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Rade terminus

Publié le 06 septembre 2008 par Lorraine De Chezlo
de Nicolas Fargues
Roman - 300 pages
Editions POL - août 2004
Editions Folio Poche - janvier 2006
Madagascar, côté Océan Indien. A Diégo-Suarez (Antsiranana), les vestiges coloniaux sont le lieu d'un brassage entre la population locale et un certain nombre d'expatriés qui s'y retrouvent pour diverses raisons. Il y a la jeune femme Mathilde qui tient son journal et qui découvre ce pays sans préjugé, l'exaspérant Amaury qui lui en a plein sa tête de bourgeois prétentieux, Philippe le pragmatique qui connaît déjà bien l'île... Eux tous entretiennent des rapports plus ou moins compliqués, plus ou moins naturels avec les Malgaches qu'ils côtoient...

Entre rencontres intéressées, passades sexuelles, collaboration professionnelle... tout ce petit monde évolue sous le regard quasi ethnologue de Nicolas Fargues. On sent que l'auteur qui vit à Madagascar, retranscrit beaucoup de ce qu'il voit ou de ce qu'il a vécu. Et avec talent, avec son écriture fluide, son style très agréable à lire. Comme un puzzle, les personnages prennent tour à tour la parole, et Nicolas Fargues leur prête à chacun une forme narrative ou stylistique différente (Amaury envoie des mails à ses proches restés en métropole avec la syntaxe typique des messages électroniques, Mathilde livre des pages de son journal intime, de Philippe ce sont les monologues que l'on lira...)
Extrait :"Tous ces types, tous sans exception, étaient en rupture complète avec la France. Mariés et pères de famille en France où ils travaillaient dans l'informatique ou comme VRP, ils se retrouvaient à Diégo célibataires sans attaches, s'improvisaient restaurateurs, se reconvertissaient dans le tourisme, la location de 4x4 ou l'hôtellerie avec leurs petites économies. Ces types se tapaient des minettes malgaches de vingt ans en se prenant pour Eddy Barclay, tout ça parce qu'ils avaient une voiture de moins de quinze ans et qu'ils étaient abonnés à Canal Sat. Tout ça dans une ville abandonnée, en ruine, complètement mise sur les rotules par la guerre de 2002, une ville portuaire entourée par la mer mais où l'on ne voyait ni ne sentait jamais la mer."
Derrière une forme légère de feuilleton sentimentalo-tropical, Nicolas Fargues expose beaucoup de vérités sur ces expatriés qui se retrouvent souvent pour de mauvaises raisons dans des contrées pauvres où ils sont souvent perçus pour autres qu'ils ne sont. Souvent pathétique, rarement trop caricatural, cette descrition romancée de rapports Nord-Sud n'épargne personne, ni les blessures et les défauts des vazaha (Blancs), ni les mauvaises intentions des autochtones. L'avoir lu en Afrique a sans doute encore plus fait résonner en moi les mots de Nicolas Fargues..Madagascar, vu par une lutine malgache - Lutine's WinkCritique de "J'étais derrière toi" - Chez LoL'avis de Clarinette - Les lectures de Clarinette"Cohabitation drôle et tragique" - Ecrits-vains.com

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