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La physique des catastrophes

Par Pralinerie @Pralinerie
Bleue van Meer a traversé l’Amérique en long, en large et en travers. Son père, professeur à l’université, change de fac à chaque rentrée voire chaque semestre. Cette existence nomade prend fin lorsqu’il décide de s’installer à Stockton pour permettre à sa fille d’intégrer Harvard l’année suivante. Les premières pages racontent la vie avant Stockton : la mort de la mère, les copines du père (surnommées « sauterelles »), les livres, les dissertations le temps d’un trajet etc. Ensuite, il s’agit de l’année à Stockton : celle-ci s’annonce peu différente des autres, nouveaux visages, même anonymat, groupes de travail intéressés par les bonnes notes de Bleue. Et pourtant, une silhouette élégante vient modifier l’atmosphère, celle d’Hannah Schneider, professeur d’histoire du cinéma, qui fascine Bleue. Hannah réunit autour d’elle un petit cénacle d’étudiants et insiste pour que Bleue en fasse partie. Ce groupe assez hétéroclite, que la personnalité d’Hannah rapproche, est assez jaloux de cette distinction. Bleue est intégrée par respect pour Hannah mais sans grande joie. Conviée aux fêtes et aux dîners, elle poursuit sa vie d’étudiante studieuse mais prend sa première cuite. Elle forge des amitiés et s’interroge sur ce que cache son professeur. Il y a visiblement un "mystère Hannah" comme il semble exister un passé étrange derrière chaque membre du club.

Outre l’intrigue principale, Pessl s’amuse à portraiturer le père de Bleue, à relater leurs échanges érudits. Ce livre fourmille de dessins et de références, littéraires et scientifiques, signalées entre parenthèses, comme dans une thèse ou tout autre travail de recherche. Certaines amusent (l’encyclopédie du vivant, constamment citée pour divers animaux, permet de se faire une image des personnages), d’autres intriguent (titres réels ou inventés, mystification de l’auteur ou thèses improbables ?). Enfin, les titres des chapitres sont des titres de romans… le lien n’est pas toujours évident avec le contenu.

Pour conclure, j’ai trouvé ce livre assez éblouissant dans sa forme et son ton, j’ai souvent souri ou ri, j’ai eu envie de le prêter, j’ai eu du mal à le lâcher. Bref, j’ai aimé.


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