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The Dark Knight de Christopher Nolan

Publié le 06 septembre 2008 par Ariane_

batman
Renouveler en partant du même, en gardant le même : impossible ?
Pas pour Christopher Nolan. The Dark Knight entraine les spectateurs dans un Gotham plus noir que jamais : la pègre et les blagues mortelles d’un fou dangereux prénommé le Joker, mettent la ville à feu et à sang.

Pour la sauver, tous les espoirs se tournent vers Harvey Dent, le nouveau procureur prêt à risquer sa vie pour la sauvegarde de la ville.
Un beau brin de folie parcourt le film du début à la fin. Le jeu d’acteur et la présence de Heath Ledger, associés à son personnage (le Joker) y sont pour quelque chose : comment ne pas succomber à ce visage maquillé de blanc, de rouge, et de mimiques qui feraient pâlir d’envie les personnages cinématographiques les plus dérangés du monde du cinéma ? Comment ne pas apprécier les discours du Joker, sorte de sombre fou du roi moderne, à ses heures romancier quand il s’agit d’expliquer à coups d’inspiration éclair d’où viennents cicatrices souriantes aux deux coins de sa bouche ? Comment ne pas déguster avec un certain malaise ses mises en scène carnavalesques où, invariablement, les gentils sont déguisés en méchants, et inversement ?

le joker

Batman, face à ce méchant d’entre les méchants n’est pas en reste : nouveaux costumes, nouveaux gadgets, prestance égale et ambigüité bienvenue. Chevalier noir, dit le titre : la personnalité du héros est là, inaltérable.
D’où le jeu amusé de Christopher Nolan : relier, coûte que coûte, Batman, et le Joker, celui qui a ses règles, celui qui n’en a pas. Ce goût du rapprochement amène à des points communs majeurs : démultiplication du visage du Joker autant que de l’habit de Batman, usage identique du plan panoramique à 360 degrés pour signifier que les deux hommes, face à autrui, ressentent le même tourbillon, la même puissance, le même désir de vitesse.
La longueur du film (2H30), permet la mise en scène de bons rebondissements, d’ événements imprévisibles, et une première fin, dramatique, qui aurait pu très bien convenir.
La suite se propose comme un long bonus pour le bonheur de tous les spectateurs : The Dark Knight n’a pas pour préoccupation première les sentiments, ou encore l’amour. Il s’agit plutôt des rapports de force entre trois hommes : Batman, le Joker, et Harvey Dent, chacun confrontés à leurs propres dualités.
Un regret peut-être : cette magnifique occasion finale d’enlever son masque, qui pourtant reste, et heureusement en fait, un fantasme du spectateur. Un nouveau film peut venir : Batman n’est pas démasqué, et de nouvelles aventures, sans doute plus dures encore, nous attendent.
Un film à voir, et à revoir, tant la mythologie de ce super héros s’y exerce pleinement, sans qu’on en vienne jamais à sourire, moqueur, toujours avec ce sérieux du spectateur absorbé par un film divertissant et un chef d’œuvre, en même temps.


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