Traduit de l’anglais (Nigéria) par Maurice Pagnoux
Je vais aller à l’encontre de tout ce qu’il faut faire pour avoir de l’audience, vous parler ici d’un livre épuisé et d’une autrice à priori impossible à trouver de nos jours en librairie. Mais pour tout dire, cela m’amuse beaucoup et je ne serais pas contre avoir une minuscule influence pour la remettre en lumière. Il faut aussi que je vous raconte combien j’aime les pages roses de chez Gaïa, qui semblent avoir disparues elles aussi, et qui pour moi sont très liées à Jorn Riel et plus personnellement à mes années de vendeuse en librairie dans les années 90. Bref, j’ai décidé de me refaire un petite collection vintage. J’ai déjà quelques autres exemplaires chinés et non lus, aux pages roses donc, dans ma PAL.
Le résumé
Gwendolen vit à la Jamaïque. Elle ne va pas à l’école. Son quotidien avec sa grand-mère est rude. Elle travaille toute la journée pour produire une quantité de miel à peine assez suffisante pour survivre. Sa mère est partie rejoindre son père en Angleterre la laissant aux soins de sa grand-mère. Des petits frères et sœurs sont nés là-bas depuis. Vers l’âge de neuf ans, la petite fille a subi les assauts d’Oncle Johnny, un ami de la famille, que tout le monde trouvait jusque-là sympathique. Le dénoncer n’aura pas les conséquences qu’elle espérait. On la suspecte d’être responsable. Heureusement, ses parents lui permettent enfin de les rejoindre. Gwendolen place tous ses espoirs dans cette nouvelle vie sans comprendre vraiment qu’elle est surtout attendue pour aider sa mère, tenir la maison et s’occuper du reste de la fratrie.
Mon avis
Buchi Emecheta vient d’une famille igbo, un peuple du sud-est du Nigéria, mais elle est née à Lagos, au sud-ouest du pays. Elle fréquente d’abord une école missionnaire pour filles, puis obtient une bourse pour intégrer une école méthodiste jusqu’à ses seize ans, âge auquel elle se marie. En 1962, elle part s’installer en Angleterre. Après avoir subi des violences conjugales, elle se met à écrire. Elle quitte son mari et reste en Angleterre, où elle élève seule ses cinq enfants tout en travaillant et en poursuivant des études de sociologie. Elle obtiendra finalement un doctorat. L’autrice connaît donc parfaitement le choc thermique et culturel vécu par son personnage, Gwendolen, à son arrivée en Angleterre mais aussi la difficulté de grandir en tant que femme dans un contexte où l’émancipation est exclue. J’ai été très touchée par ce récit dur et visiblement si proche du réel. Pour autant, ce roman n’est pas manichéen, mais profondément humain, ce qui lui donne une étrange beauté, très inspirante.
Editions Gaïa – 16 août 2000
J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup… 
Les titres de cette autrice dans le catalogue de chez Gaïa
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