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Dave Grohl : pourquoi Ringo Starr était le cœur des Beatles

Publié le 26 décembre 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Dave Grohl, ex-Nirvana et leader des Foo Fighters, défend Ringo Starr comme l’élément clé des Beatles. Souvent sous-estimé, Ringo a apporté un groove unique et une rythmique inimitable au groupe. Son influence s’étend bien au-delà des Beatles, inspirant encore aujourd’hui de nombreux musiciens. Pour Grohl, Ringo n’était pas seulement un batteur, mais le fondement du son des Fab Four.


Paul, John, George ou Ringo ? C’est la question que tout amateur des Beatles finit inévitablement par se poser. Chacun a son favori, et chacun est prêt à défendre son choix avec passion. Mais lorsqu’un musicien de la trempe de Dave Grohl se penche sur le sujet, son avis mérite qu’on s’y attarde. Pour lui, la réponse est claire : si les Beatles ont révolutionné la musique, c’est en grande partie grâce à leur batteur, Ringo Starr.

Le leader des Foo Fighters et ex-batteur de Nirvana est formel : « Si les Beatles étaient le groupe rock’n’roll originel, alors Ringo était le batteur rock’n’roll originel. » Une déclaration qui va à l’encontre des clichés dont Starr a souvent été victime, relégué au second plan dans l’ombre des trois autres membres du groupe. Pourtant, Grohl en est convaincu : Ringo était l’élément clé, le pilier autour duquel tout tournait.

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Un batteur sous-estimé

Depuis des décennies, Ringo Starr traîne une réputation injuste. La célèbre (et fausse) citation attribuée à John Lennon – « Ringo n’était même pas le meilleur batteur des Beatles » – a largement contribué à perpétuer cette image. Et le fait qu’il ait rarement signé des chansons au sein du groupe n’a pas arrangé les choses.

Mais ceux qui connaissent véritablement la musique savent que la technique ne fait pas tout. Dans le cas des Beatles, l’apport de Ringo allait bien au-delà de la simple frappe de caisse claire ou de roulements de toms. Grohl rappelle ainsi qu’avant l’arrivée de Starr, le groupe peinait à décoller. Lorsque George Martin, leur futur producteur, les découvre, il est sceptique, principalement en raison du jeu de leur batteur de l’époque, Pete Best. La rigueur et la créativité rythmique manquent cruellement au groupe. Avec l’arrivée de Ringo en 1962, tout change : « Ringo semblait être le fondement des Beatles », insiste Grohl.

Une signature sonore inimitable

Le jeu de batterie de Ringo Starr est souvent sous-estimé parce qu’il ne mise pas sur la démonstration technique. Son importance réside ailleurs : dans son swing unique, son groove inimitable et sa capacité à servir la chanson avant tout.

« Son swing et son backbeat portent tellement de chansons des Beatles », souligne Grohl. À une époque où l’enregistrement dépendait entièrement de la performance des musiciens – bien avant l’ère de la correction numérique – la qualité d’un morceau reposait en grande partie sur le batteur. Starr, avec son approche singulière et sa formation inspirée du jazz, a su donner une texture et une dynamique aux compositions du groupe.

Sa frappe est immédiatement reconnaissable. Retirez tous les instruments d’un morceau des Beatles, et vous saurez encore que c’est du Ringo, assure Grohl. « C’est ça, la marque d’un batteur signature. C’est ce que tous les batteurs recherchent toute leur carrière, mais peu y parviennent. »

L’héritage de Ringo dans le rock

Si Ringo Starr a été tant moqué, c’est en partie parce que son génie ne se mesure pas avec les critères habituels. Il n’a pas la vitesse d’un Keith Moon ou la puissance d’un John Bonham, mais il possède ce que beaucoup leur envient : un style reconnaissable entre mille.

Preuve de son influence, Dave Grohl raconte que son propre groupe, les Foo Fighters, s’inspire directement de Starr en studio. « Quand on enregistre et que je veux une rythmique particulière, je dis à Taylor Hawkins : ‘Fais un Ringo’. Et tout le monde sait exactement de quoi je parle. » Ce langage codé en dit long sur la place que Starr occupe dans l’histoire du rock.

Ceux qui continuent à le voir comme un simple accompagnateur oublient que, sans sa contribution, les Beatles n’auraient peut-être jamais atteint les sommets qu’ils ont connus. Son groove a façonné leur son, ses roulements de toms sont gravés dans la mémoire collective, et son attitude discrète mais essentielle a maintenu l’équilibre d’un groupe souvent tiraillé par les tensions internes.

Plus qu’un batteur, un pilier

Ringo Starr n’a peut-être pas l’aura mystique de John Lennon, le génie mélodique de Paul McCartney ou la profondeur spirituelle de George Harrison. Mais sans lui, les Beatles n’auraient jamais été les Beatles.

Dave Grohl l’a compris mieux que personne. Et si un musicien ayant marqué deux des plus grands groupes de rock de l’histoire défend ainsi Ringo, c’est peut-être qu’il est temps de reconsidérer l’importance du plus mal-aimé des Fab Four.

Dans un monde où l’on glorifie souvent la virtuosité et la flamboyance, Ringo Starr rappelle une vérité essentielle : parfois, c’est dans la simplicité que réside le génie. Et si, au final, ce qui compte n’est pas d’être le meilleur, mais d’être irremplaçable ?


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