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Bretagne : les ligneurs de la pointe de bretagne protègent la bande cotière

Publié le 13 janvier 2026 par Erwan Pianezza
13 janvier 2026 Bretagne : les ligneurs de la pointe de bretagne protègent la bande cotière

C’est toujours un plaisir de se plonger dans l’actualité de la petite association des Ligneurs de la Pointe de Bretagne, David émerite opposé depuis 6 mois au puissant Comité régional des pêches (CRPMEM), Goliath militant alors pour l’introduction de dangereux chaluts assimilables à des pélagiques sur la bande cotière du Finistère. L’encadrement technique  préconisé fin août 2025 par le CRPMEM a en effet servi de prétexte à l’autorisation préfectorale de septembre autorisant ces dangereux navires à exercer sur la côte de Cornouaille et particulièrement sur le secteur des Glénan. Cette autorisation vient d’être annulée grâce au recours en référé invoqué en novembre par une collectif regroupant les 2 associations finistériennes « Ligneurs de la pointe de Bretagne » (Ste Marine) et  « Pêche Avenir Cap-Sizun »,   (Plouhinec , Port d’Audierne).

Les ligneurs sont ces artisans pêcheurs qui partent à la journée sur des petits bateaux dépassant rarement les 15m , et travaillent avec de techniques respectueuses de l’environnement sous marin : Une ligne, un hameçon, et c’est tout, mais cela permet de sélectionner les prises en ne retenant que les espèces recherchées, que ce soit au niveau de la technique en amont (palangre, ligne de traine, dandine), ou de la possibilité en aval de rejet des poissons trop petits ou non désirés.

Nous publions ci dessous le communiqué de presse du 30/12/2025. Crédit Photo Erwan Pianezza, le chalutier de fond Amzer Fall (détruit en 2009)

Communiqué de presse – Le 30 décembre 2025
Association des Ligneurs de la Pointe de Bretagne,  association Pêche Avenir Cap-Sizun

Chalutage « 4 panneaux »  : en Bretagne, le juge des référés suspend l’exécution de l’arrêté préfectoral autorisant la pratique du chalutage « 4 panneaux » dans la bande côtière !

Une excellente nouvelle est venue apaiser cette fin d’année. Le 29 décembre, le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a rendu son ordonnance et a suspendu l’exécution de l’arrêté préfectoral du 15 septembre 2025 qui a approuvé et rendu obligatoire la délibération du Comité régional des pêches qui a eu pour effet d’autoriser la pratique du chalut dit « 4 panneaux » dans la bande côtière du Finistère.

Depuis de nombreuses années, en se basant sur un arrêté ministériel totalement obsolète de 1977, une poignée de navires prétendent pratiquer le chalut de fond en toute impunité alors que cette technique, dite « 4 panneaux », est, en jouant sur les gréements du chalut, en réalité du chalutage pélagique. Ils prétendent ainsi contourner l’interdiction du chalutage pélagique dans la bande côtière bretonne qui résulte des accords « Pélerin » de la fin des années 1970.

Nos associations ont dénoncé avec vigueur cette situation intolérable, qui permet à ces navires de piller la ressource de la bande côtière, mettant ainsi gravement en danger l’écosystème marin et donc l’ensemble de la flotte de pêche côtière qui en dépend. La réponse du comité régional des pêches à notre mobilisation s’est traduite par une décision arbitraire d’assimiler les chaluts dit « 4 panneaux » à des chaluts de fond. Ainsi, par sa délibération, le comité régional a pris le prétexte d’imposer des restrictions aux « 4 panneaux » pour leur autoriser l’accès à la bande côtière, alors que ce type de chaluts, pélagiques, est pourtant historiquement exclu de cette zone. Le préfet a approuvé cette délibération par un arrêté dont nous avons notamment demandé la suspension.

Ultime pied de nez aux pêcheurs côtiers, ces dernières semaines, deux de ces chalutiers ont multiplié les incursions dans les zones rocheuses de la baie d’Audierne, pillant avec rigueur et méthode les zones de pêche dont dépendent notamment les artisans pêcheurs du port d’Audierne. Preuve de leur mépris total pour toute notion de durabilité, des centaines de kilos de poissons débarqués en criée ont été purement et simplement jetés à la poubelle, faute de trouver preneur sur le marché ! Un gâchis monumental défendu par nos instances dirigeantes !

Nous avons démontré devant le juge des référés que ces chaluts doivent être considérés comme des chaluts pélagiques. Celui-ci, par son ordonnance, a admis qu’il existe un doute sérieux pesant sur la légalité de l’arrêté préfectoral contesté. Il énonce ainsi clairement que « ces chaluts doivent être qualifiés, au regard des définitions données par l’article 6 du règlement (UE) 2019/1241 du Parlement européen et du conseil du 20 juin 2019, de chaluts pélagiques et donc interdits de pêche dans la zone située en deçà des 9 milles ».

De même, notre argument expliquant que la délibération du CRPMEM de Bretagne que nous contestons risquait d’entraîner une pratique généralisée du chalutage pélagique dans la bande côtière a été retenu. L’ordonnance du juge des référés édicte ainsi que l’arrêté « a pour effet, implicitement mais nécessairement, d’autoriser des engins munis de chaluts pélagiques à opérer dans la bande côtière située entre 3 et 9 milles de la laisse de basse mer et de prendre des volumes conséquents de poissons, parmi lesquels des juvéniles et des espèces protégées ou menacées. (…) Eu égard à son objet et à son effet, cet arrêté porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à « la défense du bon état des ressources marines, qu’il s’agisse d’espèces d’intérêt commercial ou non, et du milieu marin dans toutes ses composantes ».

Nous nous félicitons que les impacts majeurs sur la ressource qu’entraîne cette technique aient été reconnus, bien devant la prétendue simple « problématique de cohabitation » mise en avant par le comité des pêches. L’ordonnance est claire : tous les chaluts qui fonctionnent entre deux eaux sont des chaluts pélagiques et doivent se conformer à l’arrêté de 1978. Ils ne sont pas autorisés à venir pêcher en-deçà des limites prévues par l’arrêté de 1978, sans exception.

Il incombe désormais au préfet de faire respecter scrupuleusement cette interdiction de tout chalut pélagique, y-compris les « 4 panneaux » au sein de la bande côtière.  Nous demandons la mise en place d’une action claire et forte de la part du préfet de la région Bretagne et de la DDTM qui doit mettre en œuvre les moyens nécessaires pour faire respecter cette décision de justice.

FIN DU COMMUNIQUE


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