Paul McCartney, reconnu comme l’un des bassistes les plus influents du rock, a révélé que ses deux plus grandes inspirations sont James Jamerson, pilier du son Motown, et Brian Wilson des Beach Boys. Tous deux lui ont appris à concevoir la basse comme une voix mélodique, libre et inventive. Une influence double qui a permis à McCartney de redéfinir le rôle de la basse dans la pop, avec des lignes aussi chantantes que puissantes.
Paul McCartney est sans doute l’un des auteurs-compositeurs les plus admirés du XXe siècle. Avec John Lennon, il forme la moitié du tandem qui a donné naissance à une constellation de classiques : “Help!”, “Eleanor Rigby”, “Let It Be”, pour n’en citer que quelques-uns. Mais au-delà de son génie mélodique et de son charisme scénique, McCartney est aussi, à bien des égards, l’un des bassistes les plus influents de l’histoire du rock.
Son jeu de basse est un mélange subtil de rythme, de mélodie, de contrepoint et de liberté. Il enrichit les chansons sans jamais les alourdir, invente des lignes mémorables là où d’autres se contenteraient d’assurer la structure. Mais qui, justement, a inspiré celui que tant de musiciens considèrent comme un modèle ? Paul McCartney l’a lui-même révélé : ses deux plus grandes influences sont James Jamerson, bassiste du label Motown, et Brian Wilson, génie créatif des Beach Boys.
Sommaire
- Une éducation musicale familiale
- James Jamerson : la basse comme mélodie
- Brian Wilson : la structure, le pouvoir, et les harmonies cachées
- Une approche expérimentale
- Une double influence, une seule signature
Une éducation musicale familiale
Dans une interview accordée à MusicRadar, McCartney revient sur sa découverte de la basse : « Dès le départ, une fois que j’ai dépassé le choc d’être “coincé” avec la basse (rire), j’ai commencé à être fier de tenir ce rôle. Tu réalises que tu contrôles tout le groupe. Ils ne peuvent aller nulle part sans toi. Pouvoir ! »
Son père, Jim McCartney, musicien amateur, l’a très tôt sensibilisé à la différence entre une guitare et une basse. Cette première conscience musicale va nourrir chez Paul une curiosité technique qu’il ne cessera jamais d’approfondir.
James Jamerson : la basse comme mélodie
Premier nom cité avec admiration : James Jamerson, bassiste attitré de la section rythmique Funk Brothers de Motown. Bien que méconnu du grand public à l’époque, Jamerson est aujourd’hui considéré comme le pionnier de la basse moderne, auteur de lignes inoubliables sur des titres de Marvin Gaye, The Supremes ou Stevie Wonder.
McCartney confie : « Jamerson était tout simplement fantastique, et si mélodique. Je ne connaissais même pas son nom jusqu’à récemment, mais il était mon héros. » Cette influence se ressent particulièrement dans des morceaux comme “Something”, “Getting Better”, ou “Rain”, où McCartney développe des lignes de basse qui chantent autant que la voix principale.
Brian Wilson : la structure, le pouvoir, et les harmonies cachées
Mais l’autre nom qui revient avec force est celui de Brian Wilson, leader des Beach Boys et architecte sonore de chefs-d’œuvre comme Pet Sounds. McCartney admire non seulement les harmonies sophistiquées de Wilson, mais aussi son approche non conventionnelle de l’harmonie basse : « Il jouait des choses étranges. Si le morceau est en Do, lui restait souvent sur un Sol pour tout ralentir. »
Il ajoute : « C’est là que j’ai compris le pouvoir que tu as quand tu joues de la basse. Même si tout le groupe va en La, tu peux décider d’aller en Mi. Et là, ils implorent que tu les libères ! Tu contrôles tout, c’est fascinant. »
Cette idée de basse indépendante, capable de créer des tensions harmoniques, des contre-chants, voire des mélodies parallèles, est au cœur du style McCartney. C’est une école de jeu qui favorise la créativité, l’expérimentation, et qui a redéfini la fonction du bassiste dans un groupe de rock.
Une approche expérimentale
Inspiré par ces maîtres, Paul va plus loin : « Je me suis demandé : si tu peux faire ça, que peux-tu faire d’autre ? Peut-être des notes qui ne sont pas dans l’accord ? Des septièmes à la place des fondamentales ? Ou même une mélodie complète à travers les accords, qui n’existe nulle part ailleurs ? »
Ce goût pour l’expérimentation, couplé à une maîtrise instinctive du groove, a fait de McCartney un bassiste à part. Dans “Hey Bulldog”, “Taxman” ou encore “Come Together”, il transforme la basse en acteur principal de l’arrangement, imposant une voix parallèle à celle du chant, sans jamais rompre l’équilibre du morceau.
Une double influence, une seule signature
Ce que Jamerson et Wilson ont légué à McCartney, c’est cette capacité à penser la basse comme une voix libre, mais toujours au service de la chanson. Une liberté qui repose sur une connaissance intuitive de l’harmonie, et une oreille capable d’oser des chemins harmoniques inédits.
Le résultat ? Une signature sonore unique, immédiatement reconnaissable. Et une influence colossale sur des générations de musiciens, de John Entwistle à Sting, en passant par Paul Simonon ou Thundercat.
