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Cinéma : « Grand Tour » de Miguel Gomes

Publié le 17 novembre 2025 par Paulo Lobo
Cinéma Grand Tour Miguel Gomes
Cinéma Grand Tour Miguel Gomes
Vu dans le cadre de la 16e édition du festival du Cinéma portugais, le Grand Tour du réalisateur portugais Miguel Gomes fait partie de ces films qui, lors d’un premier visionnage, peuvent être douloureux à regarder, déroutants…

Très lent, hypnotique, il semble ne rien raconter au sens classique du terme. On se demande : à quoi tout cela rime-t-il ?

Et pourtant, une fois la projection terminée, les images continuent de nous accompagner. L’atmosphère demeure, la poésie s’infiltre peu à peu, et l’on se surprend à penser : il faudrait que je le revoie calmement, comme on replonge dans une peinture pour en apprécier tous les détails.

C’est un film qui ne se regarde pas vraiment : il se rêve.

Un rêve éveillé, fait d’atmosphères, de silence, de vide.

Un geste de méta-cinéma où Miguel Gomes interroge sans cesse la représentation : la fiction, le réel, les êtres, l’Histoire. Une mise à distance permanente de l’émotion.

À plusieurs reprises, j’ai pensé au cinéma d’Antonioni et à sa manière de travailler les lieux habités par le vide.

Mais Pasolini n’est jamais loin non plus, avec ce mélange de réalisme poétique, de fiction traversée par le réel — parfois même par une forme d’ethnographie.

La deuxième partie, centrée sur le personnage de Molly, bénéficie de l’incroyable présence de l’actrice Crista Alfaiate, dont le charme et la fragilité nourrissent le film.

Oui, le film est long et très lent. Oui, il arrive qu’on sente le sommeil nous gagner, qu’on bascule un instant dans les bras de Morphée avant de revenir, comme si l’on passait d’un rêve à l’autre. Mais c’est aussi cela qui fait sa force : une atmosphère envoûtante, une mise en abyme subtile où le spectateur se voit presque en train de regarder.

Par moments, on frôle sans doute un certain hermétisme, voire un snobisme un peu raide.

Mais au final, on reste frappé — parfois même subjugué — par le talent poétique de Miguel Gomes.


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