « And Your Bird Can Sing ».
- Alison Krauss et Tony Furtado apportent douceur et élégance country à « I Will ».
- The Breeders donnent à « Happiness Is A Warm Gun » une tension sombre et hypnotique.
- Candy Flip réinvente « Strawberry Fields Forever » dans une veine acid house inattendue.
- David Bowie fait de « Across The Universe » une ode céleste et introspective.
- U2 ouvre leur album live « Rattle and Hum » avec un puissant « Helter Skelter ».
- Enfin, Otis Redding magnifie « Day Tripper » en y injectant la fièvre vibrante du rhythm and blues.
Ces reprises témoignent toutes, à leur façon, de l’influence prodigieuse des Beatles. Chacune raconte non seulement la puissance intemporelle de leur musique mais aussi l’étendue de leur héritage à travers les genres et les époques. Des artistes les plus divers continuent ainsi à célébrer les chansons du groupe de Liverpool, preuve que leur œuvre, décidément, n’en finit pas de fasciner.
