de Panayotis PascotRoman - 240 pages
Editions Stock - août 2023
À l’heure où Panayotis sait qu’il va bientôt perdre son père, il tente des rapprochements avec celui avec qui il a gardé une grande distance, des non-dits, des regrets. C’est aussi le moment où il prend plaisir à s’isoler pour écrire et revoir les années qui viennent de s’écouler. Panayotis était très jeune lorsqu’il est arrivé à Paris, a commencé à travailler. A 16 ans, 17 ans, découvrir la vie nocturne, parisienne, le monde de l’audiovisuel, du spectacle, les amours. Son homosexualité qu’il a longtemps cachée, niée, préféré ne pas accepter, il doit l’écrire. Et la dépression aussi.
Ce récit autobiographique du comédien et humoriste Panayotis Pascot, découvert via l’émission, le Petit Journal, puis sur Quotidien, est somme toute un ouvrage de plus de quelqu’un qui raconte sa vie. Curieusement, et malheureusement, celui que j’apprécie voir, m’a semblé plus antipathique à la lecture de son autobiographie où il dépeint un personnage assez égocentrique, faisant ainsi redondance avec le style littéraire personnel.
Extrait :
"Quand les hérissons naissent, leurs pics sont mous au début. Leur défense n'est pas au point, ils sont fragiles. Ils durcissent assez lentement et leur premier hiver peut leur être fatal à cause de l'hibernation. S'ils se collent à leurs proches, ils se feront piquer et mourront d'infection. Et s'ils se mettent trop loin, ils mourront de froid. La survie du jeune hérisson va dépendre de sa capacité à trouver la bonne distance. C'est ce que je cherche depuis qu'il m'a dit qu'il allait mourir, la bonne distance. Jusqu'à mes quatorze ans, j'étais trop proche de lui, je voulais être lui, et ça m'a piqué bien salement. Et puis j'ai tout coupé, je m'en foutais totalement, et dès que j'ai quitté la maison pour Paris j'ai décidé de ne plus prendre de nouvelles. J'ai eu froid. Maintenant qu'il a jeté cette carte fatale du Je vais bientôt crever, je me rapproche, avec précaution, je sais qu'il me pique, il faut que je trouve cette bonne distance, vite, avant qu'il ne meure."
C’est surtout un livre pour lui-même, je ne suis pas sûre que ça parle à l’universel, que ça touche énormément, mais assurément, les trois thématiques qu’il travaille, ses trois obsessions - la relation, avec son père, son homosexualité et son vécu de la dépression, - sont traitées de manière somme toute franche. La fuite, le déni, la souffrance, les conquêtes qu'il multiplie. Le livre aura sûrement eu le mérite de panser ses propres plaies, mais je ne suis pas conquise par cette mise à nu qui se regarde beaucoup le nombril.
