Zak Starkey, fils de Ringo Starr, exprime ses doutes sur le choix de Barry Keoghan pour incarner son père dans le biopic Beatles de Sam Mendes. Sceptique sur la ressemblance et sur la capacité de Barry à capturer le charisme et le style unique de Ringo, Zak souligne les défis de représenter un batteur aussi iconique, tandis que Keoghan souhaite apporter une dimension humaine à ce rôle emblématique.
Le projet de Sam Mendes de réaliser quatre films consacrés aux Beatles promet de marquer un tournant dans la manière de raconter l’histoire des Fab Four. Mais avant même le début du tournage, le casting suscite déjà débats et critiques, notamment de la part de Zak Starkey, fils de Ringo Starr et batteur de renom (notamment avec The Who), qui questionne publiquement le choix de Barry Keoghan pour incarner son père à l’écran.
Sommaire
- Un biopic ambitieux : quatre films pour quatre Beatles
- Zak Starkey : scepticisme et humour tranchant
- Barry Keoghan, un acteur déterminé à “humaniser” Ringo
- Un casting contesté, des attentes énormes
- Ringo Starr, le “vendeur” des Beatles à l’Amérique
- Pourquoi ce biopic des Beatles est si attendu
Un biopic ambitieux : quatre films pour quatre Beatles
Annoncé pour avril 2028, le biopic des Beatles réalisé par Sam Mendes sera découpé en quatre films simultanés, chacun centré sur John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr. Une approche inédite dans le cinéma musical, destinée à explorer la dynamique interne des Beatles, tout en offrant des perspectives individuelles sur leur ascension, leurs tensions et leur héritage.
Barry Keoghan, 32 ans, révélé par Saltburn et The Banshees of Inisherin, incarnera Ringo Starr. Il sera accompagné de Harris Dickinson (John Lennon), Paul Mescal (Paul McCartney) et Charlie Rowe (George Harrison). Actuellement, les quatre acteurs participent à un “Beatles BootCamp”, travaillant les postures scéniques, le chant, l’accent et les instruments avant le tournage.
Zak Starkey : scepticisme et humour tranchant
Lors d’un entretien avec NME, Zak Starkey a exprimé, avec le franc-parler qu’on lui connaît, ses doutes concernant ce choix de casting :
« Prenez un gros faux nez. Je ne sais pas quoi dire d’autre. Il ne ressemble pas du tout à mon père, n’est-ce pas ? On peut tout corriger aujourd’hui, non ? On peut certainement mettre à quelqu’un un gros faux nez. »
Mais au-delà de la ressemblance physique, Zak pointe un défi bien plus complexe : la personnalité unique de Ringo Starr.
« Ce qui compte chez mon père, c’est sa personnalité. C’est lui qui a vendu les Beatles à l’Amérique, c’est celui qui a le charisme. Reproduire ça sera difficile. Mon père est unique, le plus grand batteur de rock’n’roll au monde, encore aujourd’hui. Il est même meilleur maintenant qu’il ne l’était avant. »
Concernant l’aspect musical, Zak Starkey ne cache pas son scepticisme :
« C’est impossible. Personne ne peut jouer comme mon père. Bonne chance à lui, mais s’il y arrive, ce sera le premier. »
Barry Keoghan, un acteur déterminé à “humaniser” Ringo
Face à ces réserves, Barry Keoghan adopte une approche respectueuse et méthodique. Sur le plateau de Jimmy Kimmel Live, il a raconté sa première rencontre avec Ringo Starr, soulignant sa nervosité et son admiration :
« Quand je lui parlais, je n’arrivais pas à le regarder dans les yeux. J’étais nerveux. Mais il m’a dit : “Tu peux me regarder.” Mon rôle est d’observer, de capter ses manières, d’étudier. Je veux le rendre humain, lui donner des émotions, pas simplement l’imiter. »
Il ajoute :
« Je recherche les petites nuances, sans le faire se sentir observé. Mon objectif est de le représenter avec respect, sans caricature. »
Barry Keoghan s’est également rendu chez Ringo Starr, qui a joué de la batterie pour lui. Mais lorsque Ringo lui a proposé de jouer à son tour, Keoghan a refusé, conscient de la complexité de tenir les baguettes face à l’un des batteurs les plus influents de l’histoire de la musique.
Un casting contesté, des attentes énormes
Les doutes de Zak Starkey rejoignent ceux de Julia Baird, demi-sœur de John Lennon, qui a critiqué Sam Mendes pour ne pas avoir choisi d’acteurs originaires de Liverpool pour incarner les Beatles :
« Il y a tant d’acteurs qui attendent une opportunité. Ce sera intéressant de voir quel type d’accent ils prendront, car personne n’arrive à faire l’accent de Liverpool correctement. Ils se trompent tous. »
Ces critiques reflètent l’immense attente qui entoure ce biopic des Beatles, alors que Mendes a promis un respect profond de l’histoire et de l’héritage du groupe, avec l’accès aux archives musicales et personnelles des Fab Four.
Ringo Starr, le “vendeur” des Beatles à l’Amérique
Les propos de Zak rappellent aussi le rôle souvent sous-estimé de Ringo Starr dans le succès des Beatles aux États-Unis. Bien que John et Paul aient été le moteur créatif, c’est la personnalité charismatique et l’humour décalé de Ringo qui a séduit la télévision américaine lors des passages des Beatles à l’Ed Sullivan Show en 1964. Son style de batterie unique, sa simplicité apparente dissimulant une efficacité redoutable, ont contribué à façonner le son du groupe.
Représenter cela à l’écran demande un acteur capable de joindre la technique musicale, le timing comique et le charisme scénique sans tomber dans l’imitation mécanique.
Pourquoi ce biopic des Beatles est si attendu
Les biopics musicaux se sont multipliés ces dernières années (Bohemian Rhapsody, Rocketman, Elvis), mais le projet de Sam Mendes est le premier à obtenir l’approbation des ayants droit des Beatles tout en visant une approche cinématographique inédite. Chaque film présentera le point de vue d’un membre du groupe sur les mêmes événements clés, offrant ainsi quatre perspectives sur la Beatlemania, les tournées mondiales, les sessions d’enregistrement et la dissolution du groupe.
Pour Barry Keoghan, réussir à incarner Ringo Starr reviendra à trouver le juste équilibre entre fidélité historique, performance musicale et dimension humaine, sous le regard attentif de Zak Starkey, des fans, et de tous ceux pour qui les Beatles ne sont pas qu’un groupe, mais un morceau de leur vie.
