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Paul McCartney oublie certaines chansons des Beatles : pourquoi ?

Publié le 28 décembre 2025 par John Lenmac @yellowsubnet

Paul McCartney a récemment avoué ne plus se souvenir de certaines chansons des Beatles, comme « Hold Me Tight » et « Little Child », issues de l’album With The Beatles (1963). Ces morceaux, conçus sous la pression d’une production rapide, soulèvent la question de l’impact du rythme effréné sur la postérité de certaines compositions. Pourtant, bien que mineurs, ces titres restent représentatifs du rock énergique des débuts du groupe et continuent d’être redécouverts par les fans et la critique.


L’histoire des Beatles est jalonnée de chefs-d’œuvre ayant marqué l’histoire de la musique. Pourtant, au sein de cette discographie immense, certaines chansons sont tombées dans l’oubli, y compris aux yeux de leurs propres créateurs. Récemment, Paul McCartney a avoué ne pas se souvenir de certaines compositions qu’il a pourtant signées avec John Lennon. Parmi elles, Hold Me Tight et Little Child, deux morceaux issus de l’album With The Beatles (1963). Cette révélation soulève une question fascinante : à quel point l’urgence de la production influait-elle sur la qualité et la postérité des chansons des Fab Four ?

Sommaire

Le rythme effréné des débuts

En 1963, les Beatles connaissent une ascension fulgurante. Propulsés par le succès de Please Please Me, leur premier album, ils sont soumis à une pression constante pour produire de nouveaux morceaux. Leur maison de disques, Parlophone, veut capitaliser sur leur popularité, ce qui signifie qu’ils doivent composer et enregistrer rapidement. Contrairement à la période studio qui suivra à partir de Rubber Soul (1965), les premières années du groupe sont marquées par une cadence infernale.

C’est dans ce contexte que sont nées des chansons comme Hold Me Tight et Little Child. Paul McCartney a lui-même qualifié ces titres de « chansons de travail », c’est-à-dire des morceaux composés dans l’urgence, parfois en quelques heures seulement, afin de remplir les albums. Il confesse d’ailleurs : « Je ne me souviens pas beaucoup de Hold Me Tight. Certaines chansons n’étaient que du travail, et on ne garde pas toujours un souvenir précis de celles-ci. »

Des chansons sans ambition assumée ?

Si certaines compositions des Beatles ont été créées dans un élan d’inspiration fulgurante (Yesterday, A Hard Day’s Night), d’autres sont nées d’une nécessité purement fonctionnelle. Little Child en est un parfait exemple. Paul McCartney a déclaré qu’elle avait été écrite pour être un titre interprété par Ringo Starr, même si ce fut finalement John Lennon qui en assura le chant principal. Lennon lui-même, en 1980, se souvenait de ce titre comme d’une « tentative de donner une chanson à quelqu’un », preuve que ce morceau n’avait pas été conçu avec une ambition particulière.

Pourtant, ces morceaux, bien que jugés anecdotiques par leurs propres auteurs, font partie intégrante du son des premiers Beatles. À défaut d’être des chefs-d’œuvre, ils sont symptomatiques d’une époque où la priorité était de délivrer des morceaux énergétiques et accessibles au grand public. Little Child, avec son piano bondissant et son rythme effréné, reste une belle illustration du rock ‘n’ roll juvénile qui a fait la renommée du groupe.

Une redécouverte critique

Si les Beatles eux-mêmes ne gardent pas un souvenir marquant de certaines chansons, la critique et les fans ont parfois un regard plus indulgent. Richie Unterberger, critique chez AllMusic, a estimé que Little Child n’était peut-être pas un sommet de sophistication, mais qu’elle restait « du pur rock ‘n’ roll fun ». Cette perception met en lumière un élément fondamental de la carrière des Beatles : même leurs chansons « mineures » conservent une vitalité et une spontanité qui les rendent attachantes.

D’autres morceaux, jugés secondaires à l’époque, ont fini par connaître une réhabilitation critique. Des titres comme I’m Only Sleeping ou You Know My Name (Look Up the Number), autrefois perçus comme anecdotiques, sont aujourd’hui analysés sous un prisme différent, éclairant la diversité et la richesse du répertoire des Fab Four.

Une mémoire sélective

Il est intéressant de noter que Paul McCartney, dont la mémoire musicale est impressionnante, puisse oublier certaines de ses propres compositions. Cela soulève une question essentielle sur la manière dont les artistes perçoivent leur propre travail. Les chansons créées dans l’urgence sont souvent reléguées à l’arrière-plan, éclipsées par les classiques qui ont bénéficié de plus de réflexion et de soin. De plus, après plus de 60 ans de carrière et des centaines de morceaux composés, il est naturel que certains d’entre eux disparaissent dans les méandres de la mémoire.

L’héritage des « chansons de travail »

Bien qu’elles ne soient pas aussi célèbres que Let It Be ou Hey Jude, les chansons comme Hold Me Tight et Little Child font partie du socle qui a permis aux Beatles d’évoluer. Elles illustrent l’incroyable capacité du duo Lennon-McCartney à produire des chansons de qualité même sous pression. En somme, si McCartney a oublié ces morceaux, les fans, eux, ne les ont pas totalement laissés dans l’ombre.

Cette confession de Paul McCartney nous rappelle que même les génies de la musique ont leurs instants de doute et d’oubli. Mais si certaines chansons ont été conçues comme de simples « remplissages », elles font aujourd’hui partie d’un patrimoine musical qui continue de captiver les auditeurs de génération en génération.


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