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L’Exposition Maximilien Luce au musée de Montmartre (été 2025)

Par Etcetera
L’Exposition Maximilien Luce musée Montmartre (été 2025)Autoportrait, vers 1910

L’exposition « Maximilien Luce, l’instinct du paysage » s’est tenue au musée de Montmartre entre le 21 mars et le 14 septembre 2025.
Comme ce peintre paysagiste – ami de Seurat, Signac, Cross, Pissarro – a beaucoup voyagé en Europe et que ces voyages lui ont inspiré certaines de ses plus belles œuvres, cet article prend place dans mon mois thématique sur le voyage.

Voici la présentation que le musée en faisait sur son site internet :

Pionnier du néo-impressionnisme, pilier des milieux anarchistes et libertaires, Maximilien Luce (1858-1941) a marqué son époque par un engagement artistique et politique profond. Peintre des paysages urbains et ruraux et de la condition humaine, il a su capturer les transformations sociales et industrielles de son temps avec une sensibilité unique.
Première rétrospective parisienne depuis 1983 dédiée à ce peintre majeur du néo-impressionnisme, l’exposition se tient à quelques pas des lieux où Luce a résidé de 1887 à 1900, rue Cortot. Ancré dans l’histoire montmartroise et dans les contradictions de son époque, le travail du peintre est mis en lumière dans cette exposition qui vise à réaffirmer son importance et fait découvrir son œuvre souvent méconnu au grand public.

Mes Impressions sur cette visite

Connaissant déjà un petit peu le mouvement néo-impressionniste, j’ai surtout cherché dans cette exposition en quoi Maximilien Luce se distinguait de ses amis, ce qui le rendait original par rapport au reste du groupe. Il semble que la couleur pourpre ou violette ait eu une importance particulière pour lui, comme dans cette « Cathédrale de Gisors » (1897) aux teintes improbables (cf. ci-dessous) ou encore dans les tableaux nocturnes qu’il a créés. Dans ce sens, j’ai été particulièrement impressionnée par ses toiles peintes en Belgique, dans la région de Charleroi, autour des usines aux cheminées fumantes ou des mines de charbon. En tant qu’anarchiste, très sensible aux questions sociales et à la condition ouvrière, Maximilien Luce était nécessairement intéressé par ces thèmes industriels. Devant ces tableaux, on se dit que le monde de l’usine et de la mine acquiert ici une grande beauté. Maximilien Luce choisit d’en proposer des visions nocturnes ou crépusculaires qui lui permettent de développer des harmonies de couleurs séduisantes (noir du charbon, mauve du ciel et des fumées, feux dorés des usines). Peut-être le peintre cherche-t-il aussi à nous montrer que ces activités industrielles ne connaissent pas de répit : on y trime de jour comme de nuit. Pour un spectateur de 2025, ces toiles sont aussi les témoignages d’un monde disparu, très emblématique du 19e siècle, qui nous renvoie à « Germinal » (1885) de Zola, aux dures répressions des grèves de l’époque.
J’ai aimé aussi les toiles peintes dans le midi de la France, à Saint-Tropez, car la touche pointilliste et divisionniste du peintre rend la lumière vibrante et intense, comme elle l’est en été dans ces régions ensoleillées.
Une exposition tout à fait belle et passionnante !

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Panneau explicatif : « Belgique, le choc du pays noir »

Les pinceaux de Luce s’agitent également à l’étranger. Les expositions collectives auxquelles il participe très tôt l’amènent à Bruxelles, notamment l’Exposition des XX en 1892. Luce retourne en Belgique trois ans plus tard sur l’invitation de son ami, le poète Emile Verhaeren. Il découvre Charleroi, chef-lieu d’une région industrielle qui compte un quart des mines belges et 80 000 ouvriers.
Le dépaysement est total. Luce, familier des faubourgs industriels d’Île de France, est bouleversé par cet environnement lunaire, où le noir du charbon domine. Il se confie à Henri-Edmond Cross : « Ce pays m’épouvante […] c’est tellement terrible et beau que je doute de rendre ce que je vois. » Quel défi de peindre ce paysage hostile, dominé par des terrils gigantesques et des cheminées. Luce peint sans relâche la région, de jour comme de nuit, longeant la Sambre, lors de quatre voyages réalisés jusqu’en 1899. Le résultat présenté à la galerie Durand-Ruel la même année, avec 33 tableaux, est un triomphe de couleurs.
(Source : musée)

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L’Exposition Maximilien Luce musée Montmartre (été 2025)Saint-Tropez, la route du cimetière. 1892 Le port de Saint-Tropez, 1893 La Tamise et le Parlement à Londres, 1895 L’Exposition Maximilien Luce musée Montmartre (été 2025)Terril de charbonnage, 1896 (Belgique) L’Exposition Maximilien Luce musée Montmartre (été 2025)Usines près de Charleroi, 1897 L’Exposition Maximilien Luce musée Montmartre (été 2025)La cathédrale de Gisors, 1897 Le Port de Rotterdam. 1907

Cartel du Port de Rotterdam, ci-dessus :

Luce trouve la ville de Rotterdam semblable à Londres. Ce sont les effets atmosphériques qui attirent son attention. Dans cette vue du port, le ciel et l’eau dominent. Luce excelle à rendre le ciel gris, chargé de fumées violacées, les lumières froides et les harmonies bleutées. Ces effets sont contrebalancés par les navires qui creusent la composition de leurs diagonales et la structurent par leurs mâts et cheminées. Cette toile ne laisse pas percevoir la difficulté qu’il eut à saisir l’intense activité du port : « Tout change à chaque minute […] Jamais l’on ne retrouve ce que l’on avait la veille et même dans la séance cela se transforme deux ou trois fois. »
(Source : musée)

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