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Paul McCartney guitariste : son solo méconnu sur « Ticket to Ride »

Publié le 22 juillet 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Si Paul McCartney est avant tout connu comme le bassiste des Beatles, son talent de multi-instrumentiste s’est illustré à travers de nombreuses contributions, notamment à la guitare solo. Sur « Ticket to Ride », il joue un rôle clé en enrichissant la section finale du morceau. À partir de l’album Help!, McCartney prend davantage d’initiatives à la guitare, signant des solos marquants sur plusieurs titres. Son envie d’expérimenter et d’apporter de nouvelles textures sonores témoigne de son génie musical bien au-delà de la basse.


Paul McCartney est avant tout connu comme le bassiste des Beatles, mais sa polyvalence instrumentale dépassait de loin ce rôle. Capable de jouer du piano, de la guitare et même de remplacer Ringo Starr à la batterie lorsque l’occasion se présentait, il s’est toujours distingué par une aisance naturelle à maîtriser divers instruments. Si ses lignes de basse mélodiques sont devenues emblématiques, il lui arrivait également d’apporter des contributions marquantes à d’autres instruments, et notamment à la guitare solo.

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Une basse par nécessité, mais une guitare par passion

Ironiquement, la basse n’était pas l’instrument de prédilection de McCartney à ses débuts. Avant que Stuart Sutcliffe, le bassiste originel des Beatles, ne quitte le groupe en 1961 et ne décède tragiquement en 1962, c’est lui qui tenait le rôle de bassiste. Paul McCartney s’est alors imposé comme son remplaçant, non par choix personnel mais davantage par pragmatisme, afin d’assurer l’équilibre du groupe. Malgré cette transition vers la basse, il n’a jamais délaissé la guitare ni le piano, qui restaient ses principaux instruments de composition.

Au sein des Beatles, la répartition des rôles était strictement définie : John Lennon et George Harrison se partageaient les guitares rythmiques et solistes, tandis que McCartney était assigné à la basse. Toutefois, au fil des années, cette rigidité s’est assouplie, et chacun des membres du groupe a pu expérimenter sur d’autres instruments. Si McCartney joue pour la première fois de la guitare sur un morceau des Beatles avec « I’ll Follow the Sun » sur l’album Beatles for Sale (1964), c’est avec Help! (1965) qu’il franchit véritablement un cap.

« Ticket to Ride »: Une contribution discrète mais décisive

L’album Help! marque une évolution significative dans le son des Beatles et dans leur manière d’aborder les enregistrements. C’est notamment sur ce disque que McCartney joue pour la première fois en tant que guitariste solo sur plusieurs morceaux. On le retrouve ainsi sur « The Night Before » et « Another Girl », où il assure à la fois le chant principal et la guitare lead.

Mais c’est avec « Ticket to Ride » que McCartney marque une première historique : bien que ce morceau soit principalement une composition de John Lennon, il y joue de la guitare solo, en particulier sur la section finale. Lors de l’outro, il dialogue avec George Harrison, qui joue sur une guitare 12 cordes, apportant ainsi une richesse harmonique supplémentaire à ce titre déjà avant-gardiste. Ce moment instrumental illustre parfaitement l’évolution des Beatles dans leurs arrangements, et témoigne d’un groupe en pleine effervescence créative.

Une progression vers plus de libertés instrumentales

L’enregistrement de « Ticket to Ride » le 15 février 1965 n’est que le début de l’exploration de McCartney en tant que guitariste lead. Dans les sessions qui suivent, il prendra encore plus d’initiatives, notamment sur « Another Girl », où il est cette fois-ci le seul à assurer la guitare solo. Dès lors, la tendance se confirme : bien que Harrison demeure le soliste attitré du groupe, McCartney n’hésite plus à prendre la guitare dès qu’il en ressent le besoin artistique.

Cette flexibilité se poursuivra tout au long de la carrière du groupe. Si certaines de ses parties de guitare lead se retrouvent sur des morceaux qu’il a lui-même composés (« Helter Skelter », « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band »), il interviendra aussi sur des chansons de Lennon, comme « Strawberry Fields Forever » et « Being For The Benefit of Mr. Kite ». Ces incursions ne sont pas motivées par une volonté d’éclipser Harrison ou Lennon, mais bien par son désir d’enrichir le son du groupe avec des idées neuves et dynamiques.

McCartney, un musicien total

Si certains pourraient voir dans ces multiples incursions une forme de démonstration d’ego, il est plus juste d’y voir l’expression d’un musicien complet, dont la curiosité et l’envie d’expérimenter n’ont jamais cessé de nourrir le génie créatif des Beatles. McCartney n’était pas seulement un bassiste hors pair, mais un véritable touche-à-tout, capable de sublimer un morceau en adaptant son jeu à l’instrument le plus adéquat. « Ticket to Ride » reste ainsi un jalon important dans cette évolution, un moment où les Beatles commencent à briser les barrières qui avaient jusqu’alors défini leur dynamique musicale.

Cet épisode illustre aussi une facette méconnue de McCartney : bien qu’associé à une approche mélodique et harmonique raffinée, il savait aussi faire preuve d’audace et d’inventivité sur la guitare électrique. Son jeu, souvent sous-estimé, se démarque par une fluidité et un sens du phrasé qui lui permettent de rivaliser avec n’importe quel guitariste de son époque.

L’histoire retiendra que McCartney était le bassiste des Beatles, mais « Ticket to Ride » rappelle qu’il était bien plus que cela : un multi-instrumentiste de génie, dont l’apport à la musique du groupe ne peut être réduit à un simple rôle rythmique. Un talent omniprésent qui, plus d’un demi-siècle après, continue d’éblouir les amateurs de musique.


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