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Write Away : la pépite bonus où McCartney réinvente le son des années 80

Publié le 26 juillet 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Dans Write Away, extrait bonus de Press To Play (1986), Paul McCartney repousse les limites de son art en collaborant avec Eric Stewart de 10cc. Ce morceau, enregistré au Hog Hill Mill, marie habilement synthétiseurs, rock classique et expérimentations électroniques, illustrant une recherche inlassable de la perfection sonore et une créativité intemporelle qui transcende les modes des années 80.


Dans le monde de Paul McCartney, chaque album est une exploration sonore, une aventure où les idées prennent forme, où les collaborations se transforment en créations intemporelles. Parmi les morceaux souvent négligés de son répertoire solo,Write Away, tirée de l’albumPress To Play(1986), incarne parfaitement l’esprit d’expérimentation qui a animé McCartney durant cette période. Ce morceau, l’un des trois titres bonus de la version CD de l’album, est le fruit d’une collaboration avec l’ancien membre de 10cc, Eric Stewart. Bien qu’il n’ait pas connu la même notoriété que certaines autres chansons de McCartney,Write Awayse distingue par son approche novatrice et son énergie rafraîchissante.

Sommaire

Une collaboration créative : McCartney et Stewart

Écrite par McCartney et Eric Stewart,Write Awayreprésente une alliance musicale fructueuse entre deux artistes au parcours et aux influences riches. Stewart, connu pour son rôle au sein du groupe 10cc, a apporté son expertise en matière de structures pop sophistiquées et d’expérimentations sonores. McCartney, quant à lui, reste fidèle à son approche polyvalente, mêlant des éléments de pop, de rock, et de musique électronique. Leur collaboration, entamée dans le studio personnel de McCartney à East Sussex, le Hog Hill Mill, témoigne de la volonté des deux artistes d’explorer de nouveaux horizons musicaux tout en restant ancrés dans une certaine tradition du rock britannique.

Le résultat final est un morceau qui, tout en étant ancré dans les années 80 par ses arrangements synthétiques, conserve une touche de la fluidité et de la mélodie caractéristiques du style McCartney. À traversWrite Away, McCartney et Stewart ont su créer une chanson qui mélange des influences modernes et des sonorités plus classiques, marquant une époque où les frontières musicales semblaient se dissoudre.

La construction du morceau : une recherche de la perfection sonore

L’enregistrement deWrite Awaya eu lieu entre avril et décembre 1985, dans les studios du Hog Hill Mill. Le processus d’enregistrement, bien qu’innovant, a été marqué par une recherche constante de la meilleure version possible de la chanson. McCartney et ses musiciens ont enregistré plusieurs pistes de solistes avant de sélectionner les meilleures pour l’assemblage final. Carlos Alomar, guitariste réputé pour ses collaborations avec David Bowie, a joué les parties de guitare, tandis qu’Eddie Rayner, un autre collaborateur clé, a joué du piano. Les deux musiciens ont ajouté des overdubs en juillet 1985, et ce sont ces ajouts qui ont donné à la chanson sa texture sonore unique.

Carlos Alomar se souvient de cette phase d’enregistrement : «Je me souviens d’avoir enregistré trois sections de solo différentes sur cette chanson. Mais à la fin, Paul et l’ingénieur ont eu la capacité de les fusionner et de créer de nouveaux solos. Quand j’ai demandé si je pouvais les écouter, certains des solos que j’ai entendus n’étaient pas les mêmes… je sais qu’ils ont pris un peu d’un solo et un autre peu d’un autre solo ! Et cela a parfaitement fonctionné pour moi». Ce processus de superposition de solistes, où chaque élément se fond et se réinvente, témoigne de la manière dont McCartney et ses collaborateurs ont su façonner la chanson, non pas comme une simple composition, mais comme une œuvre vivante et organique.

« Write Away » : un morceau bonus devenu essentiel

LorsquePress To Playest sorti en 1986,Write Awayn’a pas été incluse dans la version vinyle ou cassette de l’album. Cette édition comprenait dix chansons, se terminant par le morceau «However Absurd». Cependant, dans la version compact disc,Write Awaya fait son apparition en tant que morceau bonus, aux côtés d’autres titres tels que «It’s Not True» et «Tough On A Tightrope». Ces chansons étaient un peu à l’écart de l’album principal, un clin d’œil aux fans qui recherchaient un contenu supplémentaire.

Bien qu’elle n’ait pas été un single majeur,Write Awaya tout de même trouvé sa place dans la discographie de McCartney, notamment avec sa présence sur le verso du single «Pretty Little Head». La version vinyle de ce single de 1986 contenait une version remixée de la chanson, ainsi queWrite Awaysur le b-side. Le single 12″ a quant à lui inclus une autre version remixée de la chanson, cette fois-ci étendue à 6:56 minutes, ainsi que des remixes d’autres morceaux dePress To Play. En 2022, dans le cadre de l’éditionThe 7″ Singles Box,Write Awaya été à nouveau mis en avant, cette fois en tant que face B du single «Pretty Little Head».

La touche McCartney : un son électronique et raffiné

SiWrite Awayest un morceau bonus, elle est loin d’être un simple ajout sans intérêt. La chanson, tout en étant ancrée dans les sonorités électroniques des années 80, reflète le désir de McCartney de s’aventurer dans des territoires sonores nouveaux. Utilisant des synthétiseurs et une basse synthétique,Write Awaydéploie un son que l’on pourrait qualifier de « classique » pour l’époque, mais qui, sous la plume de McCartney, conserve une dimension émotionnelle et humaine. En dépit de son instrumentation électronique, le morceau parvient à capturer une certaine chaleur, une qualité qui caractérise le travail de McCartney depuis ses débuts avec les Beatles.

La voix de McCartney, qui domine le morceau, reste claire et nette, presque éthérée, et le contraste entre la base électronique et la chaleur de sa performance vocale crée une atmosphère particulière, où les synthés et les guitares se fondent pour former un tout cohérent. McCartney et Stewart ont su tirer parti de la technologie de l’époque tout en restant fidèles à leur instinct créatif.

Une chanson qui incarne l’esprit de son époque

Write Awayest l’exemple parfait de la manière dont McCartney, tout en restant fidèle à son style unique, a su évoluer avec son temps. Ce morceau bonus, aujourd’hui reconnu comme une perle rare, a été conçu dans un contexte musical où les artistes cherchaient à explorer de nouveaux sons et à se réinventer à chaque album. En 1986, alors que la musique électronique et les productions synthétiques dominaient le paysage musical, McCartney a brillamment utilisé ces éléments pour ajouter une touche moderne à son œuvre.

Au-delà de son aspect sonore,Write Awayincarne aussi l’esprit d’une époque où les frontières entre les genres musicaux se sont estompées. Ce morceau est un mariage subtil entre le rock classique et les expérimentations électroniques, une signature de McCartney, qui, malgré sa renommée mondiale, n’a jamais cessé de repousser les limites de son art.

Conclusion : Un morceau souvent sous-estimé mais fondamental

Write Awayne fait peut-être pas partie des morceaux les plus connus de Paul McCartney, mais elle détient une place particulière dans son catalogue. Elle démontre non seulement la capacité de McCartney à se renouveler sans cesse, mais aussi son désir de collaborer avec des artistes ayant une vision musicale à la fois moderne et sophistiquée. Le morceau a su traverser le temps, et même si elle n’a pas connu un grand succès commercial,Write Awayreprésente un moment fascinant dans la carrière de McCartney, une chanson qui, en tant que bonus, révèle toute la profondeur et la créativité de l’artiste.

    


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