Mary Hopkin a connu une ascension fulgurante dans les annees 60, passant de l’anonymat d’un talent show britannique a une renommée mondiale. Decouverte par Twiggy, sa voix envoûtante a rapidement attire l’attention de Paul McCartney, qui l’a invitee a signer chez Apple Records. Avec son premier album Post Card et le hit planétaire Those Were The Days, elle a envahi les charts britanniques et internationaux. Un evenement promotionnel a la Post Office Tower et le single Goodbye viennent confirmer son talent et sceller un destin hors du commun, symbole d’une epoque ou un concours pouvait changer une vie.
Il est des trajectoires fulgurantes qui relèvent du conte de fées, et celle de Mary Hopkin en fait partie. De l’anonymat d’un modeste talent show britannique à la gloire internationale, la chanteuse galloise a vu sa carrière propulsée par une rencontre décisive : celle de Paul McCartney. Avec Post Card, son premier album, sorti en février 1969 sous la houlette du Beatle, Mary Hopkin inscrit son nom au panthéon des voix intemporelles.
Sommaire
- Une découverte improbable
- Those Were The Days, un succès planétaire
- Post Card : un album sur mesure
- Une carrière sous l’aile des Beatles
- Un succès fulgurant mais éphémère
- L’héritage de Post Card
Une découverte improbable
Tout commence en mai 1968. Mary Hopkin, alors âgée de 18 ans, participe à l’émission Opportunity Knocks, l’un des plus célèbres tremplins télévisés du Royaume-Uni. Sa voix cristalline et son charisme discret lui permettent de remporter le concours, mais c’est une spectatrice inattendue qui va changer le cours de sa vie : Twiggy. La célèbre mannequin britannique, fan de son interprétation, parle de Mary à Paul McCartney.
L’histoire prend alors un tournant extraordinaire. Peu de temps après, Mary reçoit un appel d’Apple Records, le label créé par les Beatles. « J’ai appelé et on m’a passé un type avec un accent de Liverpool qui m’a proposé de venir à Londres pour signer un contrat. J’ai été prudente, je trouvais ça soudain. Il m’a alors dit : ‘Va demander à ta mère !’ Ma mère a failli lâcher le téléphone quand il a ajouté : ‘Au fait, c’est Paul McCartney’ ! » se souvient-elle.
Those Were The Days, un succès planétaire
Sous la direction bienveillante de McCartney, Mary Hopkin enregistre son premier single, Those Were The Days. Cette chanson, inspirée d’un air folklorique russe, devient un succès mondial. En quelques semaines, elle s’empare de la première place des charts britanniques et grimpe jusqu’au numéro 2 aux États-Unis, seulement surpassée par Hey Jude des Beatles. Loin d’un simple coup de chance, ce triomphe confirme le talent de la jeune artiste et la place parmi les voix les plus marquantes de son époque.
Post Card : un album sur mesure
Fort de ce premier exploit, Paul McCartney prend en charge la production intégrale de Post Card, le premier album de Mary Hopkin. Le disque, publié le 21 février 1969, est un subtil équilibre entre compositions originales et reprises raffinées, mettant en valeur la voix pure et expressive de la chanteuse. Parmi les titres marquants, on retrouve plusieurs chansons signées Donovan, une composition de Harry Nilsson et un morceau spécialement écrit pour elle par George Martin, le producteur emblématique des Beatles.
Fait notable, la version britannique de l’album ne contient pas Those Were The Days, tandis que l’édition américaine l’intègre pour capitaliser sur le succès du single. Cette différence illustre les stratégies divergentes adoptées sur les deux marchés, avec une ambition claire : faire de Mary Hopkin une star de dimension internationale.
Une carrière sous l’aile des Beatles
Le lancement de Post Card est orchestré avec soin par Apple Records. Huit jours avant sa sortie, un événement promotionnel est organisé au restaurant tournant du Post Office Tower de Londres, culminant à 158 mètres d’altitude. Paul McCartney est présent, confirmant son soutien indéfectible à la chanteuse.
La même année, Mary Hopkin enregistre Goodbye, une chanson composée par McCartney lui-même. Ce titre, qui atteint la deuxième place des charts britanniques, est empêché d’atteindre la première place par un autre classique des Beatles, Get Back. Une ironie du sort qui souligne l’omniprésence du groupe dans le paysage musical de l’époque.
Un succès fulgurant mais éphémère
Malgré ce départ en fanfare, la carrière de Mary Hopkin prend rapidement une direction plus discrète. Peu intéressée par la vie de star, elle s’éloigne progressivement du devant de la scène, préférant explorer d’autres horizons musicaux. Toutefois, Post Card reste un témoignage fascinant de cette époque où les Beatles tentaient de façonner de nouveaux talents sous l’égide d’Apple Records.
L’album, réédité en 2010 avec des titres bonus, continue de captiver les amateurs de pop-folk raffinée. Il demeure un joyau du catalogue Apple et une œuvre emblématique de la fin des années 1960, incarnant la magie d’une rencontre unique entre une jeune chanteuse talentueuse et un génie de la musique.
L’héritage de Post Card
Si Mary Hopkin n’a pas poursuivi une carrière sous les feux de la rampe, son influence reste intacte. Sa voix douce et son univers musical ont inspiré de nombreux artistes, et Post Card demeure une pierre angulaire de la pop britannique de la fin des sixties.
Le conte de fées musical de Mary Hopkin est donc loin d’être oublié. Il résonne encore aujourd’hui, porté par la nostalgie d’une époque où tout semblait possible, et où un simple talent show pouvait mener jusqu’au sommet des classements mondiaux, sous l’aile bienveillante d’un Beatle. Un destin hors du commun pour une voix inoubliable.
