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Le bon sens près de ses sous

Publié le 06 septembre 2008 par Mcabon
Le bon sens près de ses sous

Le gouvernement réfléchit actuellement à la mise en place de deux types de prêts bonifiés à destination des propriétaires de logements afin d'améliorer leur isolation et à destination des étudiants afin de financer leurs études. Sous forme de prêts, à taux zéro pour le premier, à taux faible, on parle de 2 à 3 % pour le second, ces sommes seraient données sans autre conditions que de les rembourser. Voilà qui est intéressant pour plusieurs raisons.

Créativité des niches fiscales

Dans un contexte budgétaire difficile, taux de croissance en berne, déficits publics abyssaux, la créativité est de rigueur. Oups, j'ai dit rigueur. Recommençons, la créativité est reine. La première mesure découle de la prise en considération des menaces environnementales. Elle allie l'éthique, faire du bien à la planète, au bon sens, en profiter pour économiser de l'argent et des ressources. C'est une forme d'accord gagnant-gagnant où tout le monde trouve son intérêt. Limité, semble-t-il, la mesure n'est pas encore adoptée, à 30.000 euros, ce prêt peut permettre, comme ce furent le cas en leur temps pour l'assistance scolaire, le contrôle technique des véhicules..., la création d'un véritable marché solvable de l'équipement hypo-énergitivore. Avec à la clé des emplois non-délocalisables, somme toute intéressants, porteurs d'une valeur ajoutée collective. Enfin, c'est une mesure d'investissement pour l'avenir avec des résultats tangibles. C'est assez rare pour pouvoir le noter. Le recours à l'emprunt public ne devrait d'ailleurs être consacré qu'à ce type de mesures qui s'inscrivent sur le long terme au lieu d'emprunter sur les marchés financiers afin de payer les fins de mois difficiles de L'Etat. Le seul défaut réside dans le temps de l'annonce. Mise en avant quatre mois, au moins, avant son application, elle risque d'entraîner des reports de consommation de la part des ménages potentiellement intéressés. De plus, l'Etat devrait s'engager à indemniser les banques pour leur " manque à gagner ". A la lecture des nouveaux tarifs bancaires de ma banque, j'ai cru comprendre que cela n'était pas vraiment nécessaire. (PS : A quand un débat sur les droits des consommateurs en tant qu'entité collective dans notre pays, depuis la mise aux oubliettes des class action).

Conservatisme contre pragmatisme

La seconde mesure vise les étudiants : un prêt bonifié, avec règlement décalé dans le temps pour un montant max. de 15.000 euros. L'un des principaux syndicats étudiants, l'UNEF, déclare trouver l'idée mauvaise ou quand les jeunes sont déjà conservateurs. Certes, on a l'habitude dans notre pays que l'étudiant, caste sacrée, se voit payer, pour le bien de la nation, ses études et ses semaines de quatre jeudis. J'ai été étudiant, assez longtemps, et il arrivait que certaines semaines comptent plus de jeudis que de jours, mais c'est une autre histoire. Mais force est de constater qu'aujourd'hui le montant des bourses allouées aux plus méritants des étudiants, un peu plus de 20% de la population étudiante, ne suffit pas à nourrir son homme, c'est-à-dire payer le loyer, l'alimentation, les livres, les vêtements... Et encore pour ceux qui ont la chance de pouvoir en bénéficier. Pour les autres, " merci papa, merci maman " et le petit Jésus de leur donner leur pain quotidien, ou bonjour McDo ou les trottoirs de Paris, Manille ou d'Alger (quoique sur ce point, si elle existe, la prostitution estudiantine fait les gorges chaudes des journaux). Quand ce même syndicat appelle à l'autonomie des étudiants, on peut dénoncer le hiatus entre les deux positions. C'est plutôt démissionnaire (position... démissionnaire, pouf, pouf) de ne jamais rien accepter ni discuter. La mesure n'est pas parfaite : elle est conditionnée à l'acceptation des banques, rendue plus facile grâce au cautionnement de l'Etat à hauteur de 70%, limitée dans son montant et suppose un remboursement.

A quoi sert un prêt que l'on ne peut rembourser ?

La vraie question qu'il faut poser est : à quoi cela sert-il de faire des études aujourd'hui si c'est pour se retrouver à payer son prêt étudiant avec son SMIC durement gagné chaquee mois? Quelle est donc la valeur ajoutée des études et de la formation ? Elle existe bien évidemment mais pas pour toutes les filières ni pour toutes les spécialités. Et une autre interrogation encore, puisque la vraie raison d'être de ces dispositions est l'impasse financière dans laquelle se trouve l'Etat qui lui impose de prendre des décisions drastiques. Elle s'adresse à nos aînés : qu'avez-vous fait de notre argent ? De ces 1.100 milliards d'endettement public qui plombent le budget de l'Etat et qui lui empêchent de trouver les marges de manœuvres.


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