C'est très récurrent.
On appelle ça, de nos jours, souvent des easter eggs. Comme dans oeufs de pâques, qu'il faille faire chercher aux enfants à Pâques. On cache quelque chose sans vous le dire, à vous de le trouver.
Mais parfois l'appât est très exposé. C'est toujours pour s'amuser. Un verbe si beau dont on oublie la saveur: amuser.
Les théories sont allées dans tous les sens. De "I just can't take it anymore" à "Radiohead" en passant par "We're all pretending to be okay". Le mystère était volontaire. Les gars de Radiohead sont très intelligents. Ils voulaient que chacun/chacune, se fasse sa propre idée. S'approprie sa compréhension vibratoire. L'essence de leur art.
Le point de rupture avec le traditionnel n'est jamais loin.
Après des années à explorer la déconnexion. In Rainbows plonge à l'intérieur la palette de la chaleur. Les textures, la voix, les guitares, l'équilibre est parfait. L'album est même frère spirituel de Ok Computer. 10 ans plus tard, deux albums de 10 chansons, les deux titres de 10 lettres, semblent se répondre. Ok Computer est externe, anxieux et macro. In Rainbows, interne, sensuel et micro. Ok... dissèque les systèmes. In... habite les corps. Ok... plane dans la terreur métallique. In...brille de couleur organique.
Placé côté à côte, comme ils en ont eu la bonne idée sur Spotify sur un album appelé habilement Radiohead 0110, où on y met la première chanson d'Ok...suivie de la première d'In... et ainsi de suite pendant 1h36 glorieusement musicale, on vit la descente et l'ascension. Le diagnostique et la guérison. La fragmentation et la reconstruction. L'Arc-en-ciel naturel ne nie pas les sombres prémonitions d'Ok, blanc froid informatique. Il complète le tout avec une résilience émotive qu'ils avaient besoin de vivre sur 10 ans. Et que les plus fidèles comme moi ont vécu avec eux.
Ces 2 albums sont comme deux chambres d'un même coeur. Une contractée, l'autre relâchée. Bouclant la boucle d'une tension restant arc moteur cohérent de la musique moderne comme cette manière d'auto distribution qui voulait alors, en 2007, qu'on paie ce qu'on voulait pour télécharger l'album sur nos applications. Et qui fût un relatif échec puisque le montant moyen payé dans le monde aura été de 6$. Moi je l'avais téléchargé gratis. Mais c'est un album parfait pour moi et qui marque encore ma vie.
Si Ok Computer capturait le futur qui ne s'ouvrait pas autant qu'il se refermait sur soi-même, In Rainbows capturait l'idée d'y avoir survécu.
Mais celle de Radiohead, Paranoid Android, 3h04, est parfaitement équilibrée pour moi. Me transporte entièrement.
Et le combo d'Ok...et In... j'y retourne encore très souvent à cette 1h36.
Radiohead me garantie voyage à chaque écoute.
Sans subliminal.
Ou avec ?...
Je ne sais trop.
Avec mystère, chaleureux pouls existentiel et textures sonores qui me charment entièrement, très certainement.
Soignant l'androïde paranoïaque en moi.
