Du 15 janvier au 26 mai 2025 s’était tenue l’exposition Suzanne Valadon au Centre Pompidou.
A côté des œuvres de Valadon elle-même, on pouvait voir aussi des tableaux d’autres peintres célèbres pour lesquels elle a servi de modèle (Cézanne, Toulouse-Lautrec, Renoir, Puvis de Chavanne) ou encore d’autres femmes artistes de la même époque (Marie Laurencin, Juliette Roche, …)
Voici la présentation de l’expo par le Centre Pompidou
Le Centre Pompidou consacre une monographie à Suzanne Valadon (1865-1938), artiste emblématique et audacieuse, l’une des plus importantes de sa génération. À la marge des courants dominants de son époque – le cubisme et l’art abstrait sont en germe alors qu’elle défend avec ardeur la nécessité de peindre le réel – elle place le nu, féminin comme masculin, au centre de son œuvre, représentant les corps sans artifice ni voyeurisme.
Mon avis
L’exposition m’a paru organisée de façon essentiellement thématique. Les différents genres abordés par Valadon étaient exposés successivement. Nous commencions par les portraits : autoportraits, portraits de groupes (notamment la famille et la belle-famille de l’artiste), portraits de son fils Maurice Utrillo (1883-1955) – également peintre célèbre, spécialisé dans les vues de Montmartre -, portraits de son mari, peintre aussi, André Utter (1886-1948). Un portrait du compositeur Erik Satie, vers 1892, nous rappelait que Valadon avait eu une liaison avec lui et qu’il avait écrit le morceau « Vexations » en l’honneur de leur rupture – un morceau pour piano que l’interprète doit répéter 840 fois ! Nous avions aussi des portraits d’amis et des portraits de commanditaires fortunés.
Les genres abordés dans la suite de l’exposition : paysages, bouquets de fleurs, natures mortes et, enfin, un grand nombre de nus féminins.
Dans les natures mortes, l’influence de Cézanne sur la manière de peindre les pommes m’a frappée.
Dans les portraits et d’autres tableaux, l’artiste introduit parfois des motifs décoratifs comme des drapés de tissus imprimés ou brodés, très colorés, jouant sur des courbes en arabesques, comme le faisaient déjà les nabis dans les années 1890 ou Matisse dans ce premier tiers du XXe siècle.
Autre détail rappelant Matisse : les ombres sont souvent figurées en vert. Dans les portraits et certains nus, cette nuance de vert accordée à de beaux rouges semble montrer que Valadon n’ignorait pas non plus Van Dongen et les Fauves.
Les nus sont très réussis, dans leur désir de réalisme, et le choix de modèles assez massifs, peu gracieux, donne aussi cette impression de réalité brute, crue, sans aucune idéalisation.
Valadon ne semble pas s’être adonnée à des réflexions théoriques poussées, contrairement à un grand nombre de peintres du XXe siècle, et j’ai beaucoup apprécié le côté charnel, sensuel, instinctif, de ses toiles, qui rompent avec les élucubrations très cérébrales de son temps !
Une expo qui nous a plu ! Une œuvre plutôt homogène, harmonieuse, franche.
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Quelques Tableaux



Cartel de « La boîte à violon« , ci-dessus
Réalisée à partir d’objets figurant dans l’atelier de Valadon, cette nature morte au thème inhabituel témoigne du talent de coloriste de l’artiste. Le rouge du drapé, sur lequel repose le violon posé sur une commode, contraste avec le bleu profond de l’intérieur de l’étui. Sur le rebord, un livre dont il est impossible de lire le titre, est près de tomber. En arrière-plan, on aperçoit la partie basse de son monumental tableau Le lancement du filet partiellement dissimulé par trois vases très colorés. On peut voir dans cette nature morte une représentation de la synthèse des arts (musique, littérature, art plastique et art décoratif).
(Source : musée)



Cartel du « Bouquet de fleurs » ci-dessus :
Le motif du bouquet de fleurs, présent notamment dans plusieurs portraits, devient un sujet autonome et récurrent dans les dernières années de Valadon. Souvent offertes en guise de remerciements aux proches de l’artiste, ces toiles se caractérisent par un certain dépouillement que seuls quelques détails ornementaux, comme ici les motifs circulaires incisés sur la panse du vase ou encore le petit napperon, viennent contrecarrer.
(Source : musée)
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