Traduit de l’islandais par Eric Boury
Je dois avouer que j’avais commencé il y a des années « Rosa Candida » de la même autrice, sans réussir à aller au-delà de quelques pages. Il est possible que je retente le voyage suite à cette lecture-ci, qui est plutôt une belle réussite. J’ai déniché ce titre chez Emmaüs. Il faut dire que depuis deux ou trois mois j’enchaîne les lectures d’auteurs islandais, avec plus ou moins de bonheur. J’en avais plusieurs dans ma PAL. L’Islande m’attire aussi en tant que tricoteuse car les pulls islandais sont assez remarquables, représentatifs du pays. Il n’y a pourtant pas de tricot dans ce roman mais de la pêche, de la couture et du désir d’écriture.
Le résumé
Le lecteur est plongé dans l’Islande des années 60. Hekla est une très jeune femme, très belle, qui a déjà quelques publications à son actif et rêve de passer tout son temps à écrire. Elle a pris le car pour rejoindre son ami Jon John à Reykjavík. Celui-ci revient d’une campagne de pêche éprouvante. Son homosexualité dérange. Son désir profond ? Faire de la couture son métier. Il tient à sa machine à coudre comme Helka tient à sa machine à écrire. Helka a trouvé un emploi de serveuse. Le comité de Miss Islande, client du restaurant, insiste lourdement pour qu’elle se présente. La jeune femme n’est pas intéressée, elle préfère écrire. Ísey, son amie d’enfance, se sent enfermée dans son rôle de jeune mère et s’évade elle aussi par l’écriture. Son carnet est caché au fond d’un seau pour que personne ne tombe dessus, et connaisse ses pensées secrètes, les histoires qu’elle imagine dans sa tête.
Mon avis
J’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture qui parle de la vie, des empêchements, de la nécessité de trouver un toit, de quoi survivre, même si des désirs profonds nous taraudent. Les mœurs étaient rudes en 1963 en Islande, et la capitale ne semble être qu’un village sous la plume de l’autrice. J’ai été très touchée par le personnage d’Isey, contrainte par la maternité, et qui pourtant ne renonce pas tant que cela à sa personnalité. Et il y a sa correspondance avec Helka, la candeur qui s’en dégage. Jon est également tourmenté, lui qui ne peut vivre sa sexualité au grand jour. Je retiens de cette lecture que la nécessité d’écrire peut être aussi une boussole à suivre dans une vie. La ténacité d’Helka est inspirante.
Editions Zulma – septembre 2019
J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup… 
Une autre lecture chez… Mumu
Prix Médicis étranger 2019
