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Invisibilisée

Publié le 13 février 2026 par Lana
Invisibilisée

Je viens de tomber sur ce post sur Instagram. C’est ce qui m’a fait sortir de mon lit où je pleurais depuis des heures.

Car il décrit exactement la raison de mes larmes.

Il y a des jours où c’est juste trop épuisant de devoir sans cesse expliquer, justifier, faire comprendre ce que je vis, même aux personnes les plus bienveillantes et les mieux intentionnées.

Des jours où je voudrais juste que mon existence, que mes limites soient des évidences.

Des jours où je me dit Je voudrais avoir la même vie que tout le monde. Pas pour ne pas avoir de problèmes, car tout le monde a des problèmes, tout le monde vit des drames, mais pour que ces problèmes soient partagés par les autres.

Des jours où je me dis Je ne veux plus être autiste, car ce qui entre nous coule de source est incompréhensible pour les autres. Et les autres sont la très grande majorité.

Des jours où j’imagine déjà les explications sans fin que je vais devoir donner à des médecins qui vont évaluer mes capacités, l’énergie (inexistante) que je vais devoir mettre à prouver que ce n’est pas parce que je m’exprime bien ou que de temps en temps je suis en forme et rigole que je ne suis pas handicapée.

Il y a des jours où ces justifications permanentes me font croire que je suis de trop dans un monde qui n’est pas fait pour moi.

Des jours où je me rappelle de cette jeune fille qui disait Je suis à terre, je pisse le sang, je crie à l’aide et on m’enjambe sans un regard. Et même si ce n’est plus le cas actuellement, il y a des jours où la moindre question réveille cette invalidation de toute une vie.

Des jours où la douleur d’être invisibilisée fait perdre espoir.

C’est un jour comme cela. Parce que même si mon état s’améliore petit à petit, entre les douleurs permanentes, l’épuisement, la tempête identitaire post diagnostic, les traumas, l’incertitude quant à l’avenir, le handicap qu’il faut accepter, eh bien il n’y a pas besoin de grand-chose pour que les larmes débordent et ne s’arrêtent plus.

Et j’en profite pour remercier toutes les personnes autistes qui prennent la parole sur les réseaux, tous les militants antivalidistes, parce que c’est en partie grâce à eux que je trouve la force de continuer dans ce monde.


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