Cela fait quinze ans que Sophie Adriansen publie des livres et que je la suis dans son parcours d’écriture, notamment lorsqu’elle s’intéresse à la maternité. Dans cet article sur son blog, vous découvrirez à quel point son œuvre est imprégnée d’échos et de révoltes personnelles. Elle s’intéresse, via l’album que je présente aujourd’hui, à l’accouchement par césarienne. Les illustrations sont d’Alma. Je n’ai pas eu les mêmes accouchements que le personnage de cette BD, Je suis donc rentrée dans une histoire inconnue pour moi. Mes accouchements ont été pour autant assez brutaux, je m’en rends compte aujourd’hui. J’ai d’ailleurs écrit mon premier texte de vie de blog sur le sujet. Ce qui m’a interpellée dans cet album est à quel point le mot « confort » est souvent associé à tort au mot « césarienne » (ce qu’on entend par « voie haute ») et à quel point aussi les émotions liées peuvent être fortes, entre la culpabilité et le sentiment d’être passée à côté de son accouchement.
Le résumé
« Accoucher par césarienne ». Clémentine et Rémi n’avaient pas imaginé ce projet de naissance pour leur premier enfant. Clémentine a du mal à se remettre de ce scénario et cela impacte son lien avec Nathan. Loin du mythe de l’accouchement de « confort », la jeune femme culpabilise, jusqu’à ce qu’on lui donne cette information : la césarienne était la seule « option possible » dans son cas. Mais comment surmonter le traumatisme vécu pour autant ? Comment retrouver la paix ?
Mon avis
J’ai été très touchée par l’histoire de Clémentine qui m’a questionnée sur mon propre regard sur l’accouchement par césarienne et sur la manière que nous avons en tant que mère de parfois glorifier l’accouchement par « voie basse ». Chaque naissance contient ses combats et chaque histoire est particulière, il n’y a pas de hiérarchie à attribuer ici. Personnellement, je me questionne beaucoup sur les « projets de naissance » qui se rédigent actuellement. Je pense que si j’avais dû en imaginer, j’aurais été très déçue par la réalité de mes accouchements, qui étaient tout sauf prévisibles, doux et parfaits : une maternité bondée pour le premier, donnant l’impression de mettre au monde à la chaîne, et une naissance prématurée pour le second. Cependant, je suis née moi-même par césarienne et j’ai été la destinataire de ce récit de naissance là. Cet album trouvera certainement un écho chez toutes les mères, mais plus particulièrement chez celles qui n’ont pas pu mettre de mots sur leurs ressentis, surtout si on leur a signifié que la césarienne était « une chance ». Si ce sujet vous intéresse et si, comme moi vous adorez les dessins d’Alma, cette BD est faite pour vous.


Editions First – 30 octobre 2025
J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup… 
Lu dans le cadre de

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