de Francine Oomen
Bande dessinée - 240 pages
Editions Presses de la Cité - La Cité Graphique
Francine ne comprend pas vraiment ce qu'il lui arrive. Un sommeil perturbé, des réveils trempés, des trous de mémoire récurrents, le ras-le-bol de plein de choses, l'angoisse de l'horizon qui se rapproche..... En discutant avec d'autres amies, elle réalise que la ménopause n'y est pas pour rien, et quand elle se double d'une crise existentielle, cela donne une période difficile à vivre, où l'autrice chancèle, se sent perdue, et enfin, consacre du temps à la réflexion, à la jachère, pour non pas se préparer à la mort, mais vivre une renaissance.
Sur la forme, l'album dépote pas mal, donnant une large place au graphisme :des pleines pages, ou des dessins éclatés sur des planches où s'entremêlent textes et dessins dans un tourbillon effréné.
Extrait :
"Je n’avais pas fait le rapprochement avec la ménopause. J’avais imputé ça au surmenage. Bon, ben voilà : j’étais fixée. Sauf que je ne me sentais pas du tout vieille. C’était comme des adieux forcés. Comme si les mains invisibles du temps me poussaient de l’autre côté d’une frontière, là où je n’avais aucune envie d’aller. Une nana avertie en vaut deux. J’ignorais ce qui allait me tomber dessus. Ma mère n’avait jamais abordé le sujet, pas plus que mon entourage d’ailleurs. Alors j’ai commencé à m’informer… Quooooi ? Tout ça ? Bouquins sur la ménopause…. Surtout des gros pavés techniques et indigestes, l’horreur ! Sur Internet, je ne trouvais que des sites d’entreprises pharmaceutiques vantant pommades et comprimés."
Alors oui, il y a beaucoup d'humour, la lecture de l'album est très stimulante, l'autrice nous concerne, nous fait partager son quotidien, ses interrogations, ses interactions modifiées ou non par le spectre de la ménopause qui dicte les changements physiologiques à son insu.
Et beaucoup ri avec les profils Tinder. Mais il est vrai que j'attendais de cet album davantage de retour d'expérience et de vulgarisation médicale sur le sujet de la pré-péri- et/ou post-ménopause, quand il est souvent relaté son travail d'introspection de ces relations familiales depuis l'enfance. A mon sens, cela peut quelque peu brouiller le thème principal de l'ouvrage. Il n'en demeure pas moins un album utile pour parler du tabou, de ce phénomène aussi important que la puberté mais qui n'a jamais été considéré suffisamment sérieusement.
