Avec Rushes (1998), Paul McCartney et Youth, sous le nom de The Fireman, plongent dans l’ambient et l’expérimental. 7 a.m., septième piste de l’album, illustre cette exploration sonore en mêlant textures électroniques, nappes de Mellotron et fragments d’enregistrements inédits. Une œuvre hypnotique et confidentielle, révélant un McCartney en quête de liberté musicale.
Le 21 septembre 1998 au Royaume-Uni et le 20 octobre aux États-Unis, Paul McCartney et son complice Martin Glover, alias Youth, dévoilaientRushes, le second album de leur projet The Fireman. Une plongée hypnotique dans un univers ambient et électronique qui marquait une rupture avec les productions plus conventionnelles de l’ex-Beatle. Parmi les pistes les plus fascinantes de cet album figure« 7 a.m. », septième morceau de l’opus, un titre qui incarne parfaitement l’esprit exploratoire et onirique deRushes.
Une genèse dans l’intimité du Hog Hill Mill
L’enregistrement deRushess’est déroulé en février 1998, dans le cadre paisible de Hog Hill Mill, le studio personnel de McCartney situé dans le Sussex de l’Est. Contrairement à la plupart de ses albums solo, où McCartney met en avant sa voix et ses mélodies accrocheuses,Rushesprend un tout autre chemin. Ici, l’approche est plus abstraite, jouant sur des textures sonores éthérées et des boucles hypnotiques.
Ce projet, né de l’alchimie entre McCartney et Youth, repose sur un processus créatif dépouillé de contraintes commerciales. L’objectif ? Explorer de nouvelles formes musicales en fusionnant l’organique et l’électronique.
7 a.m.: Un patchwork sonore aux racines cachées
« 7 a.m. »ne se contente pas d’être une simple composition ambient. Ce morceau est un véritable laboratoire sonore, où McCartney et Youth recyclent et transforment des éléments issus d’enregistrements antérieurs. En effet, plusieurs morceaux de l’album, dont« Bison »,« Auraveda »et« 7 a.m. », empruntent des fragments de« Hey Now (What Are You Looking at Me For?) », une chanson inédite enregistrée par McCartney en octobre 1995.
Le morceau illustre la liberté totale du projet The Fireman. Les instruments se fondent dans une trame sonore en perpétuel mouvement, où se mêlent synthétiseurs vaporeux, percussions subtiles et nappes de Mellotron. On y retrouve la patte multi-instrumentiste de McCartney, qui assure ici guitares, basse, claviers, batterie et percussions.
Un album confidentiel mais influent
SiRushesn’a pas connu de succès commercial retentissant, il a trouvé son public chez les amateurs d’expérimentations musicales. Avec The Fireman, McCartney s’affranchissait des attentes liées à son statut de légende du rock pour s’aventurer sur des terrains musicaux plus abstraits et sensoriels. Un prélude à d’autres aventures musicales qui, quelques années plus tard, trouveraient écho dans des albums tels queElectric Arguments(2008), où la frontière entre The Fireman et McCartney solo deviendrait plus poreuse.
Aujourd’hui,7 a.m.et l’ensemble deRushesrestent des témoignages fascinants de la capacité de McCartney à se réinventer en dehors des schémas conventionnels. Une invitation à la découverte d’un pan méconnu de son immense discographie, où l’expérimentation prévaut sur la mélodie, et où l’ombre du Beatle laisse place à l’artiste visionnaire.
